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Tome vingt-deuxième.
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pectables : mais enfin des autorités ne fontque des motifs & non des preuves , &elles ne doivent servir qu’à confirmer desconclusions déduites légitimement de prin-cipes incontestables, & non à établir desprincipes peu ou point discutés. J’ol'e meflatter que la fuite de cette analyse dé-montrera que je ne dis ici rien de trop : jecontinue.

Si les quatre especes de mots déclina-bles présentent également à l’esprit desidées, des êtres ; la différence de ces espe-ces doit donc venir de la différence despoints de vue fous lesquels elles font en-visager les êtres. Cette conséquence scconfirme par la différence même des loixqui règlent par - tout Pemploi des nom-bres relativement à la diversité desespeces.

A l’égard des noms & des pronoms, cefont les besoins réels de l’énpnciation ,d’après ce qui existe dans l’esprit de celuiqui parle , qui règlent le choix des nom-bre.'. C’est tout autre chose des adjectifs& des verbes : ils ne prennent les termi-naisons numériques que par une fortelimitation , & pour être en concordanceavec les noms ou les pronoms auxquels ilsont rapport, & qui font comme leurs ori-ginaux.

Par exemple , dans ce début de la pre-mière fable de Phedre, ad rivum eumdemlupus & agnus vénérant fui compulfi ; les qua-tre noms rivum , lupus , agnus , & fui , fontau nombre singulier , parce que fauteurne vouloir & ne devoir effectivement dési-gner qu’un seul ruisseau , un seul loup , unseul agneau , & un seul & même besoin deboire Mais c’est par imitation & pour s’ac-corder en nombre avec le nom rivum , quel’adjecti ï eumdem est au singulier. C’est parla même raison limitation & de concor-dance que le verbe vénérant & l’adjectif-verbe ou le participe compulfi , sont au nom-bre pluriel ; chacun de ces mets s’accorde ainsien nombre avec la collection des deux nomssinguliers, lupus ù agnus , qui font ensemblepluralité.

Les quatre especes de mots réuniescn une feule classe par leur déclinabi-iité , se trouvent ici divisées en deux

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ordres caractérisés par des points de vusdifférons.

Les inflexions numériques des noms &des pronoms se décident dans le discoursd’après ce qui existe dans l’esprit de celuiqui parle : mais quand on se décide parsoi - même pour le nombre singulier oupour le nombre pluriel, on ne peut avoirdans l’esprit que des êtres déterminés :les noms & les pronoms présentent doncà l'esprit des êtres déterminés ; e’eíj;là le point de vue commun qui leur estpropre.

Mais les adjectifs & les verbes ne serevêtent des terminaisons numériques quepar imitation ; ils ont donc un rapportnécessaire aux noms ou aux pronoms , leurscorélatifs : c’est le rapport d’identité quisuppose que les adjectifs & les verbes ne pré-sentent à l’esprit que des êtres quelconques&: indéterminés , voy. IDENTITÉ , & c’estlà le point de vue commun qui est propre àces deux especes, & qui les distingue dc-sdeux autres.

La même doctrine que nous venonsd’établir fur la théorie des nombres , sedéduit de même de celle des cas. Les casen général font des terminaisons différentesqui ajoutent à l’idte principale du mot l’idéeaccessoire d’un rapport déterminé à l’ordreanalytique de l’énonciation. Voye\ CAS ,& les articles des différons cas. La distinctiondes cas n’est pas d’un usage universel danstoutes les langues, mais elle est possible danstoutes , puisqu’elle existe dans quelques-unes , & cela suffit pour en faire le fonde-ment d’une théorie générale.

La premiere observation qu’elle fournit,c’est que les quatre especes de mots décli-nables reçoivent les inflexions des cas dansles langues qui les admettent, ce qui indi-que dans les quatre especes une significationfondamentale commune : nous avons déjavu qu’elle consiste à présenter à l’espritles idées des êtres réels ou abstraits quipeuvent être les objets de nos pensées ;& l’on déduirait la même conséquencede la nature des cas , par la raison qu’iln’y a que des êtres qui soient susceptiblesde rapports , & qui puissent en être lestermes.

La seconde observation qui naît d#

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