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On pourroit croire que l’abandon de leurruche étoit la marque du changement depatrie, ou que la mort avoit suivi leurétablissement. Quelques foins que je melois donnés pour découvrir la cause dece changement, je n’ai jamais vu que lamort l’eût produit, il y a tout lieu decroire que les corps morts auroient été aupié de la ru cite & dans les rayons, commeon les trouve dans les anciennes, quandla vieillesse ou d’autres causes la produi-sent. Je n’ai jamais vu aussi, pendant plu-iieurs années que j'ai observé ces animaux,qu’ils aient changé de patrie : l’hommedessiné à en avoir foin pendant toute Tan-née , & occupé uniquement au printempsà veiller à la sortie des essaims, à les loger& à les placer , n’a pu découvrir cettetransmigration. II est donc vraisemblableque ces essaims m écoutons de leurs loge-mens , ou par affection pour la maison pa-ternelle, vont rejoindre leurs parens, qui,apparemment comme nous, font toujoursprêts à accueillir leurs ensans. II semblesur ce pié-là que l’inconstance de la jeu-nesse & la tendresse des peres produisentces déguerpissemens.
Ne pourrait-on pas soupçonner quel-qu’autre cause , en considérant les allées& les venues des essaims & leurs murmuresdedans & dehors les ruches ? Ne semble-t-il pas que celles qu’on leur destine man-quant par la grandeur ( car les aromatesdont elles font parfumées devraient les yarrêter ) les rendent mécontens , aprèstin examen astèz iong , à en juger par leursjnouvemens contraires & bruyans ? Lesnns trouvent la ruche trop grande pourl>ger la famille; les autres, celle qu’onL-ur présente trop petite; certains s’ae-commodent de celles qu’on leur offre , &la famille s’y loge ; enfin, il en est quis’étant d’abord accommodés du logement«lu’on leur a offert, y travaillent ; maissoit inconstance , soit que la saison qui asuivi leurs premiers travaux , n’ait pu se-conder leur ardeur , elles se sont découra-gées , après avoir reconnu apparemmentqu’elles ne pouvoient remplir leurs pre-miers projets ; elles abandonnent la placeavec un ou deux petits gâteaux déja élevés»Jeroeconfîrmai dans cette opinion, en 17 jy,
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I ou j’eus assez abondamment des essaims.J’avois fait construire des ruches pour lesloger , plus grandes que les ruches-meres,croyant alors que celles-ci étant pleines &
. donnant des essaims, exigeoient des caissespareilles ou plus grandes pour me procurerà l’avenir plus de miel, en y plaçant lesplus gros. Je me trompai, puisque quel-que temps après, toutes ces ruches furentdésertées, malgré îes rayonsque les essaimsavoient déja commencé d’élever , au lieuque les petites ruches réussirent mieux. IIn’y eut que les plus petits essaims, quiétant les derniers nés, ne trouvèrent aucunlogement convenable: la moindre de mesruches étoit pour eux des palais trop spa-cieux ; tons déguerpirent , y étant peut-être déterminés par la difficulté des subsis-tances qui survint alors. On doit entrevoirde là, que , ne voulant pas de petits es-saims , i! faut châtrer les ruches dès qu’elíesont donné des essaims , quand on recon-noîtra qu’ils deviennent plus petits ; des-lors elles chercheront plutôt à réparer Jeiarperte qu’à engendrer ; & l’on éviterait devoir périr ces ruches-meres , fuite ordi-naire de l’épuisement. Si Ton veut cepen-dant profiter de leur fécondité , il fautproportionner la grandeur des caisses à lagrosseur des essaims ; enforte qu’nn. essaimn’ayant que le quart de la grosseur d unautre ( telle étoit à peu-près la proportiondes grosseurs du plus petit au plus grandde mes essaims de Tannée 1757 ), il fautque la capacité des caisses soit dans lerapport de 1 à 4 ; ou bien réunir plusieursestai ms, en ne conservant qu’ur.e reine( chose fi difficile) pour éviter la rébellion.
II semble cependant, selon ce que nousavons dit précédemment, que les essaimsquittant leur ruche, &c ne changeant pasde patrie, mais fe réunifiant avec leurs,peres , leurs reines ne font plus rebelles ,& qu’elles inspirent au contraire à leurssujets la paix & l’union. Leurs peres d’ail-îeurs font vraisemblablement plus disposesà les recevoir , quand on leur a enleve lemiel : car , comme nous le dirons bientôt »il se fait pendant cette opération, uneperte fi considérable d’abeilles, que les,ruches - meres en font dépeuplées ; cequi dispose les furvivans à recevoir Icue