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suivantes propres au climat du diocèse deNarbonne & du Roussìllon , où la beauté& la bonté du miel l’emporte sur tous ceuxde l’Europe. II est surprenant qu’avec cetavantage dont jouit la montagne de laClape auprès de Narbonne, on s’y atta-che comme par projet à détruire ces ani-maux par des ravages qu’on y fait depuisplusieurs années, & dont il fera parié dansXart . Troupeaux des bétes a. laine,à qui ils font encore plus cruels.
Les eíïàims viennent toujours dans leprintemps, & jamais pendant l’été ni f au-tomne. La durée des temps depuis la sortiedu premier eíî'aim au dernier en chaqueannée, & la quantité des essaims estproportionnée à la quantité des ruchesmères, & à l’abondance des provisionsqu’elles ont faites. Toutes les ruches nedonnent pas des essaims , ni du miel toutles ans. II est des années où l’on n’a pas dumiel ni des essaims. II en est où l’on n’a quedu miel & très-peu d’eífaims. II en est aucontraire pendant lesquelles Pun & l’autreabonde. Pour donner un exemple de fé-condité , j’ai vu une ruche qui, dans l'espaced’un mois &: demi -environ, donna cinqessaims. Ces différences viennent des diffé-rentes températures de leur air. Quandles abeilles ont essuyé un mauvais hiver &un printemps trop sec , les plantes produi-sent peu de fleurs & fort tard ; alors uni-quement occupées à recueillir le peu dece que la saison leur fournit , elles tra-vaillent beaucoup pendant long-temps pourne ramasser que peu dc provisions ; lalasson est deja avancée, qu 1 elles ont à peinerempli les cellules vuidées pendant l’hiverpour leur entretien ; de forte qu’en cesnnnées-là elles n’ont pu amasser au-delà deleur provision pour l’hiver suivant. Elleleur a conté cependant assez de fatiguespour nuire à la génération; auííi n’en avons-rous pas des eífairns.
Quand l’hivcr a été moins rude & leprintemps assez doux vers fa An, les abeil-les n’ont pu trouver aífez tôt de quoi faireleur récolte : elles fe font excédées de fati-gue , & n’ont pu remplir les ruches & en-gendrer; l’un a nui à l’autre, de maniéréqu’il n’en a pu résulter que peu ou pointd’eííàims.
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Quand le printemps commence à bonneheure à faire sentir fes douces influences,les abeilles cessent d’être engourdies ; lanature fe réveille, & leur ardeur est inex-primable , quand les campagnes peuventfournir à .leur diligence. C'est en ces an-nées-ià que les ravages font d’abord réparés,,les gâteaux multipliés ' & alongés, & lescellules remplies de miel, à quoi succèdentbientôt beaucoup d’essàíms.
Quand le nombre des essaims est grand,la durée de l’apparition depuis le premier;jufqu’au dernier est plus longue que quandj le nombre est petit, comme nous savonsl déja dit, parce que certaines ruches endonnent plusieurs dans la même saison.Nous devons, en ces années-là plus qu’entoutes les autres, porter plus d’attentionà châtrer les ruches-, & le faire à plusieursreprises. i°. parce que, levant le miel danstoutes, le mëme jour ; si c’est trop tôt ,í nous détruisons la multiplication, puisqueles abeilles cherchent dès-lors à réparer lespertes qu’elles viennent d’eíîùyer , par untravail opiniâtre qui nuit à la génération.2 °. On détruit inévitablement le couvainmêlé en certaines ruches , avec le miel ;3 °. & le miel ainsi confondu , en acquiertun goût bien moins agréable. 11 faut doncdonner à nos abeilles le temps de peupler& reconnoítre, en observant celles quiont donné des eíïàims, air n de les châtrerquand on jugera qu’un certain nombre deruches en aura astèz engendré.
J’ai remarqué, en voyant prendre lesessaims, que certains entroient de bonnegrâce dans les ruches qu’on leur avoir pré-parées , & qu’ilsy ressorenr. D autres n’en-troient qu’en partie ; ou si i's entroienten entier, ils ne faiioient.qu’aí/er & venirde la ruche à l’arbre où ils s’étoient d’a-bòrd accrochés. Ce dégoût pour les ruchesétoic plus ou moins long en certains ; lesuns s’arrêtoient après quelques heures, àcelles qu’on leur avoir présentées ; d’au-tres flottoient plus long-temps dans l’incer-titude, & difparoissoient bientôt après ;d’autres entroient dans les ruches ; on lesplaçoit, mais ils difparoissoient après quel-ques jours; enfin, certains, après avoircommencé leurs rayons , abandonnoieutleur besogne & leur demeure.
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