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Tome vingt-deuxième.
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m u e

tfèní est oient, ils aìmoimt , ils aimeraient ,ìîs soient ; car à l’égard du t de ces mots,fk de beaucoup d’autres consonnes finalesqui sont ordinairement muettes , personneti’ignore qu’il faut les prononcer quelque-fois en conversation, & plus souvent encoredans la lecture ou dans le discours soutenu ,sur-tout lorsque le mot suivant commencepar une voyelle.

» II y a des lettres muettes d’une autrecspece , qui probablement ne disparaîtrontJamais de Pécriture. De ce nombre est Vuservile qu’on met toujours après la con-sonne q, à moins qu’elie ne soit finale ;pratique finguliere qui avoir lieu dans lalangue latine auíH constamment que dansla françoiso. II est vrai que cet u se pro-nonce en quelques mots, quadrature, éques-tre , quinquagéjime ; mais il est muet dansla plupart, quarante , querelle , quotidien ,guinée.

m J’ai peine à croire aussi qu’on bannissefamais Vu & l’e qui sont presque toujoursmuets entre un g & une voyelle. Cetteconsonne g répond , comme on l’a vu{article G,) à deux sortes d’articulations*bien différentes. Devant a, o, u, elle doitíe prononcer durement ; mais quand elle■précédé un e ou un i , la prononciation enest plus douce , & ressemble entièrement« celle de D consonne [ à celle du/. ] Orpour apporter des exceptions à ces deuxréglés, & pour donner au g en certainscas une valeur contraire á fa positionactuelle, il falloir des signes qui fissentconnoître les cas exceptés. On aura doncpu imaginer l'expédient de mettre un uaprès le g, pour en rendre l’articulationdure devant un e ou un i , comme dansguérir , collègue , orgueil, guittare , guimpe ;& d’ajouter un e à cette consonne , pourla faire prononcer mollement devant a ,c , u , comme dans geai , George , gageure .L’u muet semble pareillement n'a voir étéinséré dans cercueil, accueil, écueil, quepour y affermir le c qu’on prononceraitcomme r , s’il étoit immédiatement suividel’e.

n II n’est pas démontré néanmoins queces voyelles muettes l’aient toujours été ; ilest possible absolument parlant, qu’on aitautrefois prononcé Vu & l’e dans écueilTome XXII,

MUE ;o5

guider , George , comme on les pronorrc edans écuelle , Guise ville, & géomètre : mai sune remarque tirée de la conjugaison desverbes, jointe à Pusage oìt l’on est depuislong-temps de rendre ces lettres muettes ,donne lieu de conjecturer en effet qu’ellesont été placées après le g & le c, non poury être prononcées, mais seulement pourprêtercomme je l’ai déja dit, à ces con-sonnes une valeur contraire à celle quedevroit leur donner leur situation devanttelle ou telle voyelle.

» II est de principe dans les verbes de lapremiers conjugaison , comme flatter , jeflatte , blâmer , je blâme , que la premierepersonne plurielle du présent [indéfini] daPindicatif, se forme en changeant l’e finalde la premiere personne du singulier enons ; que Pimparfait [ c’est dans mon sys-tème , le présent antérieur simple ] dePindicatif se forme par le changement decet e final en ois ; & Paorifíe [ c’est danamon íystême, le présent antérieur pério-dique J par le changement du même e enai : je flatte , nous flattons , je flattais , jeflattai ; je blâme , nous blâmons , je blâmais,je blâmai. Suivant ces exemples, on devraitécrire je mange, nous mangons, je mangois ,j emangai; mais comme le g doux de mange ,ferait devenu un g dur dans les autresmots, par la rencontre de l’o & de Va , ilest presque évident que ce fut tout exprèspour conserver ce g doux dans nous man-geons , je mangeois , je mangeai , que l’ony introduisit un e fans vouloir qu’il fûtprononcé. Par là on crut trouver le moyende marquer tout à la fois dans la pronon-ciation & dans Porthographe , Panalogiede ces trois mots avec je mange dont ilsdérivent. La même chose peut fe dire denous commenceons, je commenceoìs , je com-menceai, qu’on n’écrívoit fans doute ainsiavant Pinventîon de la cédille, que pourlaisser au c la prononciation douce qu’il adans je commence.

" Cette cédille inventée si à propos,aurait dû faire imaginer d’autres marquespour distinguer les cas ou le c doit se pro-noncer çomme un k devant la voyelle e,

& pour faire connoître ceux où le e doitêtre articulé d’une façon opposée aux ré-glés ordinaires, ÇçV signes particuliers