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pies , tant adverbe, tan pour les tanneurs,tend verbe : pareillement compte , en con-servant les traces de son origine, computum,se trouve différencié par-là de comte , sei-gneur. d’une comté, nrot dérivé de comitìs,.& d q conte, narration fabuleuse, mot tiré(lu grec barbare qui parmi les der-
niers Urées signifie abrégé. )
„ Outre la raison des étymologies lati-», nés ou grecques, nos aveux inférèrent,» & conservèrent des lettres muettes , pourr> rendre plus sensible l’analogie de cer-,1 tains mots avec d’autres mots françois.», Ainsi , comme tournoiement , manie-rs ment , éternuement , dévouement, je lierai ,», employeraì, je tuerai , } avouerai, font», formés de tournoyer , manier , éternuer,», dévouer , lier , employer , tuer , avouer ,„ on crut devoir mettre ou laisser à la», pénultième syllabe de ces premiers mots,1 un e qu’on n’y prononçoit pas. On en« usa de même dans beau , nouveau, oì-», seau , daomiseau, chajleau & autres motsn semblabes , parce que la terminaison», eau y a succédé à el: nous disons encore», un bel homme-, un nouvel ouvrage; & l'on», disoit jadis, oisel, damoisel, chajìel.
„ Les écrivains modernes, plus entre-», prenans que leurs devanciers, », ( nousavons eu pourtant des devanciers assezentreprenans ; Sylvius ou Jacques Duboisdès 1531; Louis Meigret & Jacques Pelle-tier quelques vingt ans après ; Ramus ouPierre de la Ramée vers le même temps ;Rambaud en 1J78 ; Louis de Lesclache en1668 , & l’Artigaut très-peu de tempsaprès, ont été les précurseurs des réfor-mateurs les plus hardis de nos jours ; & jene fais si l’abbé de S. Pierre, le plus entre-prenant des modernes, a mis autant deliberté dans son système , que ceux que jeviens de nommer : quoi qu’il en soit, jereprens le discours de M. Harduin. ) " Lesécrivains modernes plus entreprenans, dit-il, que leurs devanciers, rapprochent dejour en jour l’ortographe de la pronon-ciation. On n’a guere réussi, à la vérité,dans les tentatives qu’on a faites jufqu’icipour rendre les lettres qui se prononcentplus conformes aux sons & aux articulationsqu’elles représentent ; & ceux qui ontvoulu faire écrire ampereur , aefion , au lieu
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d ’empereur , aSion , n’ont point trouvâd’imitateurs. Mais on a été plus heureuxdans la suppression d’une quantité de lettresmuettes, que l’on a entièrement proscrites ffans considérer si nos ayeux les pronon-çoient ou non , & fans même avoir tropd’égards pour celles que des raisons d’éty-mologie ou d’anaìogie avoient maintenuessi long-temps. Oa est donc parvenu à écriredoute, parfaite , honnête , arrêt, ajouter ,moettre , au lieu de doubte , parfaire , hon-,nejìe , arreji , adjouter, obmettre ; & laconsonne oiseuse a été remplacée dansplusieurs mots par un accent circonflexemarqué fur la voyelle précédente, lequela souvent la double propriété d’indiquer leretranchement d’une lettre & la longueurde la syllabe. On commence aussi à ôter l’emuet de gaiement , remerciement , étemue->ment, dévouement, &c.
Mais malgré les changemens considéra-bles que notre orthographe a reçus depuisun siecle, il s’en faut encore de beaucoupqu’on ait abandonné tous les caractèresmuets. II semble qu’en se déterminantà écrire sûr , mûr, au lieu de seur meur ,on auroit dû prendre le parti d’écrire aussibau, chapau , au lieu de beau, chapeau, &eus , beuj, au heu d ’ceus, boeuf, quoiqueces derniers mots viennent à’ovum, bov/s ?mais l’innovation ne s’est pas étendue jus-ques-là: & comme les hommes font rare-ment uniformes dans leur conduite , on amême épargné dans certains mots, tellelettre qui n’avoir pas plus de droit de s’ymaintenir, qu’en plusieurs autres de lamême classe d’où elle a été retranchée. Leg , par exemple, est resté dans poing, aprèsavoir été banni de Joing , lorng, témoing.Que dirai-je des consonnes redoublées quifont demeurées dans une foule de mots oùnous ne prononçons qu’une consonne sim-ple ?
Quelques progrès que fasse à l’avenir lanouvelle orthographe , nous avons deslettres muettes qu’elle pourroit supprimersans défigurer la langue, & fans en dé-truire Féconomie. Telles font celles quiservent à désigner la nature & le sens desmots , comme n dans ils aiment, ils aimè-rent, ils aimassent , & en dans les temps où, lçs trioûemes personnes plurielles fe termi-nons