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Tome vingt-deuxième.
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du semis seront plus espacés. Ce ne feraguere qn’au bout de trois ans que la plu-part des jeunes plants seront assez fortspour être mis en pépinière ; & il faudracinq ou fix autres années pour les mettreen état d’être transplantés à demeure.

La greffe n’est pas un moyen de granderessource pour la multiplication du mûriernoir, parce qu’elle réussit difficilement, &qu’il n’en résulte aucune accélération d’ac-croislcment. Le mûrier noir peut se greffiersur le mûrier blanc de toutes les façons usitéespour la greffe , si ce n’est que celle en fenteréuflìttrès-rarement.Detouteslesméthodes,celles en écusson & en flûte font les meil-leures. La greffe en flûte se fait avec le plusde succès au commencement du mois dejuin; mais comme cette pratique est minu-tieuse, & qu’on ne peut l’appliquer qu’à despetits sujets, on préféré lagreffe en écusson,qui est plus facile , plus expéditive & plusassurée. Cette greffe se fait dans les mêmessaisons que pour les arbres fruitiers ; c’est-à-dire , dans la premiere seve, ce qui Rap-pelle écujsonner à la pouffe ; & durant la se-conde seve, ce qui te nomme Vécujson aœil dormant. Si l'on greffe dans le premiertemps, les écussons ne poussant que faible-ment, font sujets à périr pendant l’hiver :il fera donc plus prudent de ne greffer qu’àœil dormant à la sin de juillet , ou dansle mois d’août. Quoique ces écustonsréussissent communément , & qu’on lesvoie pousser vigoureusement au printempssuivant, il y a encore les plus grands risquesà courir. Le peu de convenance qu’il y aentre le sujet & la greffe tourne à incon-vénient. La seve surabondante du mûrierblanc ne trouvant pas la même souplessedans les fibres , ni peut - être la mêmetexture dans le bois du mûrier noir , Rem-barrasse , se gonfle , s’extravase , & faitpérir la greffe ; c’est ce que j’ai vu souventarriver.

Le mois d’octobre est le temps le pluspropre à la transplantation de cet arbre ,lorsqu’il est d’une grosseur suffisante pourêtre placé à demeure. Mais s’il est questionde mettre de jeunes plants en pépinière ,il ne faudra les y planter qu’au mois d’avril.II ne faut à cet arbre qu’une taille toute.ordinaire. On aura seulement attention ,

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lorsqu’on le transplante , de n’accourcicses racines que le moins qu’il fera possible,parce que n’ayant presque point de chevelu,il leur saut plus de volume pour fournirles sucs nécessaires au soutien de l’arbre. IIfaut beaucoup de culture au mûrier noirdans fa jeunesse seulement ; mais j’ai re-marqué qu’après qu’il est transplanté àdemeure , qu’il est repris, bien établi &vigoureux , il faut cesser de le cultiver ,& qu’il profite d’avantage , lorsqu’il estsous un terrain & fous une allée sablée sur-tout.

La feuille de mûrier noir est la moins pro-pre à la nourriture des vers à foie, & onne doit absolument s’en servir que quandon ne peut faire autrement, parce qu’ellene produit qu’une soie grossière, forte ,pesante & de bas prix ; mais on peut lafaire servir à la nourriture du bétail : ellelui profite & , l’engraisse promptement.Jamais les feuilles du mûrier ne font en-dommagées par les insectes , & on enpeut faire un bon dépilatoire en lesfaisant tremper dans l’urine. Elles ontencore la vertu de chasser les punaises, &d’enlever les rousseurs du visage.

Les mûres font bonnes à manger ; ellesfont assez agréables au goût, & même fortsaines. Mais de tous les fruits qui se man-gent , il n’y a peut-être que celui du mûrierdont il ne faut pas attendre la parfaite ma-turité, pour qu’il soit profitable. Les mûresdoivent seulement être d’un rouge tirantsur le noir pour faire un bon aliment, en-core n’en devroit-on manger que quand ona I’estomac vuide; elles excitent l’appétit &elles font rafraîchissantes. On en fait du siroppour les maux de gorge. Si l’on veut avoirdes mûres très-grosses, il faut mettre le mû-rier noir en espalier contre un mur exposéau nord.

Le bois du mûrier noir est jaune dans lecœur , & son aubier est blanchâtre. II estcompacte , pliant & plus dur que celui dumûrier blanc : il est de longue durée ; ilnoircit en vieillissant, & il résiste dans l’eaupresqu’aussi-bien que le chêne ; aussi peut-onl’employer au pilotage : il est propre aucharron nage , à la menuiserie ; on en tiredes courbes pour les bateaux ; on peut lefaire servir aux mêmes ouvrages où l’on

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