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'emploie T’orme. Ce bois, loin d’engendreraucune vermine, a, comme les feuilles ,la vertu de chasser les punaises. Il reçoitun beau poli , ce qui le fait rechercherpar les tourneurs , les ébénistes & lesgraveurs ; c’eíì même un bon bois de chauí-fage.
Le mûrier blanc , arbre de moyennegrandeur ; l’un des plus intéreílàns que l’onpuiste cultiver pour le profit des particuliers& pour le bien de Tétât. Cet arbre est labaie du travail des foies, qui font en F ranceune branche considérable de commerce.Après la toile qui couvre !e peuple, &c lalaine qui habille les gens de moyen état,la foie fait le brillant vêtement des grands,des riches , des femmes fur-tout , & detous les particuliers qui peuvent fe procurerles fuperfluités du luxe. On la voit décorerles palais , parer les temples , & meublertoutes les maisons où régné Taisante-Cependant c’est la feujlle du mûrier blancqui fait la source de cette précieuse matière;il s’en fait une consommation si considéra-ble dans ce royaume , que malgré qu’il yait déja près de vingt provinces qui fontpeuplées de mûriers , & où Ton fait filerquantité de vers à foie , néanmoins il fauttirer de Tétranger pour quatorze ou quinzemillions de foies. Et comme la consomma-tion de nos manufactures monte à ce qu’onprétend à environ vingt-cinq millions, ilrésulte que les foies qui viennent du crude nos provinces ne vont qu’à neuf ou dixmillions. Ces considérations doivent doncengager à multiplier de plus en plus lemûrier blanc. Les particuliers y trouve-ront un grand profit, & Tétat un avantageconsidérable. C’est donc faire le bien publicque d’élever des mûriers. Quoi de plusséduisant !
Le mûrier blanc tire son origine de TAsie.Dans les climats tempérés & les plus orien-taux de cette vaste partie du monde, lemûrier & les vers à foie ont été connus detoute ancienneté. L’arbre croît de lui-même, & Tinfeâes’engçndre naturellementà la Chine. Qui peut savoir Tépoque où leChinois a commencé à faire usage des
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Pkrse le plus solide établissement ; de-lài! a pasté dans tes illes de ! Archipel, oùon a filé la foie dès le troisième íiecle. LaGrece est redevable à des moines de luiavoir apporté dans le sixième íiecle , fousTempereur Justinien des œufs de Tutilainfecte, Lt des graines del’arbre qui le nour-rit. A force de temps, Tun & Tau t te passè-rent en Sicile & en Italie. Augustin Gallo ,auteur italien , qui a écrit fur í’agricultureen 1540, assure que ce n’est que de foi»temps qu’on a commencé â élever le»mûriers de semence en Italie, d’où on p eueconclure que ces arbres n’y étoient alorsqu’en petit nombre, puisque ce n’est qu»par la semence qu’on peut faire des mul-tiplications en grand. Ensila le mûrier apaílé en France dans le quinzième íiecle.fous Charles Vil ; il a encore fallu plus decent années pour faire ouvrir les yeux furfutilité qu’on en pouvoir tirer. Henri II xcommencé de jeter quelques fondemen»pour établir des manufactures de foie àLyon & à Tours. Mais Henri IV, ce grandroi, ce pere du peuple, a tenté le premierd’exécuter la chose en grand, a fait éleverdes mûriers , & a donné de la consistantsaux premieres manufactures da soieries. En-suite a paru avec tant d’éclat Louis XIV ,ce roi grand en tout, attentif à tout, &.connoisseur en tout. II avoir choisi poimministre Colbert : ce vaste génie qui pré—paroit le bien de Tétat pour des ficelés Jfans qu’on s’en doutât, fit les plus grandesoffres pour la propagation des mûriers dantfles provinces méridionales du royaume ;car il étoit raisonnable de commencer parle côté avantageux. Autant il en faisoicplanter, autant les paysans en détruifoient*Ils n’envisageoient alors que la privationd’une lisière de terre , & ne voyoient pasle produit à venir des têtes d’arbres quîdévoient s’étendre dans l’air. Le ministrehabile imagina le moyen d’intéresser poucle moment le propriétaire du terrain. IIpromit vingt-quatre fous pour chaque arbrequi feroit conservé pendant trois ans. II tineparole, tout prospéra. Aussi par les soinsde ce grand homme, le Lyonnois, le Fo-rés , le Vivarez, le bas Dauphiné, la Pro-
cocons de foie qui fe trouvoient fur lemûrier ? Peu à peu cet arbre a traversé
■ier s reu a peu cet arme a rraverie venee & le Languedoc, la Gascogne, lagrandes Indes pour preadre dans la | Guyennç 6 c la Saiaçoge, ont été peuplé#*Tome XXIh Zzz