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Tome vingt-deuxième.
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MUR

sous le nom de fuflick en Angleterre ,' &en France fous celui de bois de Campêche.Le fruit n’est de nulle valeur ; son boisseul est estimable : il croît naturellementdans la plupart des iíles des Indes occi-dentales ; mais il se trouve en plus grandeabondance à Campêche. Ce bois est unedes marchandises exportées de la Jamaïque,où il croît plus abondamment qu’en aucunedes autres iíles de la Grande-Bretagne.Dans les contrées oùil vient naturellement,il s’éleve droit à la hauteur de 60 piés ; favieille écorce est d’un brun clair & sillonné;il darde de toutes parts nombre de branchesdont Pécorce est blanche. Le bois est com-pacte , dur , & d’un jaune brillant ; lesfeuilles ont environ quatre pouces de long;elles sont larges à leur base , dentées &arrondies près du pétiole ; qui est court ;mais une moitié est plus large que l’autre ,de sorte qu’elles sont attachées oblique-ment au pétiole. Elles diminuent insensi-blement vers le bout, & se terminent enpointe ; elles sont âpres au toucher, &d’un verd foncé ; les mûres sont vertes endedans & en dehors, & d’un goût dou-ceâtre. Ce mûrier demande la ferre chaude,où il garde ses feuilles toute l’année.

Le mûrier croît naturellement dansl’Inde , où elle forme un grand arbre cou-vert d’une écorce unie, épaisse & jaunâtre;il circule sous cette écorce une feve lai-teuse, comme celle du figuier : cette’liqueur est astringente. Les branches s’é-lancent de toutes parts ; elles sono garniesde feuilles ovale-oblongues, posées alter-nativement ; les bords en sont inégalementdentés ; elles sont rudes au toucher, d’unverd obscur par le dessus, & d’un verd pâlepar dessous ; les fleurs qui sont d’un blancherbacé, naissent en corymbes ronds àFaisselle des feuilles ; les fleurs mâles ontquatre étamines : le fruit est arrondi ; ilest d’abord verd , pins blanc ; dans fa ma-turité , il fe colore d’un rouge-obfcur. Cemûrier demande la ferre chaude, & peud’eau dans l’hiver : il garde ses feuillestoute l’année.

Mûrier. (Diette L- Mat. méd. ) ce n estpresque que le mûrier noir ou des jardins ,qui est d’usage en médecine, & dont onmange communément le fruit.

M U R Líf

Le fruit du mûrier ou les mûres sont laprincipale partie de cet arbre qui soit em-ployée en médecine. On prépare de leursoc un rob & un syrop simple. Le robappelé dìamorum devroit , selon laforce du mot, n’étre autre chose que lesuc des mûres, épuré & épaissi par 1 éva-poration jusqu’à confistence requise , maison y ajoute communément le miel ; lesyrop simple se prépare avec le même sue& le sucre.

Le rob miellé & le syrop ont la mêmevertu médicinale. On prépare & on em-ploie beaucoup plus communément leder-1nier, qui mêmè est presque la seule de cesdeux préparations qu’on trouve dans lesboutiques depuis que le sucre a été substi-tué au miel dans presque toutes les an-ciennes préparations officinales.

Le syrop de mûres est fort communé-ment employé dans les gargarifmes contreles inflammations , les légeres érosions, &l’ensture douloureuse de ia gorge & desglandes du fond de la bouche, &c. c’cstmême presque son unique usage : on l'em-ploie cependant aulli quelquefois dans lesjuleps rafraíchisians contre les diarrhéesbilieuses, les légeres dissenteries , ùc. &il est assez propre à l’un & à l’autre usagepar fa très-légere & assez agréable acidité j.au reste , ce sont là les vertus que les an-ciens , Dioscoride & Galien, attribuentaux mûres vertes , immaturis , au lieu qu’ilsn’attribuent à celles qui sont mûres qu’unevertu laxative.

Ces mêmes auteurs ont accusé les mû-»r es de se corrompre facilement & d’êtreennemies de l’estomac ; mais Pline doncie sentiment est plus conforme â l’cxpé-rience , dit qu’elles rafraîchissent, qu’eilesépuisent la soif, & qu’elles donnent del’appétit. On trouve dans Horace les versfuivans fur les mures.

Ille salaires

JEJlates peraget nìgris qui prandia moris

Fiuiet arttegravum qux legerat arborefolettu

Mais ces qualités particulières, soitbonnes soit mauvaises, ne sont établies quefur une observation peu exacte. Le suc desmûres qui ont atteint leur maturité , n’ad’autre qualité bien constatée que celle desoc doux légèrement aigrelet (voy. Doux»Aaaa z