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chement alterne ordinairement avec la con-traction. II la suit dans le cœur ; dans lesmuscles de l’animal mort depuis quelquetemps, & que la feule irritabilité anime,ces muscles se contractent avec violence,& se relâchent ensuite. J’ai vu le cœur dontj’avois lié les gros vaisseaux , s’agiter alter-nativement; il envoyoit le sang du ventri-cule à l’oreilîette, & le repompoit ensuite.Le stimulus même , quoique présent, nesauroit forcer les muscles à une contractionperpétuelle ; & le cœur ou l’oreillette gon-flée , ne laissent pas que d’avoir leurs accèsde relâchement.
Il y a cependant des muscles exceptésde cette réglé. La vessie urinaire irritéepar la pointe d’un scalpel, se contracte jus-qu'à ce qu’elie soit réduite an plus petit dia-mètre posiìble. L’estomac & l’intestin agis-sent presque de même.
La contraction des muscles se fait avecune vitesse extrême. De la volonté à lacontraction , qui en doit exécuter les or-dres , il n’y a aucun intervalle de tempssensible. Les muscles font certainementleurs contractions dans moins d’une tierce.
La force de la contraction musculaire estprodigieuse ; elle passe l’irnagination, &presque la croyance. C’est à évaluer cetteforce, que Borelli a employé la plus grandepartie de son ouvrage.
De prime abord , la force d'Auguste II,roi de Pologne, ne peut que frapper. Ilcaf-soit des fers à cheval, & rouloit des astie-tes fur elles-mêmes. On a vu un seul hommearrêter deux chevaux & même fix, &retenir un bœuf, qui vouloir s’échapper ,avec tant de violence, qu’une ongle fedétacha du pié. Des personnes phonéti-ques, seulement en ne s’épargnant point,ont fait des efforts prodigieux ; elles ontbrisé des barreaux de fer , & déchiré descordes épaisses.
On a calculé un peu plus exactement larésistance que surmonte la contraction dequelques muscles particuliers : on a vu deshommes qui ont élevé trois cents livresavec les dents : on a cassé des enveloppesosseuses des noyaux de pêche 6t d’abricots,qui ne cédoient qu’á un poids de trois censlivres. On a vu des colporteurs élever septcens & même mille livres, & M. Desagu-
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lier a vu un homme, en se servant adroi-tement des muscles du dos, élever jufqu’àtrois mille livres. J’ai vu un mineur, doncle poids pouvoit être de cent cinquantelivres, qui s’étoit accroché avec un doigtau crochet attaché au seau chargé d'un mi-néral , qu’une machine éleve, & fait sortirde la mine. Avec 1c seul fléchisseur du doigt,cet homme avoir sauvé sa vie & s’étoítsoutenu, jusqu’â ce que le seau, après avoirfait environ cent toises de chemin, l’avoitmené fur la surface de la montagne.
Les insectes ont des muscles infinimentplus robustes : une puce traîne un poidsquatre-vingts fois plus grand que celui deson propre corps : ce mëme insecte franchitd’un saut cent fois la longueur de son corps.
Ces observations ne donnent pas uncalcul complet des forces employées par lesmuscles. C’est ce que Borelli a fait voir.Presque tous les muscles s’attachent beau-coup plus près du point de repos , que n’tstattaché le poids qu’ils élèvent. C’est ainsique le deltoïde s’attache au premier tiersde la longueur de l’humérus, & qu’il élevenon-seulement l’humérus entier , mais l’a-vant-bras & la main , & un poids attachéà la main. Le point de repos du bras estParticulation de l’humérus avec l’omoplate,& le poids soutenu par les doigts est dixfois plus éloigné de cette articulation , quene l’est l’attache du deltoïde. Le calcul estun peu compliqué , mais il est clair que lepoids qui seroit de trois livres, ne sauroitêtre élevé que par un effort de trente livresque fera le deltoïde , & le poids de la mainégalement par un effort à-peu-près décu-ple, l’avant-bras par un effort quintuple »& l’humérus par un effort triple.
II est nécessaire, pour qu’une corde neperde rien de fa force, qu’elle tire perpen-diculairement le poids qu’elle doit furmoi>ter, ou le levier auquel elle est attachée.Mais presque aucun muscle ne s'attacheperpendiculairement à l’os, qu’il doit met-tre en mouvement.
Presque tous les muscles s’attachent àl’os fous un très-petit angle. Pour fairealors un effet quelconque , ils doivent faireun effort qui soit à l’effet comme le sinustotal au sinus de l’angle, souz lequel ils