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Tome vingt-deuxième.
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noms & de leurs surrvoms. On les fait pré-sider , chacune en particulier , à differensarts, comme à la musique, à la poésie, àla danse ,1’astronomie S’c.elles font, dit-on,appelées muses , d’un mot grec qui signifieexpliquer les myjìeres Méeiv, parce qu’ellesont enseigné sux hommes des choses très-curieuses & très-importantes, qui font horsde la portée du vulgaire. Enfin, on a été jus-qu’à imaginer que chacun de leurs noms pro-pres rcníermoit une allégorie particulière :mais Varron en a eu des idées plus faines.

Ce n’est pas Jupiter, nous dit-il, qui estle peredes neuf muses ; ce font trois sculp-teurs de Sycione. Cette ville voulant met-tre trois statues des muses au temple d’A-pollon, nomma trois sculpteurs pour fairechacun trois statues des muses. O n fe pro-pofoit de les prendre de celui des sculpteursqui auroit mieux réussi ; mais Sycione ache-ta les neuf statues, & les dédia à Apollon,parce qu’elles étoient toutes neuf de la plusgrande beauté. II a plu ensuite à Hésioded’imposer des noms à chacune de ces statues.

Cependant Diodore donne aux musesune autre origine. Osiris , dit-il, amateurpassionné du chant & de la danse , avoirtoujours à fa cour une troupe de musiciens,parmi lesquels fe distinguoient neuf fillesinstruites de tous les arts qui ont quelquerapport â la musique ; les Grecs les appe-lerent les neuf muses.

M. le Clerc croit que la fable des musesvient des concerts que Jupiter avoir établisdans Piste de Crete, 5c 5c qui étoient com-posés de neuf chanteuses; que ce dieu n’apassé pour le pere des muses , que parcequ’iî est le premier d’entre les Grecs quiait eu un concert réglé, 5c qu’on leur adonné Mnémofyne pour mere, parce quec’est la mémoire qui fournit la matièredes vers & des poèmes.

Quoi qu’ii en soit, cette fiction des mu-scs prit grande faveur. On dit qu’elles s’oc-cupoient à chanter dans l’oly mpe les merveil-les des dieux ; 5c qu’elles connoissoient lepassé , le présent, & l’avenir. Elles furentnon-seulement mises au nombre des dées-ses , mais on leur prodigua tous les honneursde la divinité. On leur offroit des sacrificesen plusieurs villes de la Grece & de la Ma-cédoine. Estes avoient à Athènes un

MUS yyj

magnifique autel , fur lequel on sacrifioitsouvent. Le mot Hélicon dans la Béotieleur étoit consacré ; 5c les Thespiens y célé-broient chaque année une fête en leurhonneur, dans laquelle il y avoit des prixpour les musiciens. Ce fut Piérus si célé-bré par ses talens, 5c par ceux des Pié-rides ses filles, qui fonda le temple desneuf muses à Thel’pies. Rome avoit aussideux temples consacrés aux muses dans lapremiere région de la ville , & untroisième où elles étoient fêtées fousle nom de Camenes. De plus , les muses &Cles grâces n’avoientd’ordinaire qu’un mêmetemple. On fait l’union intime qui étoit entreces deux fortes de divinités. On ne faifoicguere de repas agréables, fans les y ap-peler conjointement, 5c fans les saluer leverre à la main. Hésiode , après avoir ditque les muses ont établi leur séjour surl’Hélicon , ajoute que l’amour 5c les grâceshabitent près d’elíes. Pindare confond leurjurifdiction. Enfin , personne ne les a tanthonorées que les poètes, qui ne manquentjamais de les invoquer au commencementde leurs poèmes, comme des déesses capa-bles de leur inspirer ce noble enthousiasmequi est le fondement de leur art. Si onles en croit, les neuf filles savantes ordon-noient autrefois les cités , gouvernoientles états , vivoient dans les palais des rois,Et <sune égalité légitme & communeFaisoient tout ce que fait aujourd’hui lafortune.

{D. J.)

MUSET, Voyei Musaraigne.

MUSETTE. Sorte d’infirument demusique champêtre , auquel on donne levent avec un soufflet qui se hausse 5c sebaistè avec le mouvement du bras ; cetinstrument à vent 5c à hanches, est com-posé d’un corps ; c’est une eípece de pochede peau de mouton , de la forme à peu-près d’une vessie , elle a un gouleau danslequel s’ajustent ces chalumeaux.

Ces chalumeaux font des tuyaux d’ivoireperforés d’un trou cylindrique dans touteleur longueur , 5c percés de plusieurs trouscomme les flûtes. Ces trous communiquentà celui qui régné dans toute la longueur.Des émineaces ménagées avec art, for-ment les tenons. Entre deux de ces tenons