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Tome vingt-deuxième.
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jet ; Baglivi a donné un traité particulierqui mérite d’être consulté. Cet auteur re-marque qu’il faut, pour réveiller & animerces malades, choisir un air vif, gai, &qui leur plaise beaucoup. Afclépiade pré-tendoit que rien n’étoit plus propre quela musique pour rétablir la santé des phoné-tiques, & de ceux qui avoient quelque ma-ladie d’esprit. Cette prétention est uqe vé-rité constatée par un grand nombre d’obser-vations. Deux phrénétiques, dont il est faitmention dans YHisioire de Vacadémie roya-le des Sciences , ann. IJO"] , pag. 7 , & 1708 ,pag. %x , furent parfaitement guéris pardes concerts ou des chansons quhls avoientdemandé avec, beaucoup d’empressement ;& ce qu’il y avoit de remarquable, c’estque les symptômes appaifés par la sympho-nie redoubloient lorsqu’on la discontinuoit.M. Bourdelot raconte qu’un médecin deses amis guérit une femme, devenue fol-le par ^inconstance d’un amoureux , en in-troduisant secrètement dans sa chambredes musiciens, qui lui jouoient trois foisar jour des airs bien appropriés à son étatHifi. de la mus. chap. ìtj. pag. 48. ) ilparle au même endroit d’un organistequi, étant dans un délire violent , futcalmé en peu de temps par un concert quequelques amis exécutèrent chez lui : lemême auteur rapporte qu’un prince fut tiréd’une affreuse mélancolie par le moyen dela musique ; les accès de mélancolie ou demanie dont Saiil étoit tourmenté, ne pou-voient, selon les livres sacrés, être calmésque par la harpe de David ; lib. I. Regum,cap. xvj. f. 2.3. Willhiam Albrecht ditavoir guéri lui-même par la musique un ma-lade mélancolique, qui avoit éprouvé inu-tilement toute forte de remedes il lui fitchanter , pendant un des violens. accès,une petite chanson qui réveilla le malade ,lui fit plaisir, l’excita à rire, & dissipapour toujours le paroxisme; de effeâu mufic.§ 324. Àrétée conseille beaucoup hmufiquedans une espece de mélancolie, qui est tellequ’ort volt y dit-il, ceux qui en sont atteintsse déchirer le corps , ou se faire des incisionsdans les chairs,pouffes par une pieuse fantaisie,comme s'ils fi rendoìent par ce moyen plusagréables aux dieux qu’ils servent , & aue cesdieux exigeaffent cela. dieux. Cette espece de

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fureur ne les tient que par rapport a Cettzopinion , ou à ce sentiment de religion. Ilssont:d'ailleurs bien sensés. On les réveille , ou on lesfait revenir à eux par le son de la flûte , & pard'autres divertiffcmens , &c. Les Américainsfe fervent de la musique dans presque toutes-les maladies pour ranimer le courage & lesforces du malade, & dissiper la crainte &l’affaissement qui la fuit, souvent plus fu-nestes que la maladie même. On raconteque la reine Elisabeth , étant au lit de lamort, fit venir des musiciens, pour fe dis-traire de la pensée affreuse de la mort,& pour éloigner les horreurs que ne peutmanquer d’entraîner la cessation de la vie& la dissolution de la machine, de quel oeilqu’on envisage ce changement terrible. Onvoit un exemple de passion hystérique jointeavec délire, perte presque totale de senti-ment , entièrement guérie par le son har-monieux du violon, dans une espece derelation que M. Pomme, médecin d’Arles,a donné de la maladie de Mademoisellede * * *. Chrysippe assure que le son de laflûte ( ) est un très-bon remede

dans l’épilepfie & la sciatique. Enfin, M., :Desault prétend que la musique est très-utile„dans la phthifie ; differt.jur la phthìsie. Onvoit par cette énumération, quoiqu’in-complette, qu’il est peu de maladies oul’on n’ait employé, & avec succès, la mufi-.que. Jean-Baptiste Porta, médecin fameux,conçut la bizarre idée d’en faire une pana-cée , un remede universel. H imagina donc:& prétendit qu’on pourroit guérir toutes,les maladies par la musique instrumentale,,si l’on faisoit les flûtes, ou autres instru-mens destinés à la musique iatrìque, arec lebois des plantes médicinales, de façon qu’on:choisit pour chaque maladie le son d’uneflûte, faite avec la plante dont Pufage inté-rieur étoit conseillé & réputé efficace dans.cette même maladie : ainsi il vouloit qu’ontraitât ceux qu’il appelle lymphatiques avecune flûte de thyrse ; les fous maniaques »mélancoliques, avec une d’hellébore ; &;qu’on fe servît d’une flûte , faite avec laroquette ou le fatyrium , pour les impuis-sans & les hommes froids qui ne font passuffisamment excités par les aiguillons:naturels ,, &c. &c. II est peu nécessaireds remarquer combien ces prétentions,