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Wíîeìque raison plus ou moins apparentea’utiliré ; il n’y a point de pallions que lesanciens ne crussent pouvoir exciter parleur musique y ils la regardoient fur-tout ,comme l’a remarqué M. Rollin , commetrès-propre “ à adoucir les mœurs , &n mème humaniser les peuples naturelle-» ment sauvages & barbares ». Polybe ,dit M. Rollin , historien grave & sérieux,qui certainement mérite quelque créance,attribue la différence extrême qui fe» trouvoit entre deux peuples de PÀrca-» die ; les uns infiniment aimés & estimés» par la douceur de leurs mœurs, par» leur inclination bienfaisante , par leurm humanité envers les étrangers & leur*> piété envers les dieux ; les autres, au» contraire , généralement décriés & haïs» à cause de leur férocité & de leur ir-» religion : Polybe, dis-je, attribue cette» différence à l’étude de la musique , cul-n rivée avec foin par les uns, Lc absolument»» négligée pat les autres ». Rollin, H,si.anc. tom. IV. pag. fâ8. Enfin , cette mê-me musique , qu'on a rendu aujourd’huifi douce , si voluptueuse , si attendrissan-te , & qui paroît n’être faite que pourcaptiver les cœurs, pour inspirer l’amour,étoit si bien variée par les anciens, qu’ilss'en servoient comme d’un préservatifcontre les traits de l’amour, & commed’un remede assuré pour la continence :les maris absens, au lieu de ces affreusesceintures fi fort à la mode & peut-être sinécessaires dans certains pays , laissoientà leurs femmes des musiciens qui leurjouoient des airs, capables de modérer lesdésirs qu’elles n’auroient pu satisfaire qu’auxdépens de leur honneur ; & on assurequ’Égiste ne put vaincre les refus de Cly-temnestre , qu’après avoir fait mourir Dé-modocus , musicien, qu’Agamemnon avoirplacé auprès de son épouse pour lui jouerla chasteté ; Phémius , store de ce musi-cien , eut le même emploi auprès de Pénélo-pe , dont i! s’acquitta avec plus de bonheur,dit-on , & de succès. II ne dut fans douteson salut qu’à ^ignorance où croient lesamans de Pénélope fur la part qu’il avoir àla fidélité qu’elle gardoic à son mari. IIn’y a pas apparence que nos jaloux moder-nes aient recours à de pareils expédions.Tune XXII,
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I,'application de la musique à la médecineest extrêmement ancienne, perdue dansces temps obscurs & fabuleux que l’hisioiren’a pas pu pénétrer. La musique faifoit,comme nous savons remarque , partie dsla médecine magique, astrologique , quiétoit en vogue dans ces temps reculés qu’onn’a jamais bien connus , & qu’on a conl’é-quemrftent appelés siécles de barbarie & d'ig-norance.
Pythagore est le premier qui ait, au rap-port de Cxlius Aurelianus , employé ouver-tement la musique pour guérir les maladies.II fit ses expériences dans cette partie del’ltalie qu’on appeloit autrefois la grandeGrece , & qui est aujourd’hui la Calabre ;Diémerbroek, qui donne quelques obser-vations de pestes guéries par la musique ,assure que ce remede admirable étoit connupar les anciens, & employé dans le mêmecas avec beaucoup de succès. Théophraíîevante beaucoup la musique , & fur-toutl’air phrygien , pour guérir ou soulager \çgdouleurs de fciatique ; beaucoup d’auteurgaprès lui ont constaté par leurs propres ex-périences l’efficacité de ce secours , ils pré-tendent que le son de la flûte ,& particu-lièrement les airs phrygiens, font les plusappropriés. Cxlius Aurelianus dit avoir ob-servé, que lorsqu’on chantoit fur les par-ties douloureuses, elles fautilloient en pal-pitant , & se rallentissoient ensuite à me-sure que les douleurs se diííìpoient : locado-lentia decantajfe ( ait ) qux cum sialtumfumè-rent palpitando , discujso dolore mitescerent /lib. V. cap. j. L’ufage & les bons effets de hmusique dans la goutte font auífi connus dS.puis très-long-temps ; Bonnet dit lui-mêmesavoir vu plusieurs personnes qui s’en étoienctrès-bien trouvés. On empîoyoit encore lasmusique du temps de Galien dans la morsuredes vipcres , du scorpion, de la pouille , <3cil la recommande lui-même dans ces acci-dens ; Default, médecin de Bordeaux, as-sure s’en être servi avec succès dans la mor-sure des chiens enragés ; & elle est enfindevenu le remede spécifique contre la mor-sure de la tarentule, où il faut remarquerqu’elle agit ici principalement en excitantle malade à la danse , & elle est ineffi-cace si elle ne produit pas cet effet. II y aune foule d’auteurs qui ont écrit fur ce se-
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