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Tome vingt-deuxième.
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raréfaction de l’air opérée par la musique. IIn’y a personne qui ne sache combien lacrainte favorise la propagation de la peste ;il y a même des auteurs qui prétendentqu’eile en est la principale cause. La musiquene peut manquer d’être très-avantageusedans les cas où il faut suspendre Inattentiond’un malade, qui contribue beaucoup àl’invafion d’un paroxysme d’épilepsie ,d’hystéricité & de tìevres intermittentes ;quel effet n’auroit-on pas lieu d’en attendredans les eas de pastion hystérique, où l’onvoit le paroxysme prêt à se décider, & oùl’on n’a d’autre ressource que de dissiper lemalade, & de l’empêcher de songer à samaladie ? Le rapport qu’il y a entre cettemaladie & les fievres intermittentes, com-me je l’ai démontré dans un mémoire lû àla société royale des sciences , doit faireprésumer dans un cas semblable le mêmesuccès ; il est certain qu’il ne s’agit, pourprévenir l’accès fébril comme le paroxysmehystérique , que d’empêcher Yatonie & Va-herration des esprits animaux, la dispositionspasmodique des nerfs : il ne me paroît pasmoins certain que la musique puisse fairecet effet qu’on voit tous les jours opérerpar les anti-hystériques, par l’exerciee ,par des remedes de charlatans, par despratiques ridicules , superstitieuses , quiréagissent qu’en retenant, pour ainsi dire,les esprits animaux enchaînés, en fixantl’attention au moment que l’accès ou leparoxysme vont commencer. La maniérédont la musique agit sur ceux qui ont étémordus par les viperes, les scorpions & latarentule , est encore inconnue. On en estencore réduit à un aveugle empirisme surce point : la solution de cette question nepeut avoir lieu que Iorsqu’on aura déterminéen quoi consistent ces maladies, & com-ment agit le venin qui les produit : si ,comme on l’a soupçonné avec quelque sou-rdement , son activité se porte principale-ment sur le fluide nerveux ou sur les nerfs,on fera moins surpris de l’efficacité de lamusique , quoiqu’on ne soit pas plus éclairéfur les raisons qui font que dans ce cas lecorps est si vivement animé à la danse,que le vieillard le plus cassé qui avoit peineà soutenir son corps, courbé fur un bâton ,s’il a été mordu par la tarentule, dès qu’ilfsttend la musique, faiite pendant long-

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temps & avec beaucoup de légéreté, fansen ressentir aucune fatigue.

On a remarqué que les musiciens deprofession retiroient dans leurs maladiesbeaucoup plus de soulagement que les au-tres personnes, de la musique ; ce qui estfans doute dû au plaisir plus vif qu’ils earessentent ; ou si l’on v#ut , commequelques-uns ont imaginé , parce quela musique fait principalement effet fur unfluide nerveux altéré, vicié, fur des nerfsmal disposés , & que les musiciens, ayanttous un grain de folie , font précisémentdans ce cas. Cette hypothèse ingénieusepourroit être appuyée sur bien des obser-vations. Voye{ la thèse déja citée , part. II tcap. iv , pag. Ay. & feq. Ainsi lorfqu’unmédecin voudra prescrire la musique , ildoit avoir égard , i Q . à la nature de lamaladie ; 2 °. au goût du malade , à sonempreííement pour la musique ; il est rarequ’on n’éprouve pas de bons effets de lapossession d’un bien qu’on a désiré passion-nément , c’est la voix de la nature quiconnoît & ses besoins & ce qui peut lessatisfaire-; z", à l’effet de quelques sonsfur le malade, on s’appercevra d’abordpar les impressions qu’ils lui feront de eequ’on a droit d’en attendre si on les con-tinue ; 4°. on peut aussi tirer des indica-tions de l’inefficacité des remedes déjaadministrés dans une des maladies dontnous avons parlé , ou qui lui soit analo-gue ; s Q . enfin on doit éviter la musiquedans les maux de tête & d’oreilles sur-tout ; le moindre son est alors insuppor-table : ces maladies sont dans le cas de cesophtalmiques que la lumière blesse, & quine seroient que désagréablement affectésde la vue des couleurs les plus variées &les plus éclatantes. II ne faut cependantpas se dissimuler que proposer la musiquecomme remede , c’est risquer de passerpour fou , pour ridicule dans l’esprit d’uncertain public , même médecin , accou-tumé à décider sans examen l’inutilité &l’abfurdité d’un remede fur fa singularité ;mais indépendamment du triomphe qu’é-leve au sage Pimprobation des sots, est-il quelque motif qui puisse dans l’espritd’un vrai médecin balancer l’intérêt deson malade ? (/n)

Musique, voye ^ Brochee»’