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les méprises des étymologistes,I’hyperboîe,si familière aux enthousiastes de touteespece, la singularité des cérémonies , lesecret des mystères, l’illuíion des pres-tiges ; tout influoit à l’envi fur le fonds ,fur la forme , fur toutes les branches dela Mythologie.
C’étoit un champ vague , mais immense& fertile , ouvert indifféremment à tous ,que chacun s’aproprioit, où chacun prenoità son gré l’eíï'or, fans subordination , fansconcert, fans cette intelligence mutuellequi produit funiformité. Chaque pays,chaque territoire avoir fes dieux, fes erreurs,ses pratiques religieuses, comme fes loix& fes coutumes. La même divinité chan-geoit de nom, d’attributs, de fonctions enchangeant de temple. Elle perdoit dansune ville ce qu’elle avoit usurpé dans uneautre. Tant d’opinions en circulant delieux en lieux , en fe perpétuant deíiecle en siecle ,. s’entrechoquoient , femêloient, fe féparoient ensuite pour serejoindre plus loin ; & tantôt alliées, tantôtcontraires, elles s’arrangeoient réciproque-ment de mille & mille façons différentes,comme la multitude des atomes épars dansle vuide , fe distribue , suivant Epicure ,en corps de toute espece , composés ,organisés, détruits par le hasard.
Ce tableau suffit pour montrer qu’on nedoiti pas à beaucoup près traiter la Mytho-logie comme f histoire ; que , prétendre ytrouver par-tout des faits , & des faits liésensemble & revêtus de circonstances vrai-semblables, ce seroit substituer un nou-veau système historique à celui que nousont transmis , fur le premier âge de laGrece, des écrivains tels qu’Hérodote &Thucydide , témoins plus croyables lorf-qu’ils déposent des antiquités de leur na-tion, que des mythologues modernes à leurégard, compilateurs fans critique & fansgoût, ou même que des poètes dont leprivilège est de feindre fans avoir l’inten-tion de tromper.
La Mythologie n’est donc point un tout.composé de parties correspondantes: c’estun corps informe , irrégulier, mais agréa-ble dans les détails ; c’est le mélange confusdes songes de imagination , des rêves dela philosophie, & des débris de l’ancienne
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histoire. L’analyse en est impossible. Damoins ne parvier.dra-t-on jamais à unedécomposition assez savante pour être enétat de démêler l’origine de chaque fiction,moins encore celle des détails dont chaquefiction est l’assemblage. La théogonie d’Hé-siode & d’Homere est le fonds fur lequelont travaillé tous les théologiens du paga-nisme, c’est-à-dire, les prêtres, les poètes& les philosophes. Mais à force de surchar-ger ce fonds, & de le défigurer même enl’embellifíànt, ils l’ent rendu méconnois-sable; &, faute de monumens, nous nepouvons déterminer avec précision ce que.la fable doit à tel ou tel poète en parti-culier, ce qui en appartient à tel ou telpeuple, à telle ou telle époque. C’en estassez pour juger dans combien d’erreursfont tombés nos meilleurs auteurs , envoulant perpétuellement expliquer les fa-bles, & les concilier avec Phiítoire anciennede divers peuples du monde.
L’un , entêté de fes Phéniciens , lestrouve par-tout, & cherche dans les équi-voques fréquentesde leur langue, le dénoue-ment de toutes les sables ; l’autre, charméde '.'antiquité de ses Egyptiens, les regardacomme les seuls peres de la théologie &de la religion des Grecs f & croit découvrirl’explication de leurs fables dans les inter-prétations capricieuses de quelques hiéro-glyphes obscurs ; d’autres, appercevantdans la bible quelques vestiges de l’ancienhéroïsme, puisent l’origine des fablesdans l’abus prétendu que les poètes firentdes livres de Moïse qu’ils ne connoiffoientpas ; &, fur les moindres ressemblances,font de parallèles forcés des héros de lasablé & de ceux de l’écriture-sainte.
Tel de nos savans reconnoît .toutes lesdivinités du paganisme, parmi les Syriens ;te! autre parmi les Celtes ; quelques-unsjusque chez les Germains & les Suédois - rchacun fe conduit de la même maniéré quesi les fables formoient chez les poètes uacorps suivi fait par la même personne, dansun même temps, un même pays , & sucles mêmes principes.
Il y a environ vingt ans que parut ut*nouveau système mythologique, celui defauteur de l’histoire duciel. M. Pluche s'efl?persuadé que récriture symbolique, prisé