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^ent absurde , & d’en sacrifier les détailspour en conserver le fonds. II lui lustitrì’avoir réduit les dieux au simple rang dehéros, &í les héros au rang des hommes ,pour le croire en droit de défendre leurexistence , quoique peut-ëtre de tous lesdieux du paganisme , Hercule , Caílor ,polîux , & quelques autres, soient les seulstfui aient été véritablement des hommes. 1Evhemere , auteur de cette hypothèse quii'appoit les fondemens de la religion popu-laire , en parodiant l’expliquer , eut dans jî’antiquité même un grand nombre dc par-tisans ; & la foule des modernes s’est rangée ;de son avis. !
Presque tous nos mythologues , peud'accotd entr’eux à Pégard des explicationsde détails , se réunifient en faveur d’unprincipe , que la plupart supposent commeincontestable. C’est le point commun d’oùils partent, & leurs systèmes, malgré lescontrariétés qui les distinguent, lont tousdes édifices construits fur la même base,avec les mêmes matériaux , combinés dif-f .-remmens. Par-tout on voit donner l’é-vhéméní'me , commenté d’une maniéréplus ou moins plausible-
íí faut avouer que cette réduction dunerveiìieux au naturel, est une des clésce !a mythologie grecque ; mais certe clér’est ni la feule , ni la plus importante.Les Grecs, dit Strabon , étoient dansTubage de proposer, sous l’enveloppe desfables , les idées qu’ils avoient non-leule-ment fur la physique, & fur les autresobjets relatifs à la nature 8c à !a philoso-phie , mais encore fur les faits de leur an-cienne histoire.
Ce padàge indique une différence essen-tielle entre les diverses especes de fictionsqui formaient le corps de la fable. II enrésulte que les unes avoient rapport àla physique générale, que les autres expri-moient des idées métaphysiques par desimages sensibles ; que plusieurs enfin , con-íervoient quelques traces des premierestraditions. Celles de cette troisième classeétoient les seules historiques; & ce fontles feules qu’ii soit permis à la fainecritique de lier avec les faits connus destemps postérieurs. Elle doit y rétablirTordre, s’il est possible, y chercher un
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enchaînement conforme à ce que noussavons de vraisemblable sur Torigine &le mélange des peuples, en dégager lefonds des circonstances étrangères quifont dénaturé d’âge en âge , l’envifager ,en un mot, comme une introduction àThistoire de l’antiquité.
[■ Les fictions de cette classe ont un carac-tère propre ; qui les distingue de celles doncle fonds est mystagogique ou philosophique.Ces dernieres, assemblage confus de mer-veilles & d’absurdités, doivent être relé-guées dans les cahos d’où Pefprit de systè-me a prétendu vainement les tirer. Ellespeuvent de-là fournir aux poètes des ima-ges & des allégories; d’ailleurs, le spec-tacle qu’elles offrent à ncs réflexions,tout étrange qu’il est , nous instruit parfa bizarrerie même. On y fuit la marchede Tefptit humain ; on y découvre latrempe du génie national des Grecs. Ilseurent Tare d’imaginer le talent de pein-dre , & le bonheur de sentir ; mais par unamour déréglé d'eux-mêmes & du merveil-leux , ils abuferenrde ces heureux dons dela nature ; vains, légers, voluptueux 8ccrédules, ils adoptèrent, aux dépens de laraison & des mœurs, tout ce qui pouvoirautoriser la licence , flatter l’orgueil, &donner carrière aux spéculations métaphy-siques.
La nature du polythéisme , tolérantpar essence, permettoit Tintroduction descultes étrangers ; & bien-tôt ces cultes ,; naturalisés dans la Grece, s’incorporoientaux rites anciens. Les dogmes & les usages,confondus ensemble , formoient un toucdont les parties originairement peu d’ac-cord entr’elles, n’étoient parvenues à seconcilier qu’à force d’explìcatlons & dechangemens faits de part & d’autre. Lescombinaisons par-tout arbitraires & suscep-tibles de variétés fans nombre , se diverfi-sioient, se muitiplioient à Tinsini suivant‘ les lieux, les circonstances & les intérêts.
Les révolutions successivement arrivéesdans les différentes contrées de la Grece, lemélange de ses habitans, la diversité de leurorigine, leur commerce avec les nationsétrangères, l’ignorance du peuple , le fana-tisme & la fourberie des prêtres, la subtilitédes métaphysiciens, le caprice des poètes,Nnnn a.