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II ne nous reste que des lambeaux despoésies d’Alcée. Les plus belles, au juge-ment de i’ami de Mécene & de Quintilien,étoient celles qu’il fit contre Prtacus,Mirsilus, Mégalagyrus, lesCléanactides, &quelques autres, dont les factions désolè-rent I’iíle de Lesbos & toute l’Hïolie.Obligé de se sauver , il se mit à la têtedes exilés, & fit la guerre aux tyrans dontil eut la gloire de délivrer fa patrie. IIuniísoit l’énergie & la magnificence dustyle à plus grande exactitude ; & c’estde lui que le vers alcaïque a tiré son nom.
La contemporaine d’Alcée & sa bonneamie ceoha puelta , la dixieme muse pourm’exprimer en d’autres termes, celle queStrabon appelle un prodige ; ou si l’on veut1 > considérer fous une autre face, la mal-heureuse amante de Phaon, en un motSupho, dont le vers saphíque a tiré sonorigine , étoit de Mytilene. Elle ne se lassapoint de vanter la lyre d’Alcée, & les an-ciens n’ont cessé de les louer égalementtous les deux. Tous deux dit Horace, enlè-vent l’admiration des ombres; tous deuxméritent d’être écoutés avec le silence leplus religieux :
Utrumque sac-o digna silentio
Mirant ur umbrce dicere.
Tous les juges de l-antiquiré ont célébréla délicatesse , la douceur , l’harmonie , latendresse & les grâces infinies des poésies deSapho. 11 ne nous reste que deux de sespieces ; & ces deux pieces, loin de démentirfes éloges qu on lui a donnés, ne fontqu’augmenter nos regrets fur celles quifont perdues.
On frappa des médailles à Mytilene en,sillonnent de Pittacus, d’Alcée & de Sapho,qui vivoient tous trois dans le même temps.C’est par ces médailles que nous appre-nons qu’il faut écrire le nom de cetteville avec un y , quoiqu’il soit écrit avecun i dans Strabon. Une de ces médaillesreprésente d’un côté la tête de Pittacus, &de i’antre celle d’Alcée. M. Spon en afait graver une autre où Sapho est assisetenant une lyre ; de l’autre côté , est latête de Nausicaa , fille d’Alcinoiis, dontles jardins font si célébrés dans Homere.
11 elivrai que Sapho ne put jamais désar-
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mer ía jalousie des femmes de Lesbos lparce que fes amies étoient presque touteserrangeres. E : !e sit quelques pieces pourse plaindre de cette injustice, &, à cetteoccasion, on a écrit bien des choses inju-rieuses à fa mémoire ; mais la maniéré doncelle le déclara publiquement & constammentcontre son írere Caraxus, qui se désho-noroit par son attachement pour la courts-sanne Rhodope ; & la vénération que lesMytiléniens conservèrent pour elle, jusqu’àfaire graver son image sur leur monnoieaprès fa mort, nous doivent faire au-moins soupçonner que la calomnie a eula meilleure part aux reproches qu’on lui afaits fur le débordement de fes mœurs. Sapassion pour Phaon, natif de Mytilene , nedoit pas être objectée; elle n’aima que lui& périt pour lui : eh comment n’auroit-e:ìe pas aimé celui qui reçut de Venus,dit la fable , tm vase d’albâtre, remplidune essence céleste , dont il ne se futpas plutôt frotté qu’il devint le plus beaude tous les hommes !
Je n’en dirai pas davantage fur Sapho ,je renvoie son histoire à Particle étenduede Bayle , à fa vie écrite par MadameDacier, à celle qu’en a publié le baron deLongepierre, & fur-tout à celle qu’en afait-imprimer M. Wolss à Hambourg, en173 f , à la tête ces poésies & desfragmensde cette fameuse grecque.
I! y avoir tous les ans à Mytilene descombats où les poètes difputoient le prixde la poésie , en récitant leurs ouvrages.Les Mytiléniens p assoient pour les plusgrands musiciens de la Grece , témoinPhrynis, qui le premier remporta le prixde la lyre aux jeux des Panathénées, cèle,,brés à Athènes la quatrième année de laquatre-vingtieme olympiade. On lait larévolution qu’il produisit dans la musique.
La philosophie & l’éloqucnce étoientégalement cultivés à Mytilene. Epicure yenseigna publiquement à l’âge trente-deux ans, comme nous l’apprenons deDiogene Laerce. Aristote y fut aussi pen-dant deux ans, suivant le même auteur.Marcellus, après la bataille de Fharíale ,n'osant se présenter devant César, s’yretira pour y pastèr le reste de fes joursi l’étudedes belles-lettres, fans que Cicé-