N
introduit dans 1*alphabet une lettre, oudans l’orthographe un signe quelconque,pour en représenter le son nasal, l’eupho-nie n’auroit pas moins amené le n encredeux, & on ne l’auroit assurément pas prisdans la voyelle nasale ; or on n’eítpas plus jautorisé à l’y prendre, quoique par acci-dent la lettre n soit le signe de la nasalisé,parce que la différence du ligne n’en metaucune dans le son représenté.
On peut demander encore pourquoi l’ar-ticulation insérée ici est ne, plutôt quere,comme dans a-t-il reçu ? c’est que l’arti-culation ne eít nasale, que par-là elle eítplus analogue au son nasal qui précédé , &conséquemment plus propre à le lier avecle son suivant que toute autre articulation,qui par la raison contraire seroit moinseuphonique. Au contraire, dans a-t-il reçu,& dans les phrases semblables, il paroîtque l’usage a inséré 1er, parce qu’il est lesigne ordinaire de la troisième personne ,& que toutes ces phrases y sont relatives.
Enfin on peut demander pourquoi l’on ainséré un n euphonique dans les cas men-tionnés , quoiqu’on ne Lait pas inséré dansles autres où l’on ne rencontre pas le mêmehiatus. C’est que l'hiatus amene une interro-gation réelle entre les deux sons consé-cutifs , ce qui semble indiquer une divisionentre les deux idées : or dans les cas oùl’usage inséré un n euphonique, les deuxidées exprimées par les deux mots sont siintimément liées qu’elles ne font qu’uneidée totale ; tels sont l’adjectif Jc le nom,le sujet & le verbe, par le principe d’iden-tité ; c’est la même chose de la préposition& de son complément, qui équivalent eneffet à un seul adverbe; & l’adveibe quiexprime un mode de la signification ob-jective du verbe , devient austì par-là unepartie de cette signification. Mais dans lescas où l’usage laisse subsister l’hiatus, il n’ya aucune liaison semblable entre les deuxidées qu’il sépare.
On peut par les mêmes principes , ren-dre raison de la maniéré dont on pronon.eerien, l’euphonie fait entendre ^articulationne dans les phrases suivantes : je n'ai rienappris , il n‘y a rien à dire , rien efi-il plusétrange ? Je crois qu’il seroit mieux de laiÇ-Tome XX ll
N 6 y?
fer l’hiatus dans celle-ci, rien, absolumentrien , n’a .pu ie déterminer.
3°. Le troisième usage de la lettre «,est d etre un caractère auxiliaire dans lareprésentation de l’articnlation mouilléeque nous figurons par gn , & les Espagnolspar n ; comme dans digne, magnifique ,régné, trogne , & c. II raut en excepterquelques noms propres, comme Clugni ,Regnaud , Regnard, où n a fa significationnaturelle, & le g est entièrement muet.
Au reste je pense de notre gn mouillé ,comme du / mouillé ; que c’est l’articuîa-tion n suivie d’une diphtongue dont le sonprépositif est un i prononcé avec une ex-trême rapidité. Quelle autre différencetrouve-t-on, que cette prononciation ra-pide , entre il dénia , denegavit J & il daigna,dignaius ejl ; entre cérémonial & Jignal ; en- 1tre harmonieux &C hargneux? D’ailleurs l’é-tymologie de plusiqurs.de nos mots où il setrouve gn, confirme ma conjecture, puisque l’on voir que notre gn répond souvencà ni suivi d’une voyelle dans le radical ;Bretagne de Britania ; borgne de l'italienbornio ; charogne ou du grec , lieu
puant, ou de l’adjectif factice caronius ,dérivé de caro par le génitif analogue caro-nis , syncopé dans carnis, &c.
4 8 . Le quatrième usage de la lettre n estd’être avec le r, un signe muet de la troi-sième personne du pluriel à la suite d’un emuet ; comme ils aiment , ils aimèrent , ilsaimeroient , ils aimoient , &c.
N capital suivi d’un point, est souvencl'abrégé du mot nom , ou nomen, & le signed’un nom propre qu’on ignore, ou d’un,nom propre quelconque qù’il faut y subs-tituer dans la lecture.
En termes de Marine, N signifie nord ;NE veut dire, nord-est; NO, nord- ouest;N NE, nord- nord-est ; N N O , nord-nord-ouest ;EN E y efi-natd-efi ; O N O , ouest-nord-ouest.
N fur nos monnoies, désigne celles quiont été frappées à Montpellier.
N chez les anciens, étoit une lettre nu-mérale qui signifioit 900 , suivant ces vers-de Baronius :
Nquoque nongintos numéro designât habendos.Tous les lexicographes que j’ai consultés J
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