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des bras & des jambes , &c. Voyez ÀNÎ-MAL.
L’homme est le seul des animaux quiapprenne à nager ; beaucoup d’autres ani-maux nagent naturellement ; mais ungrand nombre d’animaux ne nagent pointdu tout.
Chez les anciens Grecs & Romains, l’artde nager faisoit une partie si essentielledel’éducation de la jeunesse, qu'en parlantd’un homme ignorant, grossier , & malélevé, ils avoient coutume de dire prover-bialement , qu’il n’avoit appris ni à lire nià nager.
A Pégard des poissons, c’est leur queuequi contribue le plus à les faire nager, &non pas leurs nageoires , comme on sel’imagine assez généralement ; c'est pourcette raison que la nature leur a donneplus de force & plus de muscles dans cettepartie que dans toutes les autres, tandisque nous remarquons le contraire dans tousles autres animaux, dont les parties motri-ces font toujours les plus fortes, comme lescuisses dans l’homme, pour le faire mar-cher ; les muscles pectoraux dans les oiseauxpour les faire voler, &c. Voyez Marche ,Vol, &c.
La maniéré dont les poissons s’avancentdans Peau est parfaitement bien expliquéedans Borelli , de motu animal, part. 1 , ch.xxiij , ils ne se servent de leurs nageoiresque pour tenir leurs corps en balance &en équilibre , & pour empêcher qu’il nevacille en nageant. Voye7 NAGEOIRE &Queue.
M. Thevenot a publié un livre curieuxintitulé , fart de nager , démontré par figu-res. Et avant lui Everard Digby, Anglois,& Nicolas Winman, Allemand, avoientdéja donné les réglés de cet art. Thevenotn’a fait, pour ainsi dire, que copier cesdeux auteurs ; mais s’il se fût donné lapeine de lire le traité de Borelli, avec lamoitié de P application qu’il a lu les deuxautres, il n’auroit pas soutenu , commeil l’a fait, que l’homme nageroit naturelle-ment , comme les autres animaux, s’il n’enétoit empêché par la peur qui augmente ledanger.
Nous avons plusieurs expériences quidétruisent ce sentiment ; en effet, que P on
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jette dâns l’eati quelque bête qui vient denaître , elle nagera ; que l’on y jette unenfant qui ne puisse point encore être sus-ceptible de peur , il ne nagera point ; & ilira droit au fond. La raison en est que lastructure & la configuration de la machinedu corps humain font très-dissérentes decelles des bêtes brutes, & fur - tout, cequi est fort extraordinaire , par rapport àla situation du centre de fa gravité. Dansl’homme c’est la tête qui est d’nne pesan-teur excessive , eu égard á la pesanteur dureste de son corps, ce qui vient de ce quefa tête est garnie d’une quantité considé-rable de cervelle, & que toute fa masseest composée d’os, & de parties charnues,fans qu’il y ait des cavités remplies de lafeule substance de Pair : de sorte que latête de l’homme, s’enfonçant par fa propregravité dans Peau , celle-ci ne tarde gueresà remplir le nez & les oreilles, & que lefort ou le pesant emportant le foible ou leléger, l’homme se noie , & périt en peu detemps.
Mais dans les bêtes brutes , comme leurtête ne renferme que très-p eu de cervelle ,& que d ailleurs il s’y trouve beaucoup eîesinus, ou cavités pleines d’air , fa pesan-teur n’est pas proportionnée au reste deleurs corps , de forte qu’elles n’ont au-cune peine à soutenir le nez au dessus dePeau , & que suivant les principes de lastatique pouvant ainsi respirer librement,elles ne courent aucun risque de se noyer.
En effet, Part de nager , qui ne s’acquiertque par Pexpérience & par Pexercice ,consiste principalement dans Padresse detenir la tête hors de Peau , de forte que lenez & la bouche étant en liberté Phommerespire à son aise , le mouvement & Pex-tension de ses pies & de ses mains lui suf-fisent pour le soutenir vers la surface dePeau , & il s’en sert comme de rames pourconduire son corps. II suffit même qu’ilfasse le plus petit mouvement, car le corpsde Phomme est à peu près de Ja mêmepesanteur qu’un égal volume d’eau , d’où ils’ensuit par les principes de i’hydrostatiqueque le corps de Phomme est déja presquede lui-même en équilibre avec Peau, &qu’il ne faut que peu de forces pour le sou-tenir.