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Tome vingt-deuxième.
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De Veijsicres ( Mathurin de là Cro^e ) n êâ Nantes en >66l , bénédictin à Paris. Saliberté de penser & un prieur contraire àcette liberté, lui firent quitter son ordre.& sa religion. C’étoit une bibliothèquevivante , Sc sa mémoire passoit pour unprodige. Outre les choses utiles & agréablesqu’iì savoir, il cn avoir étudié d’autresqu’on ne peut savoir, comme l’anciennelangue égyptienne. On a de lui un ouvragefort efìirné, c’est Ihistoire du christianismedes Indes, en deux volumes in-iz , impriméen Hollande en 1714- On y trouve centchoses bien curieuses. II nous a donné danscet ouvrage une histoire exacte de la plu-part des communions orientales , entreautres des chrétiens malabares, qui rejet-tent la suprématie du pape, nient la tran-í'ubstantiation , le culte des images, St lepurgatoire. II nous apprend encore que lesbrachmanes croient l’unité d’un Dieu,& laissent les idoles au peuple. Quand onleur demande pourquoi ils ne rendentpoint de cuite au souverain Créateur ,ils répondent que c’est un être incompré-hensible Sc fans figure , duqueî í’homme nepeut se former d’idées corporelles. En mê-me temps les guanigueuls, qui font à pro-prement parler les sages des Indes, rejet-tent cux-mêmes le culte des idoles Sc lescérémonies extérieures. M. dela Croze estmort à Berlin en 1739. ( D. J. )

NANTEUIL, (Grog.)en latin du moyenâge Nantogilum., Nantoïlum & Nantolium ,tous ces mots barbares viennent de nant ,vieux mot dont les Gaulois St les Bretons seservoient pour désigner une eau couranteou une quantité d’eau qui se ramassoit dansun lieu. II y a divers villages en Francequis’appellent Nanteuil , & que'qu’autres lieuxdont le nom formé du mot nant ont la mêmeorigine. {D. J.)

NANTIR, v. act. (Comms) donner desassurances pour le paiement d’une dette,soit en meubles, argenterie, soit en effetsou autre nature de biens qu’on met actuel-lement entre les mains de son créancier.Diction. de Comm. Voyet^ [’articlesuiv. (G)

NANTISSEMENT, s. m. ( Jurispr.) si-gnifie sûreté St gage. On donne en nantisse-ment des effets mobiliers, des titres St pa-piers, &c. & celui auquel on a donné des

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effets en nantissement n’est peint obligé deles rendre qu’en lui payant ce qui lui est dû.voye ^ Gage.

Nantissement signifie aussi une espece detradition feinte & simulée que l’on prati-que dans certains pays, à l’effet d’acqué-rir droit de propriété ou d’hypothesesur un héritage ; c’est pourquoi ces paysfont appelés coutumes ou pays de nantisse-ment , telles font les provinces de PicardieSt Champagne.

Le nantissement se fait de trois maniérés.

La premiere est par dessaisine & saisine,autrement par vest Sc devest : pour ceteffet le vendeur ou le débiteur se dépouillede la propriété de l’héritage ês msins duseigneur, St l’acquéreur ou créancier hy-pothécaire s’en fait en saisi net par le sei-gneur du lieu où est situé l’héritage, lequellui donne un bâton en signe de tradition &de mise en posteffion. Cette forme de na/r-tissement se pratique plutôt dans les ventesque dans les engagemens St obligations deshéritages.

La seconde espece de nantissement íc £útpar main assise, c’est-à-dire, que le créan-cier auquel un héritage est obligé, y saitmettre & asseoir la main du roi ou de jus-tice, Sc lait ordonner par le juge, le dé-biteur Sc le seigneur appelés, que la mainmise tiendra jusqu’à ce qu’i! soit payé deson dû.

La troisième se fait par prise de posses-sion de l’héritage obligé, lorsque le créan-cier , en vertu de commission du juge , sefait mettre de fait en posteffion réelle &actuelle de l’héritage qui lui est hypothéqué,ayant ajourné pour cet effet le débiteur &le seigneur direct. L'acte de cette sortede prise de possession porte : « Nous avons,» nanti , réalise St hypothéqué un tel sur», tels Sc tels héritages, St pour une telle», somme ».

Le nantissement produit deux effets.

L’un est que le créancier acquiert undroit réel fur la chose, tellement que■l’héritage sur lequel il s’est fait nantir nepeut plus être engagé ni aliéné au préjudicede sorv-dû , Sc qu’il est préféré à tous au-tres créanciers hypothécaires qui ne seroiencpoint inscrits fur les registres du nantissementsou qui ne le servi en t qu’après lui.