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Cette ville vint au pouvoir desVisigothsfur la fin du régné de Valentinien III , aumilieu du v. fiecle & ils l’ont conservéejusqu’à la mort de leur dernier roi Rodo-ric , tué en Espagne par les Sarrasins. Cesderniers conquérans ayant passé les Pyré-nées l’an 72.1 , ils établirent une coloniede mahométans à Cartonne , qui devintleur place d’armes au - deça des Monts ;enfin ils en furent chassés par Charle-magne. Lors du déclin de la race de ceprince , les comtes de Toulouse & de Car-cassone , & même plusieurs vicomtes ,eurent part à la seigneurie de Narbonne &de son territoire ; mais l’archevêque y domi-nait principalement, ce qui dura jusqu’àla firt de Ponzieme fiecle. On sait la suitede Thistoire d e Narbonne. Jeanne d’Albretapporta les droits du vicomté de Narbonneà Antoine de Bourbon , pere d’HenrilV,roi de Frarfce , qui réunit à la couronne sesbiens patrimoniaux.
Il y avoir autrefois à Narbonne grand nom-bre de bâtimens antiques, un capitale ,un cirque , un amphithéâtre , Sv. maistout cela a été ruiné ; & on s’est servi desmatériaux po-ur bâtir les fortifications decette ville, qui étoit un boulevard de laFrance , dans le temps que les Espagnolseccupoient Perpignan. Cependant Nar-bonne a encore conservé un plus grandnombre d’inscriptions antiques qulaucuneville des Gaules, & on y en déterre detemps à autre ; mais il n’y refie pas lamoindre trace de ses anciens monumens.
Cette ville est située dans un fonds en-vironné de montagnes qui la rendent desplus bourbeuses pour peu qu’il y pleuve.Bachaumont & Chapelle Réprouvèrent fansdoute , lorsqu’ils apostrophèrent ainsicette ville dans un moment de mauvaisehumeur :
Digne objet de notre courroux ,
Vieille ville toute de fange ,
Qui nies que ruisseaux Ù qu*égouts ;Pourroìs-tu prétendre de nousLe moindre vers à ta louange ?
L'archevêché de Narbonne est considé-rable par son ancienneté , & c’étoit autre-fois le seul qu’il y eut dans le Languedoc,par fa primatie , par son droit de présideraux états de la province, & par son revenu
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qui est d’environ quatre-vingt-dix millelivres. II a dix suffragans, & son diocèsen’est cependant composé ctzie de cent qua-rante paroisses. On y compte quatre ab-bayes d hommes & deux de filles.
Le Fabius qu’Horace , dans fa I. satyre ,liv. I, marque au coin des grands parleurs,étoit de Narbonne , & avoir composé deslivres fur la philosophie stoïcienne dontil faisoit profession. Le poète qui étoitépicurien , trouvait apparemment plus debabil que de solidité dans ses discours.
Montanus de Narbonne , vivoit dans lescommencemens de la chute de ^éloquenceromaine ; c’étoit un génie rare , mais peuexact. Ses plaidoyers coulaient de la mêmesource que ses déclamations ; il gâtait sespensées en les tournant de trop de manié-rés. Enfin ses fleurs étaient si fort entas-fées , qu’elles fatiguaient l’admiration ;Tibere cependant craignit son éloquence,& le rílégua aux iíles Baléares.
Carus ( M. Aurélius. ) élu empereuren 282, étoit natif de Narbonne. II est:connu par des victoires fur les Sarmates ôcles Perses, & pour être mort d’un coupde foudre dont il fut frappé à Ctésiphonteaprès seize mois de régné.
Les temps modernes n’oíFrent à ma mé-moire ni orateurs , ni gens de lettres illus-tres , natifs de Narbonne. II faut pourtanten excepter Bosquet ( François ) évêquede Montpellier , mort en 1676 , Sc un desplus savans prélats de France au xvij. fiecle.Nous avons de lui l’abrégé de.Ia jurispru-dence de Psellus , qu’il traduisit du grecen latin, avec des notes : Pfelli synopsislegum , Paris 16g%, in-8 A Nous avonsencore du même auteur , l’histoire de l’é-glise gallicane depuis Constantin , avec c®titre : Ecclefus gallicanes hifloriarum liberprimus, apud Joann. Camufat , Z&gg in-8°.C’est la premiere édition ; la seconde estchez le même libraire , en 1656 in-f*. Unpassage que M. Bosquet retrancha de cetteseconde édition , en la faisant réimprimer,montre que s’il ménageait les abus , il neles ignorait pas. II montre, dis-je , quecet homme illustre demeurait d’accord ,que le faux zele des moines étoit la pre-miers cause des traditions fabuleuses , quiont couvert d’obscurícé i’origine de régisse