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An nord , les Cevenes & le mont Jurabornoient cetre province. Les Cevenes ,Gebenna ou Cebenna , formoient, au tempsde Pline une chaîne plus longue que ce que ,nous en tendons aujourd’hui fous cette déno-mination : elles commençoient aux mon-tagnes de l’Albigeois, & comprenoient cel-les d u Bas-Rouergue,du Bas-Gevaudan & duBas-Vivarais : le Tarn bornoit alors cetteprovince , ainsi les Cevenes formoient uneligne courbe qui prenoit aux environs de laGaronne, & venoit fe terminer au Rhône ,un peu au-dessous de l’ancienne ville desHelviens ; appelée Alba- Augufla , vis-à-visle confluent de l’Ifere & du Rhône.
Le mont Jura féparoit les anciens Se-quani d’avec les Helvétiens : nous f appelonsle mont Jura ou le mont Saint-Claude. LeRhône formoit dans cette étendue de paysqui remonte jufqu’à Geneve, le reste deslimites de la Narbonnoise.
C’est par la côte du Roustillon que Plinecommence la description de la Gaule Nar-bonnoife , ce qui en sait la côte occidentale.Les Surdons ou Sordons qui avoient donnéleur nom à l’étang Sordice & à la riviereSordus qui en sort, occupoient le comté deRoustillon, où l’on trouvoit i°. sons Sal-Juler , fontaine de Salce, dont les eaux ,selon Mêla, étoient plus salées que cellesde la mer ; i°. portus Veneris , le port Ven-dre , qui avoisinoit le promontoire Aphro-difiuni , aujourd’hui le cap de Creux , caputde Crucibus ; Strabon l’appelle le temple deVénus Pyrénéenne , & dit qu’il servoit deborne commune à XaNarbonnoise&í ài’Espa-gne. Après Rétablissement du christianisme ,on bâtit furies ruines de ce temple une égli-se & un monastère appelé S. Pierre de Ro-ses, S. Pétri Rhodenss, du nom de l’ancien-ne ville Rhoda , qui n’en est pas éloignée.
Les Confuarani occupoient l’intérieurdu Roustillon ; ils s’étendoient depuis lesPyrénées jufqu’à la source de l’Aude, Atax ;leur pays étoit arrosé par les rivières de laTech & de la Têt : c’est où l’on trouve au-jourd’hui Viîlefranche de Constant & le Va-
* e ^La ville d 'Iliiberis étoit déja fameuse d utemps d’Annibal, qui y rassembla ses trou-pes 2 8 ans avant J. C. Son ancienne gran-deur peut faire croire que c’étoit la capitale
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des Surdons t on l’a confondue mal à proposavec Elvire, nommée aussi Iliiberis , fameusepar le concile tenu en 3 1 3, & avec Caucoli-berum Collioure, qui n’est connueque depuisle Ville siecle. La position de notre Iliiberisrépond à celle d He’ena , Elne , bâtie fur sesruines par Constantin ou par quelqu’un deses fils en l’honneur d’Hélene, mere de ceprince ; elle devint ville épiscopale au Ve ouVI e siecle, son siégé fut transféré à Per-pignan en 1604 par Clément VIII.
Ruscino , ville trés-ancienne , étoit lacapitale des Confuarani , & donna le nom àtoute la contrée du Roustillon. Ce fut àRuscino que les peuples du pays s’alsemble-rent pour délibérer fur le passage que leurdemandoit Annibal. Cette ville devintcolonie Romaine ; selon Mêla & selonPline , elle jouistoit du droit latin. La déca-dence de l’empire en entraîna peu à peu laruine; elle conservoit encore quelque con-sidération sous Louis-ie-Débonnaire : ceprince ordonna que son diplôme de l’an816 , en faveur des Espagnols retirés enFrance pour se dérober à la tyrannie desSarrasins, fût déposé dans les archives decette ville, qui avoit pris dès-lors le nomde Roscilìo. Elle fut ruinée peu après versl’an 82.8, dans la guerre des Sarrasins ; ilne reste plus qu’une tour fur le terrainqu'elle occupoit, appelée ta tour de Roufsillon. On y trouve souvent des médaillesRomaines & d’autres monumens qui fontencore reconnoître son ancienne enceinte,
A deux milles de Ruscino étoit FlaviumEbusum , à laquelle une inscription donnele titre de municipe: elle avoit pris le nomde Flavium en reconnoissance de quelquebienfait reçu de Vespasien ou de sa famille.Dans le même lieu où étoit Ebusum , futdans la fuite bâti Perpignan, déja connu auXlme. siecle, car l’évêqued’EIne y consacraune église sous l’invocation de S. Jean-Baptiste en 1023.
Dans le coin de la Narbonnoise étoientencore, suivant les Itinéraires, i°. un lieunommé ad Centurtones ou ad Centenarium ;c’est la petite ville de Ceret, où s’assem-blèrent en 1660 les commissaires de France& d’Espagne pour régler les limites desdeux royaumes.
z°. Ad Strabulum , aujourd’hui le Boulon^