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Tome vingt-deuxième.
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îes Itinéraires & íiiD-cont Pline , qiú en jmarque les principales villes ; nous abro-gerons la savante dissertation de M. Mé-nard , historien de Nîmes , qui , très- 1 ns- Itruit du local, étend , éclaircit ce qu’avoitomis Pline, ou ce qu’il ne fait qu’indiquerpar les noms. ( a ) ^

« La Narbonnoise , dit Pline, ne le cedeà aucune autre province, soit pour lan culture des champs , soit pour le mérite» de ses habitans & pour la décence de», leurs mœurs, soit pour la grandeur des„ richesses; en un mot elle doit être plutôt», regardée comme l’Italie même , que,», comme une province. „

En effet, elle comprenois dix - neufcolonies Romaines ; il n’y en avoir pasautant dans les trois autres parties de laGaule. Jules César avoitfait admettre plu-sieurs citoyens de la Narbonnoise dans lesénat ; Claude se servit de cet exemplepour y faire entrer les Gaulois de la Cel-tique.

Auguste pendant son séjour à Narbonne,où il étoit allé régler i’administration desGaules l’an de Rome, 70.7, partagea laGaule Transalpine en quatre gouvernemens.Avant ce temps, les habitans de la ville de'Narbonne s’appeloient Narbonnenses. Laprovince Narbonnoise comprenoit la Savoie,le Dauphine , la Provence , le Languedoc,le Rouifillon & le comté de poix , les troisaut-es gouvernemens furent l’Aquitaine ,îa Belgique, & cette partie de la Celtiquequi prit le nom de Lyonnaise de celui dela ville de Lyon , qui en devint la capitale.

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Le nom de Bracata donné à cette partiedes Gaules, qui prit, sous Auguste , le nomde Narbonnoise ;vient de ces hauts de chaussesque les Gaulois appeloient braques , & queles paysans d’Auvergne ont toujours con-servés. Le reste de la Gaule Transalpineportoit le nom de Comata , chevelue , & laCisalpine celui de Togata.

La riviere du Var étoit une des lim'tesqui séparaient la Gaule Narbonnoise de l’I-talie. Cette riviere prend sa source au montCerna , dans les A’pes maritimes : cettemontagne porte austi le nom de Cémelion ,d’une ancienne ville bâtie au dessus, dont ilne reste plus que des masures, & qui étoitde la Gaule Narbonnoise.

Les Alpes que Pline donne encore pourbornes du coté de Mtalie, sont celles ap-pelees Maritimes , Graïennes Cottiennes &Pennines. Les Alpes Maritimes sont au-jourd’hui les cols de l’Argentiere deFenestre , de Tende. Les Cottiennes sépa-raient les Taurini des Allobroges , c’est lemontGenevre, le montcenis & le montViso , où le Pô prend fa source. Les Graïen-nes ou Grecques -sont le mont Joux & lepetit Saint-Bernard ; elles confinent aupaysdes anciens SalaJJì , aujourd’hui le vald’Aoste. Enfin les Pennines , dont le montPennin, aujourd’hui le grand Saint-Bernard,saisoit partie , avoient au nord les Sedunì ,le Haut-Valais, dont Sedunum , Syon , étoitla capitale ; & au sud , les -Salajji, dont laprincipale ville étoit Augusla Praetoria ,colonie Romaine , Aoste. Telles étoient leslimites de la Narbonnose du côté de l’italie.

{a) Avant la division des Gaules par Auguste , les Romains appeloient provincia romana ,tous les pays de la Gaule qui étoient compris depuis les Pyrénées, ou les frontières d’EÍ-pagne , jufqu’aux Alpes ou juíqu’à l’Italie , & entre la mer Méditerranée , les Cevennes ,le Rhône avant qu’il soit joint a la Saône, & le lac de Geneve. On lui avoit donné lenom doprovincia, parce qu’elle étoit la première & la seule province des Romains au-delà des Alpes.Lorsqu’Auguste eut fait la division des Gaules , la province romaine fut appelée Gallia Nar-boneiîss , Gaule Narbonnoise . Pline en donne les bernes , lib. III , ch. iv , & remarque qu’elleétoit alors si peuplée de colonies romaines & de villes municipales , qu'd paroît tenté de laregarder plutôt comme l’Italie même , que comme une province dépendante de l’Italie.

Après Auguste , mais avant Constantin , la province de Narbonne fut démembrée , ôc formadeux autres provinces ; savoir la province des Alpes, Sc la province Viennoise. Enfin dans lafuite , la province Narbonnoise fut divisée en prerniere & seconde Narbonnoise ; mais elle fut tou-jours regardée comme appartenante aux Gaules , jusqu’au régné des Goths qui la mirentfous la dependance de l’Espagne , & elle y demeura jusques près du huitième fie cl e.

Si vous êtes curieux de connottre la division de la Gaule Narbonnoise, du temps d’Auguste,l?ous la trouverez détaillée dans le P. Briet. ( D, J. )

Tome XXII.

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