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Tome vingt-deuxième.
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N A R

le Ciel dans tous leurs pleurs ne m'entendpoint nommer ,

Leur sombre inimitié ne fuit point monvisage ,

Je vois par-tout les coeurs voler à monpassage.

Enfin il mit le comble à sa gloire enadoptant Trajan , l'homme le plus propreà honorer la nature humaine : ainh le pre-mier Antonin adopta Marc-Aurele. {D. J.)

NARO , ( Géogr.) Nara , ville de Sicile,dans la vallée de Mazzara, près de la sourcede la riviere de Nai-o, à 10 milles au levantde Gergenti. Long. 31. 2.5. lat. 37. ro.

Naro, ( Ge’og . ) riviere de la Sicile ,dans la vallée de Mazzara. Elle prend fasource auprès de la ville qui porte sonnom , court du côté du midi, & se jettedans la mer d’Afrique, auprès de Vallouedi Môle.

NARRAGA, ( Géog. anc. ) fleuve auxenvirons de la Babylonie, selon Pline , /.VI. c. xxvj. C’est lc canal ou la branche laplus occidentale de l’Euphrate, & ce canala été creuíé de main d’homme. Ptolomée,l. V. c. xx. l’appelle Maarsares , & AmmienMarcellin, L XXIII. le nomme Martins.{D. J.)

NARRATION, f.s. {Belles-Lettres.)dans Téloquence & dans Thistoire est unrécit ou relation d’un fait ou d’un événe-ment comme il est arrivé , ou comme onle suppose arrivé.

Il y en a de deux sortes, l’une {impie &historique, dans laquelle l’auditeur ou lelecteur est supposé entendre ou lire un faitqui lui est transmis de la seconde main :l’autre artificielle & fabuleuse, où l’imagi-nation de l’auditeur échauffée prend partau récit d’une chose, comme fi elle sepaíloit en sa présence.

La narration , selon les Rhéteurs, est laseconde partie du discours, c’est-à-dire,celle qui doit suivre immédiatement PexordeVoyei ORATSON ou DISCOURS.

Dans l’histoire, la narration fait le corpsde l’ouvrage ; Lc fi l’on en retranche lesréflexions incidentes , les épisodes , lesdigressions, l’histoire se réduit à une fimplenarration. Voye[ HISTOIRE. ,

Cicéron demande quatre qualités dar.s

N A R °yL7

la narration, savoir, clarté , probabilité ,brièveté & agrément.

On rend la narration claire , en y obser-vant Tordre des temps, enserte qu’il nerésulte nulle confusion dans Tcuchaîne-ment des faits, en n’employant que destermes propres & usités , & cn racontantfaction fans interruption.

Elle devient probable par le degré deconfiance que mérite le narrateur, par lasimplicité & la sincérité de son récit, parle soin qu’on a de n’y rien faire entrer decontraire au sens commun ou aux opinionsreçues , par le détail précis des circons-tances & par leur union , ensorte qu’ellesn’impiiquent point contradiction, & ne sedétruisent point mutuellement.

La brièveté consiste à ne point repren-dre les choses de plus haut qu’il n’est néces-saire , afind’éviter le défaut de cet auteurridicule dont parle Horace, qui gemino hél-ium trojanum órditur abevo , & à ne la pointcharger de circonstances triviales ou dedétails inutiles.

Enfin on donne à la narration de I’agré-ment en employant des expressions nom-breuses d’un son agréable & doux, en évi-tant dans leur arrangement les hiatus & lesdissonnances, en choisissant pour objet deson récit des choses grandes, nouvelles, inat-tendues , en embellissant fa diction de tro-pes & de figures, en tenant l’auditeur ensuspens fur certaines circonstances intéres-santes, & en excitant des mouvemens detristesse ou de joie , de terreur ou depitié Voyei NOMBRE , CADENCE , FIGU-RES, PASSIONS , &c.

C’est principalement la narration oratoirequi compose ces ornemens ; car la narration.historique n’exige qu’une simplicité mâle &majestueuse , qui coûte plus à un écrivainque tous les agrémens du style qu’on peutrépandre fur les sujets qui sont du ressort deTéloquence.

II ne fera pas inutile d’ajouter ici quel-ques observations fur les qualités propres àla narration oratoire.

i°. Ç)uoiqu’on recommande dansìa narra-tion la simplicité , on n’en exclut pas tou-jours le pathétique. Cicéron , par exemple ,remue vivement les passions, en décrivantles circonstances du supplice ds Gavius,