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joute pas à l’intérêt, Faffoiblit : Obstat quld-qaid non aajuvat. Cic.
Au lieu que dans les récits tranquilles& qui n'intéressent que l’imagination, lefond n’est rien , la forme est tout : le travailfait le prix de la matière. Alors la poésie ferépand en descriptions, en comparaisons ,ressources qu’elle dédaigne lorsqu’elle estvraiment pathétique : car ces vains orne-mens b’esseroient la décence ; autre régléque le poète doit s’impofer en racontant.
Qu : d kccat, qui d non , est un point de vuefur lequel il doit avoir fans celle les yeuxattachés : ce n’est point-là ce qu’on vousdemande, dit Horaçe à l’artiste qui prodi-gue des ornemens étrangers ou superflus-Je lui dis plus : ce n’est point-là ce que vousvous demandez à vous-même. Que faites-vous ? c’est le cœur , & non pas les sens quevous devez frapper. Vous voulez nouspeindre la nature dans fa touchante simpli-cité f & vous la chargez d’un voile dont larichesse fait sépaisseur. Est-ce avec des verspompeux & de brillantes images que vousprétendez m’arracher des larmes ? est-ceavec cet éclat de paroles qu’une amantefur le tombeau de son amant, une merefurie corps froid & livide d’un fils unique& bien aimé , vous pénétré & vous déchirel’ame ? consultez-vous, écoutez la nature,& jettez au feu ces descriptions fleuries quila glacent au fond de nos cœurs.
Les décences de la narration, du poète ànous, se bornent à n’y rien mêler d’obscene,de bas, de choquant. Contre cette réglépeche dans l’Enéide la fiction puérile &dégoûtante des Harpies ; & dans le Paradisperdu , l'aliégorie du péché & de la mort.L,e nuage qui. dans l’Iliade couvre Jupiter& Junon fur le mont Ida , est pour lespoètes une leçon & un modele de bien-séance.
Les décences d’un acteur à l’autre fontdans le rapport de leur rang, de leursituation respective. Un malheureux, quipour émouvoir la pitié , fait le récit de sesaventures , est réservé, timide & modeste,ménager du temps qu’on lui donne , &attentif à n’en pas abuser.
Telepâus & P élus , dutn pauper & exuluterque. Hor.
Mérope demande à Egiste quel est l’é-
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tat, le rang , la fortune de ses parens ;vous savez quelle est sa réponse.
Si la vertu suffit pour faire la nobleffe ,Ceux dont je tiens le jour , Policlete , Sirris ,Ne font pas des mortels dignes de vos mépris.Le fort les avilit , mais leur fige conjianceFait refpecler en eux f honorable indigence ;Sous fes rustiques toits , mon pere vertueux ,Fait le bien , fuit les loix , & ne craint queles dieux.
Ainsi le style , le ton , le caractère de lanarration , & tout ce qu’on appelle conve-nance , est dans le rapport de celui quiraconte , avec celui qui l’écoute. Si Virgile'a une tempête à décrire, il est naturel qu’ilemploie toutes les couleurs de la poésie àla rendre présente à l’esprit du lecteur.Incubuere mari , totumque a fedibus imi sUna Eurufque Notufque ruunt , creberqueprocellis
Africus ; Ù vujìos vohunt ad lìttora fluc-tus.
Infequitur clamorqut virûm flridorque ru~de n t um :
Eripiunt subito aubes cxlumque diemqueTeucrorum ex oculis. Ponto nox incubqtatra. >
Intonuere poli St ct ebris micat ignibus œtherZMais qu’Idoménée , dont la plus cruellesituation où puisse être réduit un pere ,fasse à l’un de fes sujets la confidence deson malheur ; il ne s’amusera point à décrirela tempête qu’il a essuyée : son objet n’estpas d’effrayer celui qui l'entend , mais delui confier fa peine. " Nous allions périr,,, lui dira-t-il, j’invoquai les dieux; &
» pour les appaiser , je jurai d’immoler ,
„ en arrivant dans mes états, le premier», homme qui s’ossriroit à moi. Piété„ cruelle & funeste ! j’arrive, & le premier», objet qui fe présente à moi, c’est monfils „. Voilà le langage de la douleur.
II en est d’un personnage tranquille à peuprès comme du poète : le su;et de ta narra-tion ne doit pas l’affecter allez póur lui fairenégliger les détails: par exemple , il est na-turel qu’Enée racontant à Didon fa mortde Laoeoon & de fes enfans, décrive lafigure des serpens, qui fendant la mer,vinrent les étouffer :