75» N A T
sel de Glauber ; & par conséquent est unalkali fixe impur. Suivant Hérodote , lesanciens Egyptiens se servoient de natrumdans leurs embaumemens , ils y íaiíToiencséjourner les corps morts pendant long-temps , afin de les dessécher avant que deles embaumer. Voy. les mém. de l’acad. dessciences ann. IJ^O.
Le natrum ou sel alkali minéral dontnous parlons , différé des autres sels alka-lis fixes , tirés des cendres des végétauxpar les mêmes côtés que la soude ; com-biné avec l’acide vitriolique il fait du vraisel de Glauber ; il se dissout plus difficile-ment dans l’eau que les autres alkalis fixes ;il n’attire point l’humidité de l’air commeeux, & il est beaucoup moins caustique. Voy.Soude.
II paroît indubitable que le natrum quivient d’être décrit, est le sel que Diosco-ride , Pline & les anciens connoissoientfous le nom de nitrum. La description qu’ilsen donnent ne convient nullement au selcjue nous appelons nitre aujourd’hui, &: sespropriétés annoncent un vrai sel alkali fixe.L’écriture sainte sert à prouver cette vérité ;Salomon compare la gaieté d’un hommetriste à faction du nitre avec le vinaigre : &Jérémie dit , que quand le pécheur selaveroit avec du nitre , il ne seroit pointpurifié de ses souillures. On voit que ceseffets ne peuvent Rappliquer qu’à un selalkali fixe , & non à un sel neutre , connudes modernes fous le nom de nitre. Voye\_Nitre.
Ce qui vient d’être dit dans cet articlesuffit pour faire connoître la nature du na-trum , & pour faire sentir le peu de fonde-ment de ce que des voyageurs peu instruitsnous ont rapporté de fa formation. Quel-ques-uns ont voulu nous persuader que cesel étoit produit par une rosée qui causoitune espece de fermentation & de gonfle-ment dans la terre & qui en faisoit sortirle natrum ; on sentira aussi l’erreur danslaquelle font tombés plusieurs naturalistesmodernes, qui ont pris pour du natrum duvrai sel marin ou sel gemme, & d’autressels qu’ils ont trouvé dans quelques fon-taines & dans quelques terrains. La descrip-tion qui vient d’être donnée suffira pour
N A T
faire connoître le vrai natrum par toutoù on en pourra trouver.
Quand à la formation de ce sel , onpourroit conjecturer avec assez de vraisem-blance , qu’il doit son origine au sel marindont le terrain de l’Egypte est sur-toutrempli, la chaleur du climat a pu dégagerune portion de l’acide de ce sel ; eníbrtequ’il ne reste plus que fa base alkaline , quiest encore mêlée d’une partie de sel marinqui n’a point été décomposée, (fl-)
NATTA, terme de Chirurgie , excrois-sance charnue ou grosse tumeur, qui vienten différentes parties du corps; on ditauffinasa , nasda &C napta.
Iflancard la définit, une grosse tumeur mol-lasse, sansdouleur, fans couleur, qui vient leplus ordinairement au dos, & quelquefoisaux épaules & en plusieurs autres parties. Laracine du natta est fort petite, cependantil augmente quelquefois fi prodigieusement,qu’il égale la grosseur d’un melon ou d’unegourde, il se forme souvent des nattes aucol qui ressemblent à des taupes. Voye çTaupes. Cette tumeur est de i’especedesenkistées.
Bartholin dit qu’une dame se fit mordreun natta qui commençoit, & qu’elle enfut guérie par ce moyen. Voye\ LOUPE.
NATTE, s. f. [Ouvrage du Nattier.)espece de tissu fait de paille, de jonc , deroseau ou de quelques autres plantes, écor-ces , ou semblables productions faciles à feplier & à s’entrelacer.
Les nattes de paille font composées dedivers cordons, de diverses branches, or-dinairement de trois. On met aux bran-ches depuis quatre brins juí'qu’à douze , &plus souvent l’épaisseur qu’on ve.ut donnerà la natte ou l’usage auquel elle est des-tinée.
Chaque cordon de natte , ou comme ondit en terme de nattiers, se trace sépa-rément & se travaille au clou. On appelletravailler au clou , attacher la tête de cha-que cordon à un clou à crochet, enfoncédans la barre d’en haut d’un fort traiteaude bois qui est le principal instrument dontfe servent ces ouvriers. II y a trois clousà chaque traiteau pour occuper autant decompagnons, qui, à mesure qu’ils avancentla trace, remontent leur cordon fur le