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Tome vingt-deuxième.
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766 d N A Tduisit ce qui avoir été impossible â toutson art. Atteindre au plus haut degré dunaturel , eít fans contredit le non plus ultràde l’art.

Dans les actions qui servent de fondLux ouvrages de la poéíie épique ou dra-matique, le nœud & ensuite le dénouementrésultent de l’assemblage d’une foule depetites circonstances, qui réunies ensembledoivent former un tout. Si le poète enomet, ou en place mal quelqu’une , lenaturel de fa composition s’évanouit. Mais,quand il entreprend de rassembler tout cequi tient à la nature du sujet , il fe trouvequelquefois dans de grands embarras ; & ilen résulte une confusion qu’il ne sait com-ment débrouiller. Voilà pourquoi il est sidisticile aux poètes dramatiques d’arrangerleur fable & de bien développer faction.La plupart des pieces de théâtre françoiliesrebutent & déplaisent dès feutrée ; parcequ’on s’apperçoit des efforts du poète ,pour nous faire remarquer ce qui doit servirà rendre le reste naturel. Ce n’est pointassez qu’on trouve dans un drame tout cequi détermine la fuite de faction : il fautque cela soit amené d’une maniéré aisée.C’est à quoi s’entendoient admirablementSophocle & Térence. Euripide au contrairemanque quelquefois de naturel dans les pre-mières fcenes de ses pieces , où il donnel’exposition des sujets.

C’est encore une chose extraordinaire-ment difficile que de bien saisir le natureldans les caractères, les mœurs & les pallions.Tantôt la difficulté consiste dans l’expres-sïon de certains traits caractéristiques,tantôt le naturel même devient affecté ,outré, par f effet de ce qu’on appelle laçharge au théâtre. Tel est le jeu d’Harpa-gon lorsqu’il éteint une chandelle. Aussilimitation parfaite de la nature n’appar-tient-ellequ’aux plus grands maîtres. Parmiles poètes allemands , il n’existe guereactuellement que M. Héjeland qui réussisseparfaitement à peindre d’une maniéré na-turelles objets moraux; maisHagerdorn,Klopstock. & Gesther le suivent de bienprès. Shakespear est peut-être le plus grandpeintre des passions. En général, on peutproposer comme des modelés relativementjiw mturd dans toutes les especes de pein-

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1 turcs poétiques , les anciens, en mettantà leur tête Homère & Sophocle commeles plus parfaits. Euripide n’en cede à per-sonne dans f expression des passions tendres.

Nous ne saurions terminer cet article ,fans y faire entrer une remarque impor-tante & intimément liée au sujet dont iltraite. Parmi les objets moraux, il y ena d’une nature brute & d’une nature polie ;les premiers fe rencontrent chez les peu-ples , dont la raison ne s’est encore gueredéveloppée : ceux-ci existent dans les autrescontrées, & diffèrent en degrés, suivantla mesure du progrès des sciences , des arts,des mœurs & de ia politeíiè dans ces con-trées La nature morale brute a plus deforce ; les passions d’un Huron font bienplus violentes , ses entreprises plus auda-cieuses , que ne le seroient celles d’unEuropéen dans des cas semblables. Telsfont aussi les guerriers d’Homere dans leursdiscours & dans leurs actions : ils ne ressem-blent point aux nôtres. Depuis quelque tempsles poètes allemands , de concert avec lescritiques, semblent avoir pris pour régléque la représentation de la nature dans l’onétat originaire, est préférable dans les com-positions poétiques , & leur donne une toutautre énergie. Ici nous observerons encorequ’un poète doit , avant toutes choses ,bien réfléchir fur le but particulier de sonouvrage , pour déterminer en conséquencele choix des objets. N’a-t-il dessein quede faire des peintures qui puissent toucherpar la force des sentimens naturels , qu’ilprenne à la bonne heure ses sujets dansla nature sauvage : on en considérera lesimages avec plaisir, & elles donnerontlieu à diverses réflexions utiles fur le fondde la nature humaine. II en est alors commedes récits des voyageurs qui ont visité lespeuples les plus brutes , ou qui ont étéexposés aux plus affreux désastres, celanous affecte, nous jette dans f étonnement,& excite notre compassion, & nous porteà y réfléchir. On lit les poèmes qui roulentfur de semblables sujets, comme on litceux d’Homere, d’Ossian & de Théocrite.Mais dés que le poète ne se borne pas àintéresser, & qu’il veut en même tempsêtre utile, qu’il en demeure à la nature ,telle qu’elle fe montre parmi nous. II sçroic