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le bord de la mer : mais la jalousie cettepaillon des âmes balles, excita contre luiles plus violentes persécutions. II revint enEspagne chargé de fers, & traité commeun criminel d'état. II eíì vrai que la reinede Caílille, avertie de son retour , luirendit la liberté, le comblad’honneurs ,& déposa le gouverneur d’Hispagniola ,qui s’étoit porté contre lui à ces affreusesextrémités. II fut si sensible à la mortde cette princesse > qu’il ne lui survécutpas long-temps ; il ordonna tranquille-ment ses obsèques , & les fers qu’il avoitportés furent placés dans son cercueil. Cegtand homme finit fa carrière à Valladolid,cn 1506 , à 64 ans.
Les Espagnols durent à cet illustre étran-ger & à Vespuccì ( Americo ) florentin , ladécouverte de la partie du monde qui portele nom de ce dernier , au lieu que la na-tion portugaise ne doit qu’á elle seule lepassage du cap de Bonne-Espérance.
Vespuceêt oit un homme de génie, pa-tient , courageux & entreprenant. Aprèsavoir été élevé dans le commerce, il èutoccasion de voyager en Espagne, & s’em-barqua en qualité de marchand en 1497fur la petite flotte d’Ojcda, que Ferdi-nand & Isabelle envoyoient dans le nou-veau monde. Il découvrit le premier laterre-ferme qui est au delà de la ligne ; &par un honneur que n’ont pu obtenir tousles rois du monde, il donna son nom àces grands pays des Indes occidentales ,non seulement à la partie septentrionale ouméxiquaine, mais encore à la méridionaleou péruane , qui ne fut découverte qu’en1 52 5 par Pizaro. Un an après ce premiervoyage , il en fit en chef un second, com-manda six vaisseaux, pénétra jusques furla côte de Guayane & de Venezuela , &revint à Séville.
Eprouvant à son retour peu de recon-noissance de toutes ses peines, il se renditauprès d’Emmanue!, roi de Portugal, quilui donna trois vaisseaux pour entreprendreun troisième voyage aux Indes. C’est ainsiqu’il partit de Lisbonne le 13 mai de l’anijoi, parcourut la côte d’Angola, passale long de celle du Brésil qu’il découvrit
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toute entiere jusques par delà la riviere dela Plata, d’où il revint à Lisbonne le 7septembre de i’an ijo2.
Il en repartit l’année suivante avec lecommandement de six vaisseaux ; & dansle dessein de découvrir un passage pouraller par l’cccident dans les Moîuques , ilfut a la baie de tous les Saints jusqu’à lariviere de Curabado. Enfin manquant deprovisions, il arriva en Portugal le 18 juinde l’an 1504, où il fut reçu avec d’autantplus de joie qu’il y apporta quantité de.bois de Brésil & d’autres marchandises pré-cieuses. Ce fut alors qu’Américo Vespucciécrivit une relation de ses quatre voyages,qu’il dédia à René II, duc de Lorraine. IImourut en 1389, comblé de gloire &d’honneurs.
Pi\aro ( François ) ; né en Espagne ,,découvrit le Pérou en 15-2.5 , se joignit àdom Diégo Almagro ; & après avoir con-quis cette vaste région , ils y exercèrentdes cruautés inouies fur les Indiens ; maiss’étant divisés pour le partage du butin ,Ferdinand, frere de Pizare, tua Almagro,& un fils de celui-ci tua François Pizaro.
Pour ce qui regarde Cortes ( Fernand ) quiconquit le Mexique, & qui y exerça tantde ravages, j’en ait déja fait mention àlarticle de MÉDELLIN fa patrie.
Les navigateurs , dont on a parlé jusqu’ici,ne sont pas les seuls dont la mériroire soitcélébré ; les Hollandois en ont produitd’illustres, qui, soutenus des forces de lanation lorsqu’elle rachetois sa liberté, ontétabli son empire au cap de l’iíle de Java,& ont servi à conquérir les iíles Moîuquesfur les Portugais mêmes. On fait austì queJacques le Maire étant parti du Texel avecdeux vaisseaux , découvrit en 1616, vers lapointe méridionale de l’Amérique , le dé-troit qui porte son nom. La relation dé-taillée de son voyage est imprimée.
Mais la grande Bretagne s’est encoreplus éminemment distinguée par les actionshardies de ses illustres navigateurs ; & cepays continue toujours de faire éclore dansson sein les premiers hommes de mer qu’iîy ait au monde.