N A V
& a porté ses forces maritimes à un 6 hautpoint, qu’on la regarde avec raison commela maîtreíse de la plus grande partie de notreglobe.
II est vrai que les premiers essais desPortugais ne furent que des voyages fortcourts qu’ils firent le long des côtes dugrand continent de l’Affique. Devenusbientôt plus hardis & plus expérimentés furmer, le succès de leurs entreprises les animaà en estàyer d’autres. Us navigerent lespremiers d’entre les nations sur.l’Océanatlantique. Us découvrirent en 1419 Pillede Madere, en 1448 , Jes iíles des Aço-res, en 1499 , les illes du Cap-verd , &en 1486 , le cap de Bonne-Êspérance, ainsinommé de Pefpérance qu’ils concevoientavec raison par cette découverte de trouverde ce côté un pastkge aux Indes. Mais c està un seul homme , à l’infant dom Henri,que les Portugais furent fur-tout redevablesde leurs vastes entreprises contre lesquellesils murmurèrent d’abord. 11 ne s’est rienfait de fi grand dans le monde , dit M. deVoltaire , que ce qui fe fit par le génie 8 cîa fermeté d’un homme qui lutte contre lespréjugés de la multitude.
Gama ( Vafco de ) est le navigateur portu-gais qui eut le plus de part aux grandeschoses de cette nation. U découvrit lesIndes orientales par le cap de Bonne-Espé-rance , & s’y rendit pour la premiere foisen 1497. U y retourna en 1501, 8 c revintà Lisbonne avec treize vaisseaux chargés depichesses. Il fut nommé , comme il le mé-r f t o 11, vice-roi des Indes portugaijes parleroi Jean III, & mourut à Cochin en 152 5.dom Etienne 8 c dom Christophe de Gamases fils lui succédèrent dans fa vice-royauté ,& font célébrés dans l’histoire.
Magalhaens ( Ferdinand ), que les Françoisnomment Magellan , compatriote de Gama,a rendu pareillement fa mémoire immor-telle par la découverte qu’il fit l’an 152.0,du détroit qui de son nom est appelé Magel-Isnique. Ce fut cependant sous les aus-pices de Charles - Quint, vers lequel ils’étoit retiré , qu’il fit cette découverte:piqué contre son roi qui lui avoit refusé«ne légere augmentation de ses appoin-te XXII.
K A V 78*
temens, Magellan partit de Séville l’an1519 , avec cinq vaisseaux, passa le détroitmagellanique jusqu’alors inconnu , & allapar la mer du sud jusqu’aux illes de Los-Ladrones ( les Philippines ) , où il mourutbientôt après , les uns disent de poison ,les autres disent dans un combat. Un de sesvaisseaux arriva le 8 septembre 151.2. dansle port de Séville sous la conduite de JeanSébastien Catto , après avoir fait pour lapremiere fois le tour de la terre.
Un troisième navigateur portugais, dontje ne dois point taire le nom , est MendìsPinto ( Ferdinand ) , né à Monté-Mor-O-Velho, qui s’embarqua pour les Indes en1537, dans le dessein de relever fa nais-sance par le secours de la fortune. 11 y futtémoin pendant 20 ans des plus grands évé-nemens qui arrivèrent dans ce pays, &revint en Portugal en 1558 , après avoirété treize fois esclave , vendu seize fois,& avoir essuyé un grand nombre de nau-frages. Ses voyages écrits en portugais 8 ctraduits en françois sont intereíîans.
Le bruit que fit dans le monde le succèsdes merveilleuses entreprises des Por-tugais, éveilla Chrìjlophe Colomb , génois,homme d’un grand savoir & d’un génie dupremier ordre ; il imagina une méthodeencore plus sûre & plus noble de poursuivreglorieusement les mêmes desseins de décou-verte. II eut une infinité de difficultés àcombattre, & telles qu’ellesauroient rebutétout autre que lui. U les surmonta à la fin ,& il entreprit à l’âge de 50 ans cette heu-reuse & singulière expédition, à laquelleon doit la découverte de l’Amérique.
Ferdinand & Isabelle qui régnoient enEspagne , goûtant foiblemcnt son projet,ne lui accordèrent que trois vaisseaux. IIpartit du port de Palos en Andalousie le1 r octobre 1492 , & aborda la mime annéeà Guanahani, l’une des Lukayes. Les insu-laires , à la vue de ces trois gros bâtimens,fe sauvèrent fur les montagnes , Lt on neput prendre que peu d’habitans auxquelsColomb donna du pain, du vin , des confi-tures & quelques bijoux. Ce traitement hu-main fit revenir les naturels de leur frayeur,& le cacique du pays permit par reconnoiC-fanes à Colomb de bâtir un fort de bois sotGgâáS