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Tome vingt-deuxième.
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par sa sainteté , par sa dignité , ou par desvœux. Voyez Nazaréat.

Ce mot vient de l’hébreu naçar , distin-guer , séparer ; aussi ce mot étoit-il dis-tingué chez les Hébreux du mot nazaréen ,habitant ou natif de Nazareth, qui vientde nat^cir ou net^er , sauver , préserver.

Dans le livre des nombres , ch. vj . ontrouve le détail des vœux des Nazaréens ,c’est-à-dire, des vœux pour lesquels unhomme ou une femme se consacraientparticulièrement à Dieu , les conditions& suites de ces vœux , comme l’absti-nence, &c.

Quand le temps du nazaréat étoit ac-compli , le prêtre amenoit la personne àla porte du temple, & cette personneoffrait au Seigneur un mouton pour l’ho-locauste , une brebis pour ls sacrificed’expiation , & un bélier pour l’hostiepacifique. Il offrait aussi des pains & desgâteaux , avec le vin nécessaire pour leslibations. Après que tout cela étoit im-molé & offert au Seigneur, le prêtre ouquelqu’autre rasoir la tête du nazaréen àla porte du tabernacle, & en brûloir lescheveux fur le feu de l’autel. Alors leprêtre mettoit entre les mains du naza-réen l’épaule cuite du bélier , un pain &un gâteau ; puis le nazaréen les remettoitfur les mains du prêtre , qui les élevois enfa présence , & les offrait à Dieu : dès-lors le. nazaréen pouvoit boire du vin , &son nazaréat étoit accompli. Mais les na-zaréens perpétuels qui avoient été consa-crés par leurs parens, renonçoient pourjamais à Tissage du vin.

Ceux qui faisaient le vœu du nazaréathors de la Palestine , & qui ne pouvoientarriver au temple à la fin des jours deleur vœu , fe contentoient de pratiquerles abstinences marquées par la loi, & defe couper les cheveux au lieu où ils fetrouvoient , fe réservant d’offrir leurspréfens au temple par eux-mêmes, ou par«Tautres, lorfqu’ils en auraient la com-modité. C’est ainsi que saint Paul en usa àUnchée , a cl. xviij. V. 18.

Lorfqu’une personne ne fe trouvoitpas en état de faire le vœu du nazaréat,ou n’avoit pas le loisir d’en observer lescérémonies , elle fe contentoit de con-

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tribuer aux frais des offrandes & des sacri-fices de ceux qui avoient fait & accomplice vœu ; & de cette sorte elle avoit partau mérite de leur nazaréat. Maimonid.in num. 6 .

Nazaréen est aussi employé dans l’Ecri-ture pour marquer un homme élevé endignité , comme il est dit du patriarcheJoseph. Genef. xlix. f. 26. qu’il étoitnazaréen entre ses freres. On explique ceterme diversement. Les uns croient qu’ilsignifie celui qui est couronné, choisi ,séparé, distingué, ne ze r en hébreu signi-fiant une couronne. Les septante tradui-sent ce terme par un chef , ou par celuiqui est couronné. Le P. Calmet croit quenazir étoit un nom de dignité dans la courdes rois d’Orient. Encore aujourd’huidans la cour du roi de Perse, selon Char-din , le nezir est le fur-intendant de lamaison du roi, le premier officier de Tacouronne , le grand économe de fa mai-son & de ses trésors. En ce sens Josephétoit le nazir ou le ne\ir de la maisonde Pharaon. Calmet , diclionn. de labibl. tom. 2. pag. 21. au mot Nazaréen.(O)

NÀZARÉITES ou Nazaréens , f.m. p L ( Hist. ecclés. ) leste d’hérétiquesqui s’éleva dans les premiers siécles deT Eglise.

Saint Epiphane nous apprend que lesNazaréens étoient entièrement conformesaux Juifs dans tout ce qui avoit rapportà la doctrine & aux cérémonies de Tan-don testament. Ils n’en différaient quepar la profession du christianisme , & lacroyance que Jefus-Christ étoit le Mes-sie. Ils furent aussi appelles Peratiques ,parce qu’ils étoient en grand nombre áPara ou Pella, ville de la Décapole ; &cymmachiens , parce qu’ils fe sorvoientde la version de Técriture faite par Sym-maque.

II y a eu de deux sortes de Nazaréites ;les uns purs, qui obfervoient ensemblela loi de Moïse & celle de Jefus-Christ ;les autres étoient les Eblouîtes. VoyezEbionites.

Les auteurs ecclésiastiques nous ap-prennent que S. Matthieu prêcha Tévan-giie aux Juifs à Jérusalem dans leur pro-