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Tome vingt-deuxième.
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«ombres dans l’Arithmétique , & des fi- Igures dans la géométrie , convient néces-sairement aux nombres & aux figures. Lasource de cette nécessicé se trouve dansPunique diterminabilité dont les chosesnécessaires font susceptibles. V oici ce qu’ilfaut entendre par cette expression : unechose nécessaire , qui est d’une certainemaniéré , ne peut jamais être'd’une ma-niéré opposée ; toute détermination con-traire à sa détermination actuelle implique.Un triangle rectiligne a ses trois angleségaux à deux droits ; cela est vrai aujour-d’hui , cela le fera éternellement , & lecon traire n’aura jamais lieu. Au lieu qu’unechose contingente est déterminée à pré-sent d’une maniéré, un instant après d’uneautre, & passe par de continuels chan-gemens.

11 faut bien prendre garde à ne pasconfondre la nécessité d’estence avec celled’existence. Pour que la derniere ait lieu ,il faut que l’étre néces'aire ait en soi-même la raison suffisante de son existence.La possibilité nécessaire des essences n’influeen rien fur leur actualité. Un homme n’e-xiste pas, parce qu’il répugneroit à l’hom-me de ne pas exister ; mais 'dêtre nécessaire ,c’est-à-dire Dieu , existe parce qu’il estDieu,«St qu’il impliqueroitqu’il n’existâtpas.

NECESSITANT , adj. ( Théologie. )terme dogmatique qui contraint & quiôte la liberté. Ainfi , s’il y avoit une grâcenécejfitante , la créature n’auroit plus demérite ,• si la grâce pouvoit manquer soneffet, elle ne seroitplus efficace: c’estparquelque tour de main particulier, que n usn’avons pas encore bien saisi que factionde Dieu sur la créature a son effet assurésans nuire à la liberté.

NECESSITE , f. f. ( Métaphysique. )Nécessité , c’est en général ce qui rend Jecontraire d’une chose impossible , quelleque soit la cause de cette impossibilité.Or , comme ^impossibilité ne vient pastoujours de la même source , la nécejjitén’est pas non plus par-tout la même. Onpeut considérer les choses, ou absolumenten elles-mêmes, & en ne faisant attentionqu’à leur essence ; ou bien on peut lesenvisager sous quelque condition donnéequi, outre l’essence, suppose d’autres dé-

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terminations qui ne font pas un résultatinséparable de l’essence , mais aussi qui nelui répugnent point. De ce double pomtde vue résulte une double nécejsite ; Issueahsolue , dont le contraire implique con-tradiction en vertu de l’estence même dusujet j ì’autre hypothétique ^qui ne fondel’impossibilité que sur une certaine con-dition. Il est absolument nécessaire quele parallélograme ait quatre côtés, & qu’ilsoit divisible par la diagonale en deuxparties égales : le contraire implique entout temps , áucune condition ne íauroitle rendre possible. Mais si ce parallélogra-me est tracé fur du papier , il est hypo-thétiquement. nécessaire qu’il soit tracé ,la condition requise pour cet effet ayanteu lieu : cependant il n’impliqueroit pasqu’il eût été tracé fur du parchemin, oumême qu’il ne l’eût point été du tout. Lacertitude, l’infaillibilité de l’événementsuivent de la nécejjité hypothétique , toutcomme de la nécejjité abíblue.

On confond d’ordinaire la nécejjité avecla contrainte : néanmoins la nécejjité à'êtrehomme n’est pomt en Dieu une contrain-te , mais une perfection. En effet la né-cessité , selon M. de la Rochefoucault ,différé de la contrainte , en ce que lapremiere est accompagnée du plaisir & dupenchant de la volonté , & que la con-trainte leur est opposée. On distingueencore dans l’école , nécessité physique &nécessité morale, nécessités. mple & nécessitérelative.

La nécessité physique est le défaut deprincipes ou de moyens naturels nécessai-res à un acte , on l’appelle autrement im-puissance physique ou naturelle.

Nécessité morale signifie seulement unegrande difficulté , comme celle de se dé-faire d’une longue habitude. Ainsi onnomme moralement nécessaire ce dont lecontraire est moralement impossible , c’est-à-dire , sauf la rectitude de faction ; aulieu que la nécessité physique est fondéesur les facultés & fur les forces du corps.Un enfant , par exemple , ne sauroitlever un poids de deux cens livres, celaest physiquement impossible ; au lieuque la nécessité morale n’empêche pointqu’on ne puisse agir physiquement d’un©L 1111 z