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Tome vingt-deuxième.
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peuplée de nations rougeâtres tk basanéesde mille nuances, se termine vers le pôleantarctique par un cap & des îles habitées ,dit-nn , par des géans. Si l’on en croit desrelations de plusieurs voyageurs,on trouveà cette extrémité de l’Amérique une raced’hommes dont la hauteur est presque dou-ble de la nôtre.

Avant que de sortir de notre continent,nous aurions pu parler d’une autre especed’hommes bien dífférens de ceux-ci. Leshabitants de Fextrémité septentrionale ffel’Europe sont les plus petits de tous ceuxqui nous font connus. Les Lapons du côtédu nord , les Patagons du côté du midiparoissent les termes extrêmes de la racedes hommes.

Je ne finirois point si je parîois des ha-bitans des îles que l’on rencontre dans lamer des Indes, & de celles qui font dansce vaste Océan , qui remplit l’intervalleentre l’Asie & l’Amérique. Chaque peu-ple , chaque nation a fa forme comme falangue ;& la forme n’est-ellepas une especede langue elle-même, & celle de toutesqui le fait le mieux entendre ?

Si l’on parcouroit toutes ces îles, ontrouveroit peut-étre dans quelques-unesdes habitar.s bien plus embarrastàns pournous que les noirs, auxqueis nous aurionsbien de la peine à refuser ou à donner lenom à’hommes. Les habitans des forêts deBornéo dont parlent quelques voyageurs,si restemblans d’ailleurs aux hommes , enpenfent-ils moins pour avoir des queues desinges ? Et ce qu’on n’a fait dépendreni du blanc ni du noir dépendra-t-il dunombre des vertèbres ?

Dans cet isthme qui sépare la mer duNord avec la mer Pacifique , on dit qu’ontrouve des hommes plus blancs que tousceux que nous connoiííòr.s : leurs cheveuxseroient pris pour de la laine la plus blan-che ; leurs yeux trop foibles pour la lu-mière du jour , ne s’ouvrent que dansl’obscurité de la nuit : ils sont dans le genredes hommes ce que font parmi les oiseaux,les chauves-Curis & les hibous.

Le phénomène le plus remarquable & laloi la plus constante fur la couleur des ha-bitants de la terre ) c’est que toute cette !

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large bande qui ceint le globe d’orient enoccident, qu’on appelle la ^one torride ,n’est habitée que par des peuples noirs, oufort basanés : malgré les interruptions quela mer y cause , qu’on la suive à traversl’Afrique , l’Asie & l’Amérique ; soit dansles îles , soit dans les continens, on n’ytrouve que des nations noires ; car ces hom-mes nocturnes dont nous venons de parler,& quelques blancs qui naissent quelque-fois , ne méritent pas qu’on faste ici d’ex-ception.

! En s’éloigtìant de l’équateur, la cou-leur des peuples s’éclaircit par nuances;

, elle est encore fort brune au-delà dnTropique , & l’on ne la trouve tout-à-fait blanche que lorsque l’on avance danxla zone tempérée. C’est aux extrémités decette zone qu’on trouve les peuples lesplus blancs. La danoise aux cheveux blondséblouit par fa blancheur le voyageurétonné: il ne sautoir croire que l’objecqu’il voit & l’Afriquaine qu’il vient devoir soient deux femmes.

Plus loin encore vers le nord & jusquedans la zone glacée, dans ce pays que lesoleil ne daigne pas éclairer en hiver , u àla terre plus dure que le soc ne porte au-cune des productions des autres pays ; dansces affreux climats, on trouve des teintsde lis & de roses. Riches contrées dumidi, terres du Pérou & du Potosi, for-mez l’or dans vos mines , je n’irai pointl’en tirer ; Golconde , filtrez le suc pré-cieux qui forme les diamans & les rubis ,ils n’embelliront point vos femmes , &sont inutiles aux nôtres. Qu’ils ne ferventqu’à marquer tous les ans le poids & lavaleur d’un monarque imbécille, qui ,pendant qu’il est dans cette ridicule ba-lance , perd ses états & fa liberté.

Mais dans ces contrées extrêmes où toutest blanc & où tout est noir , n’y a-1-ilpas trop d’uniformité , & le mélange neproduíroit-iî pas des beautés nouvelles?C’est fur les bords de la Seine qu’on trouvecette heureuse variété dans les jardins duLouvre ; un beau jour de l’été, vous verre ztout ce que la nature peut produire demerveilles.

Tous ces peuples que nous venons deparcourir, tant d’hommes divers son c-ils