NE G
sortis d’une rnéme mere ? II ne nous est paspermis d’en douter.
Ce qui nous reste à examiner, c’estcomment d’un seul individu il a pu naîtretant d’especes si différentes ? Je vais ha-sarder sur cela quelques conjectures.
Si les hommes ont été d’abord tous for-més d’œuf en œuf, il y auroit eu dans lapremiere mere des œufs de différentescouleurs qui contenoient des suites innom-brables d’œufs de la même espece , maisqui ne dévoient éclore que dans leur ordrede développement après un certain nombrede générations, & dans les temps que laprovidence avoit marqué pour l’originedes peuples qui y étoient contenus ; ilne i’eroit pas impossible qu’un jour la fuitedes œufs blancs qui peuplent nos régionsvenant à manquer , toutes les nationseuropéennes changeassent de couleur ;comme il ne seroit pas impossible aussique la source des œufs noirs étant épuisée,PEthiopie n’eût plus que des habitansblancs. C’est ainsi que dans une carrièreprofonde , lorsque la veine de marbreblanc est épuisée , l’on ne trouve plus quedes pierres de différentes couleurs qui sesuccèdent les unes aux autres. C’est ainsique des races nouvelles d’hommes peu-vent paroitre fur la terre, & que les an-ciennes peuvent s’éteindre.
Si l’on admettoit le système des vers,si tous les hommes avoient d’abord étécontenus dans ces animaux qui nageaientdans la semence du premier homme , ondiroit des vers ce que ncus venons de diredes œufs : le ver , pere des ne grès , con-tenois de vers en vers tous les habitansd’iithiopie ; le ver I)arien, le ver Hot-tentot & le ver Patagon avec tous leursdefeendans étoient déja tous formés, &dévoient peupler un jour les parties dela terre où l’on trouve ces peuples. VenusPhysique.
D’autres physiciens ont recherché avecbeaucoup de foin la cause de la noirceurdes negres ; les principales conjecturesqu’ils ont formées fur ce sujet se rédui-sent à deux , dont l’une attribue la causede la noirceur à la bile , & l’autre à l’hu-meur renfermée dans les vaisseaux dont
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le corps muqueux est rempli. Voye\Corps muqueux.
Malpighi, Ruiích , Litre , Sanctorini,Heister & Aîbinus ont fait des recherchescurieuses fur la peau des negres.
Le premier sentiment sur la noirceurdes m grès est appuyé de toutes ces preuvesdans un ouvrage intitulé , Dissertation furia causiephysique de la couleur des negres ,&c. par M. Barrere , Paris 1741 , in-11.Voici comment il déduit son hypothèse.
Si après une longue macération de lapeau d’un negre dans l’eau, on en détachel’épiderme ou surpeau, & que l’on l’exa-mine attentivement , on le trouve noir,très-mince , & il paraît transparent quandon le regarde à-travers le jour. C’est ainsique je l’ai vu en Amérique , & que l’aremarqué auffi un des plus savans anato-mistes de ncs jours, M. Winflou... Ontrouve par la dissection du cuir , propre-ment dit, ou la peau avec tout l’appa-reil , comme les mamelons cutanés & lecorps réticulaire d’un rouge noirâtre. Ilest donc évidemment démontré que lacouleur des negres n’est pas , pour ainsidire, une couleur d’emprunt, & par con-séquent la couleur apparente de l’épi-derme n’est pas en eux celie du corpsmuqueux , selon le langage de quelques-uns , ou du corps réticulaire , ainsi qu’onl’avoit cru jusqu’ici, c’est donc de sonpropre tissu que l’épiderme ou la surpeaudans les negres tient immédiatement dela couleur noire Disons de plus que l’épi-derme dans les negres étant naturelle-ment d’un noir transparent, sa couleurdoit devenir encore plus foncée par lapeau qui est placée au-desiòus, qui estd’un rouge brun approchant du noir. Maisl’épiderme des mores, comme celui desblancs, étant un tissu de vaisseaux, ilsdoivent nécessairement renfermer un suc,dont l’examen appartient à la questionprésente. On peut dire avec quelque fon-dement que ce suc est analogue à la bile,& l’observation paraît appuyer ce senti-ment ; i°. j’ai remarqué dans les cadavresdes negres que j’ai eu occasion de dissé-quer à Cayenne , la bile toujours noirecomme de l’encre ; P 3 • qu’elle était leplus ou moins noire à proportion de la