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poë'te. Ovide fait venir le mot de ne-nies du grec viiatov , dernier > parce queces cíi an t s croient les derniers qu’on fai-fost en l’honneur du mort. Mais Acronprétend que ce mot nœnia fut inventépour exprimer , par fa prosodie longue &traînai.te , le son triste & dolent , soitdes chanteuses , foi t des flûtes qui fer-voient non-íeulement à accompagner lesvoix , mais encore à marquer les tems oules pleureuses publiques dévoient fe frap-per la poitrine tn cadence.
Ce mot vient du grec mut , fur quoiScaliger observe qu’il devroit s’écrire enlatin nenia & non nœnia. Guichard re-marque qu’o n entendoit autrefois nœ-nia une efpece de chant dont les nourricesfe fervoient pour bercer & pour endormirles enfans ; & il conjecture que ce motpourroit venir de l’hébreu nin , enfant.
La déesse Nœnia , qui prélidoit auxfunérailles, étoit particulièrement hono-rée à celles des vieillards. On ne commen-çoit à l’invoquer que lorsque le maladeentroit à l’agonie- Elle avoir un petittemple hors les murs de Rome.
NENUPHAR , nymphœa , f. m. {Hisi.nat. Bot. ) genre de plante à fleurs enrose , composée de plusieurs pétales dispo-sés en rond. Le pistil fort du calice &devient dans la fuite un fruit rond ouconique , qui est divisé en plusieurs loges,& qui renferme des semences le plus sou-vent oblongues. Tournefòrt, inji. rei herb.Voye[ Plante. (/)
Nous ne connoiííonsen Europe que deuxefpeces de ce genre de plante aquatique ,le nénuphar à fleur blanche , & le nénu-phar à fleur jaune.
Le nénuphar à fleur blanche, nymphœaalba major ,, I. R. H. 2.60 , a la racinevivace, longue , grosse comme le bras ,garnie de nœuds de couleur brune en de-hors , blanche en-dedans, charnue , fon-gueuse , empreinte de beaucoup de sucvisqueux , attachée au fond de seau dansla terre par plusieurs fibres ; elle poussedes feuilles grandes, larges, la plupart or-biculaires , échancrées en cœur ou en ferà cheval, épaisses, charnues , nageant furla surface de l’eau , veineuses, d’un verdblanchâtre fur 1@ dos, d’un verd brun en
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dessous , ayant chacune deux petites oreil-les obtuses, d’un goût herbeux assez fade:ces feuilles font soutenues par des queueslongues , greffes comme le doigt d’un en-fant , cylindriques, rougeâtres , tendres,succulentes, fongueuses.
Ses fleurs font grandes , grosses , largesquand elles font épanouies , à plusieurspétales diípofées en rose , belles, blan-ches comme du lis, presque fans odeur;elles font renfermées dans un calice ordi-nairement à cinq pétales bíancheâtres ,rangées en rose & à fleurons : leur milieuest occupé par des étamines nombreusesqui partent de la jointure circulaire &extérieure de l’ovaire & du placenta.
Lorsque la fleur est passée , il paroît unfruit sphérique ressemblant à une tête depavot, partagé dans fa longueur en plu-sieurs loges remplies de semences oblon-gues , noirâtres , luisantes, un peu plusgrandes que du millet.
Cette plante est toute d’ufage en mé-decine ; il paroît qu’elle est d ? une naturenitreuse , parégorique , apéritive «Sc raf-fraìchissante. On ne la cultive point dansles jardins : elle croît naturellement dansles marais , dans les eaux croupissantes ,ou dans les ruisseaux qui coulent lente-ment , & dans les grandes pieces d’eau ;elle fleurit en Mai «St en Juin , quelque-fois jufqu’en automne. Ray pense que lenénuphar du Breíil â fleur blanche , dé-crit par Margrave , ne fait pas une efpecedifférente du nôtre.
Le nénuphar â fleur jaune, nymphœalutea major , I. R. H. 261 , ne différépresque du blanc que par la fleur, qui estjaune & plus petite.
Quant aux nymphœa étrangers , desfavans éclairés dans la Botanique , & laconnoissance des mouvemens antiques,ont découvert que la plante qu’on voit furquelques médailles d’Egypte, n’est autrechose que la nymphœa , qui est fort com-mune dans les campagnes arrosées par leNil. La fleur de cette plante est de toutesses parties celle qui fe remarque le plusordinairement fur les monumens égyp-tiens , ce qui vient du rapport que ces peu-,'pies croyoient qu’elle avoit avec le soleil,,â l’apparition duqpel elle se montroit d’a-'