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Tome vingt-deuxième.
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comment auroit-on trouvé trois membresde division dans un principe qui n’admetque deux parties contradictoires ?

La vérité est donc qu’on a confondu lesidées , ôi qu'il falloit eifyifager les verbesconcrets sous deux aipects généraux , qui enauroienc fourni deux divisions différentes.

La premiere division , fondée sirr la na-ture générale de ['attribut auroit donné lesverbes aéfifs, les verbes passifs, ôi les ver-bes neutres: la seconde, fondée fur la ma-niéré dont ['attribut peut être énoncé dansle verbe, auroit donné des verbes absolustk. des verbes relatifs , selon que le sens enauroit été complet en soi, ou qu'il auroitexige un complément.

Ainsi amç ôi curro sont des verbes actifs,jrarce que ['attribut qui y est énoncé est uneaction du sujet : mais amo est relatif, parceque la plénitude du sens exige un complé-ment , ppifque quand on aime , on aimequelqu’un ou quelque chose ; au contrairecurro est absolu, parce que le sens en estcomplet, par la raison que faction expri-mée dans ce verbe ne porte son effet fur au-cun sujet différent de celui qui la produit.

Anior ôi pereo sont des verbes passifs ,farce que les attributs qui y sont énoncéssont dans le sujet des impressions indépen-dantes de son concours : mais arr.or est re-latif, parce que la plénitude du sens exigeyn complément qui énonce par qui l'onest aimé ; au contraire pereo est absolu, parla raison que l'atrribut passif exprimé dans.ce verbe est suffisamment connu indépen-damment de la cause de l'impreísion. Voy.Kelatif.

Les verbes neutres sont efìentiellementabsolus , parce qu’exprimant quelque étatdu sujet, il n'y a rien à chercher pour celajhors du sujet.

Les .Grammairiens ont encore porté bienplus loin l'abus de la qualification de neutrea l'égard des verbes , puifqu'on a mêmedistingué des verbes neutres-aclifs & desgerbes neutres-pajfifs, ce qui est une véritableantilogie. 11 est vrai que les Grammairienspont pas prétendu par ces dénominationsdésigner la nature des verbes, mais indiquer

Í itriplement quelques caractères marqués deM çonjugaiso».

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“ De ces Verbes neutres, dit l'abbé de» Dangeau ( opusc. pag. i8j. ) , il y en a» quelques-uns qui forment leurs parties» composées... par le moyen du verbe» auxiliaire avoir : par exemple , j’ai couru ,<> nous avons dormi. Il y a d'autres verbes» neutres qui forment leurs parties com-» posées par le moyen du verbe auxiliaire» être ; par exemple , les verbes venir , ar-» river ; car on dit , je fuis venu , &c non» pas j'ai venu ; ils font arrivés , & non» pas ils ont arrivé. Et comme ces ver-» bcs font neutres de leur nature , ôi» qu'ils fe fervent de l'auxiliaire être qui" marque ordinairement le passif, je les» nomme des verbes neutres - paffifs . , .» Quelques gens même font allés plus loin,„ Sc ont donné le nom de neutres-aclifs aux» verbes neutres qui forment leurs temps» composés par le moyen du verbe avoir ,» parce que ce verbe avoir est celui par ie-- moyen duquel les verbes actifs, comme» chanter , battre , forment leurs temps» composés. C’est pourquoi ils disent que» dormir , qui fait f ai dormi ; étçrnuer ,» qui fait f aì éternité , sont des verbes neu~» tressaclifs ».

Sur les mêmes principes on a établi !amême distinction dans la grammaire latine,si ce n'est même de.-là q.u'elle a passé.dans lagrammaire francoifé : on y appelle verbesneutres-aclifs ceux qui sc conjuguent à leursprétérits comme les verbes actifs ; dormio tdormivì , comme audio , audìvi : ôi l'on ap-pelle au contraire neutrespassifs ceux qui feconjuguent à leurs prétérits comme les ver-bes paffifs , c'est-à-dire , avec 1 auxiliairefum & le prétérit du participe ; gaudeo ,gavifus fum ou fui. Voy et Partjcipe.

Mais outre la contradiction qui íé trouveentre les deux termes réunis dans la me-me dénomination , ces termes ayant leurfondement dans la nature intrinsèque desverbes, ne peuvent servir, fans inconsé-quence ôi fans équivoque , à désigner ladifférence des accidens de leur conjugaison,S’il est important dans notre langue de dis-tinguer ces différentes efpeces, ii rye semblequ'il suffirait de réduire les verbes à deuxconjugaisons générales , l’une où les prété-rits sc formeraient par l'auxiliaire avoir , ôCsoutire où ils prendraient siau^fíliairç //re;