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dre se trouvant campé à la source du fleuveIndus, il crut que c'étoit celle du Nil ,. 8cil en eut une joie infinie. Ptolomée Phila-delphe, un de íès successeurs, porta la guerreen Ethiopie , afin de pouvoir remonter cefleuve. Lucain fait dire à César qu’il seroittrop heureux de voir le lieu où le Nil prendsa íòurce.
Nihil est quod noscere malim
Quàmstuvii causasper fcecula tarua latentis,
Jgnotum caput.
Néron plein du même désir, envoya desarmées entieres pour cette découverte ; maisle rapport qu'on lui fit détruisit toute espé-rance de succès. La source du Nil demeuraton; ours inconnue jusqu'a u milieu du derniersiecle : cette source , si long - temps & siinutilement cherchée parles anciens, paroîtêtre , lelon M. de Lille, à 1 de latit. sep-tentrionale en Abyssinie.
On attribue communément cette décou-verte aux jésuites Portugais ; il est certainqu'ils en envoyerent les premiers à Romedes relations vers le milieu du dernier siecle,&c le P. Tellez les mit au jour dans son his-toire de la haute Ethiopie , imprimée à Conim-bre en i66i. Ce fleuve sort par deux sourcesdu haut d’une montagne de la province deSabala, qui est dans le royaume de Goyau;il descend de P Abyssinie, traverse les royau-mes de Sennar, de Dangola, toute la Nubie& l’Egypte, dans laquelle il porte la fécon-dité , en l'inondant régulièrement au moisde juin ou d'aoùt.
Le cours de cette ri viere est d’environ r y oomilles, presque toujours du midi au septen-trion ; il se partage un peu au-deísous duCaire en deux bras , qui vont Pun à Pest &Pautrc à Pouest , 8c tombent dans la Médi-terranée à environ cent milles de distance.Il n'y a point d'autres branches du Nil navi-gables à présent, que celles de Damiete &de Rosette. Tant que ce fleuve est renfermédans ion lit ordinaire, il ne paroît pas pluslarge que la Tamise Pest à Londres ; 8c dansla saison la plus sèche de Pannée, il estguéable. en beaucoup d’endroits. Il a , dansla partie supérieure de son cours, plusieurscataractes, <sù Peau tombe en nappes d'unegrande hauteur avec un bruit prodigieux ;
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mais dans la balle Egypte il coule fort len-tement , & on y navige fans peine.
Le Nil reçoit en Ethiopie les eaux d'ungrand nombre de rivières &c de torrens queforment les pluies abondantes qui tombententre l'équateur & le tropique avant & aprèsle solstice : ces pluies font la feule cause desdébordemens réglés du Nil ; débordemensqui arrivent tous les ans à peu-près au mêmetemps, mais avec quelques inégalités, parcequ'ils dépendent du concours de diversescirconstances physiques qui ne se trouventpas toujours réunies de la même façon.
La couleur des eaux du Nil qui change autemps des crues, a fait croire qu'elles étoientalors chargées d'une très-grande quantité delimon : on a évalué cette quantité fur desobservations grossières, à un dixieme duvolume de Peau. Une observation plusexacte faite par un voyageur anglois ( M.Shaw ) , la réduit à ríê > mais il resteroitencore à s'asiurcr de la nature de ce qui de-meure après l'évaporation de Peau : est-ceune véritable terre composée de particulesfixes, capables de s’unir avec le terrain 8cd’en augmenter la malle ì est-ce une matièrequi íe dissipe par Paction du soleil, & quipuisse être absorbée par Pair ? (Pest un pointqu'on n'a pas encore examiné. Le lecteurpeut consulter sur la crue du Nil 8c ses inon-dations , les Mém, de V Acad. des Belles-Let -tres , & 1‘art. suivant. {D. J.)
§ NIL , ( Géogr. Hist. nat. Phyfiq. ) M.Richard Pokoke, savant Anglois, dans sesvoyages en Orient, publiés en 6 vol. 1771 ,réduit à peu de chose ces fameuses catarac-tes du Nil , qui, félon Cicéron , assourdis-soient les gens du pays. La plus petite, sui-vant cet auteur, n'a que trois piés de hau-teur. La deuxieme , qui serpente autourd'un rocher, en peut avoir douze. Lorsqueles bateaux sont arrivés fur ce rocher , Peaules entraîne , fans qu'ils courent aucun dan-ger. La troisième , vers le nord-est , peutavoir cinq piés. Quant à ces cataractesprodigieuses dont les anciens ont parlé ,M. Pokoke regarde ce qu'on en dit commeune fable.
Il paroît en effet que , si les anciensavoient connu PAmérique & la chute duNiagara , on nùiuroit pas tant parlé des ca-taractes du Nil. Il est vrai aussi quePAngloís