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Tome vingt-deuxième.
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qui tourne perpétuellement fur elle-mèmed'occident en orient ; par ce mouvement,la rencontre de l’air doit produire cet effet.La rotation de la terre de Pouest à l’est doitnous faire sentir un vent continu de l’est àl'ouest, su r-tout entre les deux tropiques.Ce vent réglé charrie devant les vapeursqu’il rencontre, elles s'épaissiffent de jouren jour ; elles s’accumulent à la rencontredes montagnes de la Cochinchine , desIndes, de PArabie , de PAbylíìnie ; ellesforment enfin des nuages épais qui , parleur frottement contre les montagnes Sc parla chaleur supérieure qui les raréfie , se ré-solvent en une pluie continuelle qui dure ,dans cette partie septentrionale de la zonetorride , depuis mai julqu'en septembre.

La troiíieme cause provient des vents hé-sitas ou de nord , qui soufflent du nord ausud en Egypte , Se qui arrivent périodique-tnent vers là mi-mai : on les attend pourehaííer ceux du sud qui brûlent Sc infectentí'Egypte pendant avril. Ces vents du nordenfilent les canaux du Nil, arrêtent ses eaux,suspendent son cours. La mer enflée par cesvents continuels , éleve ses flots, repousseles eaux du Nil, aulieu de les recevoir: ilse fait alors une efpece de flux qui est fansï.etour. Cette barre formée par les vents été-

jsiens, prévient de quelques jours l'arrivée desgrandes eaux qpi descendent de PAbyíTîniedes autres contrées de la zone torride , oùjl n’a ceffé de pleuvoir. Ces inondationscommencent donc par la suspension deseaux du Nil, occasionnée parîes vents : leprogrès de ^inondation fe manifeste aucom-jnencement de juin , 8c fa crûe étant de i %pies, ce qui arrive le a# ou 29 juin , on l’an-jionce au Caire au cri public : alors on ou-vre les thalis ou digues de terre qui sermenti'entrée des canaux d u Nil ; comme lespluies de la zone torride continuent, & queîe vent du nord ne cesse point de souffler ,les inondations augmentent tous les jours.Enfin , parvenues à leur plus grande hau-teur , elles se maintiennent dans cet état|ufqn'à l'équinexe d’aqtomne, qu'elles com-fnencent à décroître , parce que la saisonpluviale de la zone torride est passée. Le Niljrentre en son lit, on jette le blé fur le limon f&C on y passe la herse ey novembre ? Sc au|»tjnççînj suivant on soit la récoítf,

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La quatrième cause font les cataractessituées sous le tropique du cancer, aux con-fins de la haute Egypte. Des rochers escar-pés , d’une hauteur prodigieuse , formentcetre cascade dont le bruit des eaux fc faitentendre à plus de trois lieues. Les monta-gnes bordent le Nil , & ne laissent d'inter-valle entr'elles Sc lui que de cinq à six lieues.Les montagnes vers la Lybie s'étendent de-puis les cataractes jufqu’àla mer, Sc laissententr'elles Sc le fleuve une plaine fertile devingt â trente lieues de largeur. Enforte queces montagnes retiennent l’eau de tous côtés,qui ne peut s'échapper que par la Méditer-ranée ; mais les vents du nord qui soufflentalors avec violence , s’oppofent à son passa-ge , enflent la mer Lc font une quatrièmedigue qui ferme la porte aux eaux qui des-cendent continuellement de l’Ethíopie,Ainsi lc Nil ne pouvant s'évacuer dans lamer , ni s’érendre à droite ni à gauche , Scencore moins du córé de ses sources , par^interposition des cataractes , fe répandalors dans I'Egypte,

Mais les pluies d'au-delà du tropique ve-nant à cesser au commencement de septem-bre , dans la partie septentrionale de la zonetorride , Sc les vents étésiens fe tournanttout-à-coup du nord au sod, la digue for-mée par la mer fe dissipe Sc permet aux eauxqui couvrent I'Egypte de s'écouler.

Ainsi , il faut donc que les vents du nordsoufflent, que les eaux viennent de la zonetorride, qu'il y air des cataractes qui em-pêchent le fleuve de refluer vers fa source,que les vents alises soufflent d'orient en occi-dent ; enfin, que le cours du Nil soir dirigédu sud au nord , qu'il traverse le tropique.Les choses ainsi disposées, le prodige s'éva-nouit ; les crues deviennent indispensables :on recannoît un jeu, un mécanisme natu-rel de l'eau , des vents & de la terre quiconcourent pour rendre fécond ôc abondantun lieu qui fans cela feroit demeuré inculte& inutile.

Quant à l’origine du Nil, elle fut tou-jours inconnue aux anciens. Les cataractesde ce fleuve - à I’entrée 8c au dessus de l'E-gypte > ies déserts affreux, .les forêts qu'orçtrouve en le remontant, la férocité despeuples qui en occupent les bords, étoienr< gutans