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Tome vingt-deuxième.
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imc cruehce de blancs d’œufs, ce qui coûteà I’Hôtel-Dieu 6 fols la pinte , ou de la collede poisson, ou une certaine dose de vinaigreou d’alun.

On y ajoute une bardée d’eau qui fait laquatrième, en plusieurs fois, afin de fairesurmonter la graille Sc bordure qui s'écri-ment soigneusement ; Se après en avoir biennettoyé la superficie,en sorte qu’il ne reste plusd’écume , on tire auíïï- tôt le salpêtre, Se onle met tout-d’un-coup dans des bassins où onle laifíè congeler pendant cinq ou six jours,après quoi on place les bassins fur des tréteauxpour les faire égoutter fur des recettes, &beau qui en provient fie jette encore une foisdans la chaudière pour la faire bouillir jus-qu’à ce que le sel se produise au fond, & quela fonte soit parfaite.

Il s’en tire 15 ou 20 livres , quelquefoisplus, ce qui n’a point de réglé ; la raison decela est que quand on a travaillé le salpêtrebrut avec soin , Se que bon a tiré beaucoupde sel dans cette premiere fabrication , il nes’en peut pas trouver dans le rafinage.

C’est dans ces deux premieres cuites-làque bon tire tout le sel qui peut être dans lesalpêtre , car il se fait encore une troisièmecuite de la même maniéré que la précédente:mais aux eaux de cette derniere il ne doitpoint se trouver de sel, Se quand il s’y entrouve , c’est que le salpêtre est mal rasiné.

De la premiere cuite sort le salpêtre brut.

La seconde produit le salpêtre appelle dedeux eaux.

La troisième fait le salpêtre de trois eauxen glace.

Si bon veut mettre le salpêtre en roche ,on le fond sans eau ,8c si tôt qu’il est fondu,on le tire Se on le laistc refroidir.

Il y a des gens qui mettent leurs blancsd’œufs en deux fois, leur cruche est de huitpintes , ils en mettent les deux tiers dans laseconde cuite , Se l’autre tiers dans la troi-sième , après les avoir battus avec un petitbalai 8c délayés avec de beau petit à petit.

A la rafinerie de Paris l’on use 18 pintesde blancs d’œufs par jour fur cinq milliersde salpêtre , ce qui fait 5 liv. 8 lois de dé-pense par jour.

Voilà tout ce qui peut regarder la fabri-cation du salpêtre.

On prétend que le salpêtre étant rasiné ,

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diminue d’un peu plusd’unquart; par exem-ple , un cent de salpêtre brut ne rendra que72 livres de salpêtre rasiné de deux fontes derafinage , 8c le reste fera sel, graisse , sable& boue.

La bonne qualité du salpêtre est d’êtredur , blanc , clair , Se transparent, biendégraissé Se bien purgé de sel.

11 est à desirer qu’on laisie le salpêtre sixmois 8c même un an , s’il se peut, sur desplanches exposées au nord,Se qu’on le retournede temps en temps pour le bien faire sécher,8c pendant ce temps lui donner lieu de le dé-charger du reste de la graisse que le rafinagen’a pu lui ôter entièrement, Sc dont l’airdissipe une partie.

Pour connoître si les salpêtres sont gras ousalés , il en faut faire brûler Sc mettre unepoignée fur une planche de chêne , Sc poserun charbon ardent dessus ; si en brûlant ilpétille , cela marque le sel ; Sc s’il est pesantSc que le feu ait de la peine à s’élever, 8cque l’on voie un bouillon épais, cela marquela graille ; Sc quand il est de bonne qualité ,qu’il n’est ni gras ni salé , il jette une flammequi s’éleve avec ardeur 8c qui consume lesalpêtre, ensorte qu’il n’y reste qu’un peude blanc qui est le fixe du salpêtre. S. Remy,Traité d*artillerie.

Ce que sauteur appelle un peu de blancd'œuf est la base alkaline ou alkali fixe dunitre , vulgairement appellé nitre fixé, dontil sera question plus bas.

Dans la fabrique de salpêtre de Montpel-lier Se dans toutes celles du bas Languedoc ,on lessive les terres 8c gravois lans mélange ;on concentre allez considérablement la les-sive qu’on en retire , Sc on la fait ensuitepasier à travers une couche épaiste de cen-dre de tamarisc qui ne contient pas un atomed’alkali fixe, comme l’a démontré M. Mon-tet, célébré chimiste de la société royale desSciences.

Dans plusieurs fabriques Sc notammenten Allemagne, on emploie de la chaux viveconjointement avec les cendres dans la pré-paration du salpêtre.

Le suc ou la décoction de toutes les plan-tes qui donnent de l’alkali fixe de tartre parl'incinération , étant putréfié ou dégraissépar la chaux vive , selon le procédé de M.Boulduc, Académie royale des Sciences Z 73 4,