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donne du nitre parfait, & plusieurs mêmede ces sucs ou décoctions étant convenable-ment rapprochés, fans avoir été précédem-ment dégraissés par la chaux Sc fans avoirsubi la putréfaction, en donnent abondam-ment , & cela dans quelque terrain qu’ellesaient crû Sc végété. Ces deux assertions sontdémontrées ou du moins démontrables,malgré la prétention contraire du célébréStahl ; Sc quant à ce qu’un célébré chimistemoderne (M. Baron , notes fur Lemery )avance , savoir que le sel elsentiel de quel-ques plantes est un tartre vitriolé, ou dusel commun , 1 expérience, les recherchesde détail apprennent que le tartre vitrioléest extrêmement rare , c’est-à-dire en infini-ment petite quantité, dans un infinimentpetit nombre de plantes ; que le sel marin s’ytrouve à la vérité assez communément, maisavec le nitre , Sc avec le nitre presque partout dominant, Sc qu’on ne l’a point encoreobservé seul ou sans nitre.
Si ce qu’on nous rapporte du salpêtre desIndes est vrai, c’est-à-dire qu’on le ramastetout formé, voilà un nitre naturel, un nitrede houstage très-parfait.
Tout le nitre de houstage que i’ai vu , &j’en ai vu beaucoup, & en divers lieux, étoitdu nitre parfait : je ne sai même st du nitrede houstage , c’est-à-dire cristallise , à baseterreuse, est possible ; ou plutôt les proprié-tés de cette efpece de nitre observées jus-qu’à présent, prouvent que son efflorescen-ce, sa cristallisation spontanée est impos-sible. Quant à la base alkali - volatilequ’on voudroit lui supposer , on peut har-diment avancer que , malgré les expérien-ces de M. Lemery le fils , une pareille basen’est rien moins que démontrée mêmedans quelque petite portion du nitre crudou naturel.
On ne trouve que très-peu de nitre dansl’intérieur de la terre. Si des expériencesultérieures démontroient un peu de nitredans certaines pierres, quelques couches demarne , de glaise, &c. à plus de 50 piés deprofondeur, &c. st on ne peut douter d’a-près les expériences de M. Margraf ( Mém.de Berlin iy$ 1 ) que quelques eaux de puits,& d’après mes propres expériences , quequelques eaux minérales ne contiennent unpeu de nitre , cela ne prouve rien contre
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cette assertion générale , savoir que le lieupropre du nitre , ou du moins fa source pro-pre , légitime, essentielle est la surface de laterre. La rareté Le la paucité de ce sel dansles entrailles de la terre , aussi-bien que lafacilité avec laquelle il peut y être porté pardiverses causes accidentelles, concourent àétablir cette vérité.
Les chimistes modernes ne daignent pluscombattre la chimere du nitre aérien. Latrès-petite quantité du nitre que M. Mar-graf a trouvée dans l’eau de pluie , où cechimiste a découvert aussi du sel commun& une terre subtile, ne prouvent ni un nitreaérien , ni un sel comme aérien , ni uneterre comme aérienne ; ils indiquent seule-ment très-vraisemblablement que l’eau éle-vée dans l’atmofphere peut volatiliser avecelle une très-foible quantité de ces subs-tances. Les aimans apposés au nitre dansles lieux exposés à l’influence très-librede l’air , Sc d’ailleurs isolée ou n’ayantpoint decommunication’avecd’aucres sour-ces observées du nitre , n’en ont jamais at-tiré un atome.
Nul chimiste n’a retiré juíqu’à présent dunitre des substances animales , quoiqu’ilparoisse hors de doute que les animaux quivivent entièrement ou principalement devégétaux , doivent recevoir de ces alimensune bonne quantité de nitre Sc de nitre par-fait. Tout ce qu’avance fur ce point Le-mery le fils dans ses mémoires fur le nitre( Acad. royale des Sciences IJIJ ) n’est fon-dé que fur des raisonnemens ,,sur des pré-tentions. Son nitre à base volatile ou selammoniac nitreux animal n’est rien moinsque démontré même dans l’urine Sc les ex-crémens, tant des hommes que des brutes,qui sont cependant les matières qui paroissent concourir le plus efficacement & leplus généralement à la formation du nitre.Mais il faut convenir aussi que les expé-riences par lesquelles on pourroit définiti-vement établir ou nier l’existence de cetêtre , n’ont pas été tentées , du moins pu-bliées , quoique ces expériences soient sim-ples , faciles, & qu’elles puissent être dé-monstratives.
Nous pouvons, en attendant, du petitnombre de faits que nous venons de rap-porter, i°, conclure raisonnablement lux