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contre ion ordinaire , tout ce qui est vrai,tout ce qui est démontrable sur cette matiè-re , ou du moins qu’il ne reste , d’après ladoctrine de cet auteur fur le nitre, qu’à éten-dre & perfectionner, on seratrès-étonné que1 endroit saillant, le morceau le plus sublime,le plus philosophique de Glauber, chimiste,en général très-célebre, ait été si parfaitementoublié , que lorsque les chimistes les plusinstruits, M. Baron , par exemple, parlentde la préexistence d’un nitre tout formé dansles plantes , ils appellent ce dogme le systè-me de M. Lemery le fils , au lieu de la doc-trine de Glauber ; & qu’au contraire la par-tie honteuse de la chimie de Stahl, fa doc-trine fur l’origine du nitre , & celle fur l’ori-gine de l’alkali fixe , qui dans la bonne doc-trine est essentiellement liée à la précédente( Voy. Tartre , Sel de & Sel fixe ), aientété généralement accueillies : car on peutassurer que ce très-grand Stalh a vraimentsommeillé fur ces deux objets, lui qui en adéveloppé avec tant de sagacité & de géniede bien plus cachés ; & son autorité d’ail-leurs si respectable , a tellement arrêté lesprogrès de la vérité , & masqué même celleque Glauber , de Restons, Lemery le fils,M. Bourdelin , &c. Voy. Mím. de l'acad. desScienc. avoient dévoilée , que les dogmesdes chimistes modernes fur 1 origine du nitrefont devenus depuis quelque temps de plusen plus superficiels, vains , gratuits, &c.que fans contredit ce qui est contenu à cesujet dans les nouvelles vérités de M. Justi,est marqué à ce coin , & plus encore ladissertation de M. le D. Pietsch, qui a rem-porté le prix de l’académie de Berlin , en1749 , & les pensées du même auteur fur lamultiplication du nitre. J'osè assurer aucontraire qu’un très-grand nombre (^expé-riences que j’ai faites dans le laboratoire defeu M. le duc d’Orléans , la plupart d’aprèsles vues de Glauber , ont toutes concouru àétablir la doctrine de ce chimiste ; & pro-mettre avec confiance d après ce travail,que j'achcverai , peut-être un jour , un sys-tème complet & démontré sur toutes lessources du nitre , fur fa formation ou sonabord, accejfus , aiventits , dans ses matri-ces ordinaires , & enfin fur les diverses ma-nœuvres employées dans fa fabrication , furje prétendu amendement ou réanimationTome XXII,
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des terres déjà lessivées, &c. protestant hau-tement que toutes ces manœuvres font laplupart vaines, mal entendues, ou au moinsimparfaites ; & que de tous les arts chimi-ques nul ne peut recevoir plus immédiate-ment que la fabrique du salpêtre , des cor-rections & des perseâionnemens prompts &utiles de la science.
4 0 . Enfin , il doit paroître singulier queles chimistes qui ont méconnu 1 origine dunitre , & qui ont enfanté des hypothèsespour expliquer fa génération dans l’atmossphere, ou dans la terre, aient parfaitementnégligé de s’occuper en même temps de laformation du sel commun, qui accompagnele nitre presque toujours. Cette société esttoute simple dans le vrai système ; les végé-taux contiennent ces deux sels à peu-prèsdans la même proportion que celle dans la-quelle on les retrouve dans les cuites.
Le salpêtre le plus rafiné , le salpêtre dela troisième cuite, le salpêtre le plus purque fournissent les atteliers , n’est encoreastez pur, ni pour pouvoir en faire une ana-lyse exacte, ni pour les travaux chimiquesréguliers, ou pour les usages pharmaceuti-ques. On le purifie donc dans les laboratoi-res des chimistes, & dans les boutiquesdes apoticaires, dans la vue d’en séparer unpeu de sel marin , & un reste d'eau-mere,qu on y trouve toujours mêlés. Pour ceteffet, on dissout le nitre dans de l’eau com-mune , ou dans de l’eau distillée , si , pourcertaines expériences très-délicates on sepropose l’exactitude la plus sévere ; maisordinairement dans de l’eau de rivière , oude fontaine ; on filtre la dissolution , & onla fait cristalliser, selon l’art, voye ^ Cris-tallisation. Par cette opération , le sal-pêtre se sépare exactement du sel marin ,parce que ces deux sels ne cristallisent pasdans le même temps ; le nitre se présenteseul dans les premières cristallisations , par-ce qu’il est très-dominant. On peut, lors-qu’après avoir séparé beaucoup de nitre ,le sel marin & le nitre restant sont dans uneproportion bien différente , faire bouillirla liqueur restante des premier es cristalli-sations ; alors le sel marin, par la propriétéqu’il a de cristalliser même dans l’eau bouil-lante , dès que la juste proportion de soneau de dissolution commence à lui man-N n n n n 11