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Tome vingt-deuxième.
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l’origine du nitre , que les végétaux íéuls lefournissent manifestement ; que la terre ,ou le régné minéral n en fournit point ;que Pair n en contient point ; & qu’il estdouteux que les substances animales, queles excrémens mêmes des animaux en con-tiennent. Cette conclusion, cette vérité doitprécéder toutes les instructions qu’on vou-drait tirer des lieux d’où on retire vulgai-rement le nitre , 8c Pinfíuence que les ex-crémens des animaux semblent avoir fur fagénération. Il faut f admettre, & examinerensuite si cette influence des matières ani-males est nécessairement matérielle , si ellesconcourent comme apportant dans les ma-trices quelles imprègnent le nitre ©u fesmatériaux ; ou bien si elles ne fervent pasuniquement 8c toujours de simple instru-ment ; par exemple , en excitant 8c entre-tenant une putréfaction qui dégage le nitrecontenu dans les substances végétales, étantconnu bailleurs que la putréfaction excitéesponte 8c fans ferment animal dans les subs-tances végétales, dégage très-effîcacementle nitre embarrassé dans les sucs végétaux8c éminemment dans l 'extrait , 8c le corpsdoux. Voye^ Extrait , Chimie , & Doux ,Chimie.

z°. Etre assurés qu’il existe évidemmentdeux efpeces de nitre naturel ; fçavoir , lenitre parfait à base alkaline-tartareufe , ousalpêtre proprement dit , & le nitre à baseterreuse, qui se retrouve dans l'eau mere desj'alpétreries , fans compter ls nitre cubique quiexiste aussi naturellement dans quelquesplantes. Tirer de cette vérité , comme uncorollaire manifeste, Y anéantissement de cettebelle théorie, reçue de tous les chimistesmodernes fur l’ufage des cendres qu’ils sup-posent fournir une base saline, fans laquellenul nitre parfait , & qui auraient bien dû ,su moins, être employées en assez grandequantité , pour qu’il ne restât point d’eau-merc : car, pour rapprocher de cette consé-quence les vérités d’où nous la déduisons,puisque les plantes dont les sucs , les matiè-res solubles par l'eau, putrescibles, soit parelle-mêmes , soit par le secours du fermentanimal , & abondamment répandues dansìes matrices communes du nitre ; puisque cesplantes, dis-je, contiennent un nitrg parfait,puisque le nitre de houssage est un nitre psr-

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fait ; enfin , puisque dans tout le bas-Lan-guedoc , 8c peut-être ailleurs, 8c peut-être àParis même, ( car la cendre du bois neufqu’on brûle à Paris pourrait bien être peualkaline ) on fait du salpêtre parfait, toutétant d'atlleurs égal , fans employer dans lafabrique un atome d'alkali, i! se trouve queles Chimistes qui ont admis de la chaux dansle nitre , parce qu'on employoit la chaux àfa préparation dans les fabriques qu ils con-noisioient ; 8c que ceux qui y admettraientdu blanc d'eeuf, d'après la manœuvre deParíenal de Paris , où on en emploie à laclarification d'une des lessives ; que les uns& les autres , dis-je , diraient une choseaussi raisònnablé que ceux qui connoislantles faits allégués , soutiendraient encore laprétendue imperfection du nitre crud , &son changement de base dans la fabrique.Ce n'est pas qu’il ne puiííê y avoir du nitrecrud , qui, en passant à-travers des cendresaíkalines soit précipité , 8c prenne une basésaline ; mais il n’est pas prouvé que celasoit ; il n’est pas fur que les Salpétriers deMontpellier aient plus d’eau-mere que lesSalpétriers de Paris.

3 °. On peut encore conclure de tout ceci,8c loríqu’on saura que indépendamment desChimistes qui ont tiré le nitre de Pair , 8cde ceux qui Pont regardé comme une subs-tance propre au régné minéral, 8c de pre-mière création ; de célébrés Chimistes , unSthal, fe font livrés à des spéculations em-barrassées pour composer le nitre dans lesmatières pourrissantes par la combinaisonde l’acide universel, soit répandu dans la ter-re , soit attiré de Pair avec les matièresphlogistiques , sulphureo-pingues , existanten abondance dans les matières putresci-bles 8c développées , atténuées , evolutae ,tenerius fubaclœ , par Paction même de laputréfaction, aclu ipfo putrefaclorio , Stahl,opusculum. fragmenta queedam ad. hifi. nat.nitri , cap. u j ; on pourra , dis-je , concluredes - faits ci-dessus exposés, 8c de cet énoncéde la théorie de Stahl qui est la dominanteaujourd’hui, que c’est véritablement ici oùces hommes , d’ailleurs très-habiles, se sontembarrassés dans les entraves qu’tls se sont eux-mêmes forgées. Et quand on fauta encoreque Clauber, antérieur à cette théorie ima-ginaire j a écrit clairement & positivement,

contre