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Tome vingt-deuxième.
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ment un niveau d’eau à fioles , qui est ungrand tuyau de fer-blanc d’un pouce degrosseur , & de quatre piés de long, ( voye[nos PI. ) soutenu dans ion milieu par deuxliens de fer , & par une douille. Au mi-lieu , & aux deux extrémités , font sou-dés trois bouts de tuyaux qui fe commu-niquent , &c dans lesquels on met des fiolesde verre du même diamètre qui y fontjointes avec de la cire ou du mastic. Onremplit le tout d’une eau rougie avec duvinaigre ou du vin , pour qu’elle puissemieux fe distinguer de loin.

On a perfectionné cet instrument enécartant d’environ deux lignes le tuyau dumilieu de Malignement des autres, ce quisert de pinules & dirige beaucoup mieuxle rayon visuel.

Pour établir cet instrument fur le ter-rein , on met dans la douille qui est des-sous le tuyau, un bâton pointu que sonfiche en terre, ôc on assure le niveau leplus droit qu’il est possible, en le poin-tant du coté où doit se faire le nivelle-ment. Il y a même des instrumens où ily a un plomb dessous peur le mettre par-faitement droit, d’autres où il y a un ge-nou avec trois douilles, ce qui facilite dese retourner de tous sens , fans déplacerl’instrument. Quant à la maniéré d’opéier,voye\ Nivellement. (X)

NIVELLE, (Géog.) petite ville desPays-Bas autrichiens , dans le Brabantwallon , diocèse de Namur. On l’entourade murailles l’an izzo : elle est remarqua-ble par son abbaye de chanoinesses , fillesnobles , qui peuvent sortir & se marier.Elles s’habillent le matin en religieuses ,& l’après-dînée en séculières : on nommeleur abbesse, la princejje de Nivelle. Sa no-mination, appartient au souverain , aprèsque les chanoinesses lui ont présenté troissujets de leur corps. Jean de Nivelle , donton fait tant de contes, n’est autre chosequ'un homme de fer au haut d’une tourauprès de l’horloge de la ville , ôc quisonne les heures avec un marteau. Nivelleest à cinq lieues de Bruxelles , sept deNamur, & à neuf de Louvain. ll y a com-me dans les autres villes du Brabant, peude peuple > ôc nombre de couvens. Long.%i. 54, lat. £0. 36. (D.

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Nivelle (la) Géog.Hijl. beau châteauen Bourgogne , à demi-lieue de Saint-Jean-de-Lône ôc cinq lieues de Dijon : nous n’enparlons ici que pour rapporter un trait depatriotisme digne de passer à la postérité.

Le général Galas , à la tête d’une formi-dable armée, entra en Bourgogne , où ilprit ôc brûla presque tous les bourgs ôc vil-lages le long de la Saône, en i6;6 ; vou-lant s’assurer un passage fur cette riviere ,il vint mettre le siégé devant Saint-Jean-de-Lône.

Gérard-Jacquot du Magni, baron d’Ef-barres, ôc Claude-Jacquot de Tremont sonfils, quittèrent leur château de la Nivelle ,& vinrent s’enfermer dans Saint-Jean-de-Lòne pour aider à le défendre. Quelquesamis représonterent à ce vieillard vénérable,qu’il devroit du moins soustraire à ce périléminent un fils d’un âge encore tendre , leseul héritier de son nom ôc de ses grandsbiens, en l’envoyant dans un lieu de sûretéjufqu’à ce que l’orage fût passe: mais cegénéreux vieillard les regardant de travers ,leur reprocha la lâcheté de ce conseil : " oui,» dit-il, je plongerois mon épée dans le>, cœur de mon fils, si je fa vois qu’il eût la» moindre part à cette démarche : ni lui» ni moi ne pourrons jamais trouver une» plus belle occasion de servir la patrie , &» de verser notre sang pour la défense d’une» ville d’où dépend le salut de la Bourgogne» ôc le destin de la France

En effet les braves du Magni rendirent degrands services pendant le siégé, ôc animè-rent la garnison & les bourgeois par leursexemples & leurs conseils. Le pere se fitporter fur la breche , où assis dans un fau-teuil , il tiroit fans cesse contre l’ennemi,ayant à ses côtés des domestiques occupés kcharger continuellement ses armes. DeTremont, son digne fils, payoit de fapersonne dans les occasions les plus périlleu-ses. Enfin soutenus par la valeur de 400habitans, ils forcerent une armée de 80000hommes, qui avoir livré inutilement troisassauts, dont le dernier dura quatre heures,à lever le siégé & à se sauver dans les bois& prairies inondées par la Saône , où il et*périt un grand nombre. On trouva dansleur camp quantité d’armes ôc de charrettes.1 à essieu de fer, chargées de grains ôc ds