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Tome vingt-deuxième.
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douze parties annulaires & angulaires, cha-que anneau étoit recouvert d’une piece hori-zontale de couleur brune 8c comme crusta-cée. Ce ver a , ainsi que les chenilles, neufstigmates de chaque côté : il a deux anten-nes & en devant de la tête deux dents lon-gues, courbes 8c déliées. Cetiníecte marchefort lentement ; il s’aide de son derriere dansfa marche. M. Géer ignore ce qu il mange,mais il l J a entretenu en vie fur de la terrefraîche , où il avoir mis de l'herbe & quel-ques feuilles de différentes plantes , ayantremarqué qu’il devenait foible Le languis-sant quand il le laisiòit manquer de terrefraîche. Cet insecte est fort pacifique &craintif ; dès qu’on le touche , il retire latête, se met en boule & reste long-tempsimmobile. Nous en avons nourri deux ainsipendant quatre mois.

íd. Géer sachant qu’ordinairement cesvers luisans femelles u’ont point d’ailes,croyoit ce ver dans ion état de perfection ,c’est-à-dire , qu’il n’avoit ni à changer defigure, ni à muer ; mais il observa que cever , après avoir resté quelque temps fur ledos, íe changea en une véritable nymphe.Dès qu’ii se fut dégagé de sa vieille peau,la nymphe se courba le corps en arc , 8cperdit par la fuite tout mouvement : elle ade particulier, qu J elle ressemble beaucoup àla figure du ver ; & qu’immédiatement aprèsle changement de peau , elle peut mouvoirla tête, les antennes 8c les jambes. Cettenymphe, dès le soir même , répandit unelumière vive , brillante, ayant une teinted’un beau vert.

Cette remarque oblige de se détacher del'idée de galanterie où l’on étoit que cetéclat lumineux étoit un phare allumé quiservoit à attirer le mâle quand il voltige dansles airs, puisque cet insecte brille dans sonétat d’enfance, dans son état dé véritablever ou larve, & même après qu’il a pris laforme de nymphe , temps où il ne pourroitprofiter des caresses du mâle attiré par cesignal amoureux. ílíaut donc croire que cettelumière que répandent les vers luisans, doitleur servir à un usage qui nous est inconnujusqu’à présent. Toujours paroît-il que cetinsecte a la faculté de luire quand itveut, &de faire disparaître sa lumière quand bon lui

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semble ; soit en se roulant,® soit en se con-tractant. ,

M Te 2.4 de juin , 14 jours après fa trans-formation à l’état de nymphe, le ver se retirade sa peau de nymphe , 8c marcha ensuitede côté 8c d’autre. Dans cet état, ce ver estpropre à la génération : il ne doit plus subirde métamorphose. La figure qu’il a au sortirde la nymphe, a beaucoup de ressemblanceavec celle qu’il avoir d’abord, mais avec descaractères différens. Ce ver est alors pluspetit : il est réduit de douze lignés à neuf;au lieu de douze anneaux, il n’en a plusqiTonze : la forme des trois premiers an-neaux , que l’on peut regarder comme lecorselet, a changé; le corselet en-dessous estd’une couleur de rose très-agréable; la tête,les antennes & les jambes font bien diffé-rentes de ce qu’elles étoient auparavant : ilsfont d’une figure ordinaire à celle de beau-coup de scarabées 8c d’autres insectes quiíont parvenus à leur dernier état. Le deílousdes trois derniers anneaux du corps de cetinsecte est d’un blanc jaunâtre : c’est de-làque part sa lumière. Dans ce dernier état, ila beaucoup plus d’éclat que dans les précé-dens. Dans le jour il se cache fous les feuil-les : à l’approche de la nuit il marche çà 8clà, 8c c’est alors qu’il répand une forte lu-mière à volonté , elle est semblable à l’éclatd’une belle opale. Sur le deílous du dernieranneau, 011 voir seulement deux grandestaches latérales, lumineuses: car le mis euen est obscur, ou fait paraître fort peu delumière : ainsi leur éclat lumineux paroîtdépendre d’une liqueur située à l’exrrémitépostérieure de l’insecte , 8c la preuve quecette lumière dépend d’une matière phos-phorique , c’est qu’on peut écraser l’animal,8c quoique mort 8c défiguré, brisé, il restesur la main une substance lumineuse qui neperd ion éclat que loríqu’elle vient à íè deíle-cher. Telle est l’histoire du ver luisant.

Dans les belles nuits d’été, les eaux de lamer brillent & étincellent fous les coups desrames. Ces points lumineux, que l’on peutappeíler vers luisans de mer , & qui quelque-fois paraissent comme des traînées de feudans les eaux de la mer, íont occasionnéspar des animaux très-petits , d’une confis-tance très-molle, formés d’anneaux, avecPpppppi