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quelle jouit des débets de la campagne ,qu’elie se plonge dans les voluptés. Pris dansce dernier sens, ils ont également, commedansfautre, leurs différences & leurs déli-catesses particulières : alors le mot de pla,fìrz plus de rapport aiix pratiques personnelles,aux usages & aux paíle-temps : tels que latable , le j en , les spectacles & les galante-ries. Celui de délices en a davantage auxagrémens que la nature , sart & fcpulencefournissent ; telles que de belles habitations,des commodités recherchées , & des com-pagnies choisies. Celui de voluptés désigneproprement des excès qui tiennent de lamollesle, de la débauche & du libertinage,recherchés par un goût outré,assaisonnés par1 oisiveté , & préparés par la dépense , telsqu’on dit avoir été ceux cù Tibère s’aban-donnait dans file de Captée , & les Syba-rites dans les palais qu’ils avoient bâtis lelong du fleuve Crathès. Girard. [D. J.)
Plaisir. , ( Morde. ) Le plaisir est unsentiment de lame qui nous rend heureuxdu moins pendant tout le temps que nousle goûtons ; nous ne saurions trop admirer,combien la nature est attentive à remplirnos désirs. Si par le seul mouvement elleconduit la matière , ce n’est aussi que parle plaisir qu’elle conduit les humains ; elle apris foin d’attacher de l’agrément à ce quiexerce les organes du corps fans les aftoiblir,à toutes les occupations de î’esprit qui nes épuisent pas par One trop vive & trop lon-gue contention , à tous les mouvemens ducœur que la haine & la contrainte n’cmpoi-sonnent pas, enfin à l’accomplissement denos devoirs envers Dieu , envers nous-mêmes, & envers les autres hommes. Par-courons tous ces articles les uns après lesautres.
i°. I! y a un agrément attaché à ce ouiexerce les organes du corps > fans les affoi-blir. L’aversion que les enfans ont pour lerepos , justifie que les mouvemens qui nefatiguent point le corps, font naturellementaccompagnes d une forte de plaisir ; la chastea d’autant plus de charmes ridelle est plusvive i il n’est guere pour de jeunes person-nes de plaisir plus touchant que la danse ;& la sensibilité au plaisir de la promenade seconserve même dans un âge avancé, elle«c s’emouste guere que par la toibkíìb du
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corps.Les couleurs caractérisent les objetsqui s’ossrent à nous; celle du feu est la plusagréable, mais à la longue elle fatigue lavue ; le ver d fait une impression douce Scjamais fatiguante ; le brun & ie noir font descouleurs tristes. La nature a réglé l’agré-ment des couleurs , fur le rapport de leurforce à ì’organe cle la vue ; celles qui exer-. cent davantage, sontles plus agréables, tantqu’elles ne le fatiguent point ; aussi les ténè-bres deviennent-eîles pour nous une sourced’ennui, dès qu’elleslivrent les yeux âl’inac-tion. Les corps après s’être annoncés parlescouleurs , nous frappent agréablement parleur nouveauté & leur singularité : avides desentimens agréables, nous nous flattons d’enrecevoir de tous les objets inconnus qui sepresentent à nous : d’ailleurs leur trace n’.estpoint encore formée dans le cerveau ; ils fontalors fur ses fibres une impression douce quis’assoiblit, dès que la trace trop ouvertelaisse un chemin libre aux esprits ; la gran-deur & la variété font encore des causesd’agrément. L’immensité de ía mer, cesfleuves qui du haut des montagnes se préci-pitent dans les abîmes , ces campagnes oùla vue se perd dans la multitude des tableauxqui s’offrent de toute part: tous ces objetsfònt fur famé une impression dont l’agré-ment se mesure fur fébranlement des fibresdu cerveau : une autre source féconde d’a-grémens , c’est la proportion , elle met àportée de saisir & de retenir la position desobjets. La íimétrie dans les ouvrages desart, de même que dans les animaux & dansles plantes, partage s objet de la vue en deuxmoitiés semblables, & fur ce fond , pouramsi dire , d’uniformité , d’autres propor-tions doivent d’ordinaire y porter sagré-ment de la variété , la convenance desmoyens avec leurs fins, à la ressemblanced’u n ouvrage de fart avec un objet connu,funité de cìestèin : fous ces différons rap-ports , la nature les a revêtus d’agrément,ils mettent feíprit à portée de saisir &: deretenir ce qui se présente à nos yeux. L’Ar-clutí cture , la Peinture , la Sculpture , ladéclamation doivent à cette loi une partiede leurs charmes ; de cette même sourcenaît en partie f agrément attaché aux grâcesdu corps; elles consistent dam un. juste rap-port des mouvemens à ia fin qu’on s'y pro-