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Tome vingt-sixième.
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ohìigé de s’y arrêter parce qu’íls font de-venus crasseux , & par conséquent piusétroits qu’ils iVetoient ; alors le suc quicontinue de monter de la racine, s’imbibepeu-à-peu dans les trachées que l’on peutappeler les poumons des plantes , il en inter-romps le commerce de Pair ; & la circu-lation étant interceptée , ces arbres fontsuítoqués'S; meurent, par la même raiíonque les animaux qu’on étouffe.

Daris les pays cìiaudsja trop grande abon-dance de seve produit au bout des branchesdes arbres que for. taille en buiflon, des tu-meurs d’une substance spongieuse qui se.carie facilement ; & ces arbres en portentbien moins de fruit. Si l’on coupe du boisplus qu’ii ne faut aux arbres à haute tige,ils donnent peu de fruit, parce que la sevetrop abondante par rapport au bois qu elledoit nourrir, ne fait que pousser de nou-velles branches, au lieu de faire fleurir lesv'eiiles, dont les vaisseaux font plus diffi-ciles à pénétrer ; ainsi le grand secret dansla culture des arbres fruitiers, c’est de necouper que les branches qui se croisent, &qui les rendroient difformes : mais les mainsdémangent aux curieux.

La langueur & la mort de plusieursplantes montrent bien que le suc nourri-cier commence à leur manquer. Les feuillesne jaunissent, ne se fanent & ne tombenthors de leur saison , que faute de nourri-ture ; soit qu’elle leur soit dérobée par lespetits vers qui s’y attachent, soit que le malvienne des racines: ces parties perdent p.eu-à-peu leur ressert; elles sc carient, sechan-cisseot, & leurs couloirs sc remplissent d’uncertain limon , qui empêche la filtration dessucs propres pour les autres parties. Si lesracines se carient, le fumier de vache oude cochon les rétablit & arrête la carie,de même que le storax liquide arrête la gan-grené des animaux. Si elles font chaudes ,il faut les bien laver dans 1 eau claire , pourdétacher & entraîner tous ces^ petits filetsde moufle qui commençoient a s’y nourrir.

Quant au limon qui fait le relâchementdes fibres , & ensuite des obstructions , leterreau & h fiente de pigeon y remé-dient. La cendre de vigne, la chaux , lafiente de poule & de pigeon , mêlées avecla terre qui couvre les racines des oliviers

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& des orangers paresseux, les excitent âfleurir & â porter des fruits : mais cessortes de remedes ne conviennent pas àtoutes fortes de plantes. L’urine , seau dechaux , seau du fumier un peu trop forte,les couches même trop chaudes, dessèchent& brûlent, comme l’on dit, le chevelu desracines.

II seroit trop long de parler ici de lamauvaise quaiicé de la lève , qui vient dudéfaut des terres , cette discussion deman-deroit un traité d’agriculture raisonnés ;mais il y a un vice qui rend les plantesstéiiles dans les meilleurs fonds, c’est quandle suc nourricier devient si gluant, qu’ilne sauroit circuler, ni faire développer'les parties qui doivent paroître successi-vement les unes après les autres.

La squilie, l’oignon portant laine, lesespeces d’aloës , & plusieurs plantes grasses,fleurissent avec beaucoup plus de facilitédans les pays chauds, parce que la terreleur fournit un suc assez maigre, que lachaleur fait couler aisément ; au lieu quedans les pays froids, ce suc est gluant, &devient comme une espece de mucilage ,qui ne sauroit faire sortir les tiges du fondde leurs racines. Le seul remede est d’é-lever ces sortes de plantes fur couche &dans des terres sablonneuses.

Malgré cette précaution , les oignonsqui viennent des Indes ne fleurissent qu’uneseule íois dans ce pays-ci , parce que lajeune tige qui est dans le fond de la ra-cine sc trouve assez développée avant letransport pour .pouvoir s’élever & s’épa-nouir ; mais après cela le suc nourricierqui devient trop gluant, n’a pas la forcede faire développer le jeune embryon quiest dans le cul de l’oignon , & qui ne de-vroit paroître que dans un an.

La plupart des narcisses & des jacinthesdont on coupe les feuilles après que leurfleur, est passée, ne fleurissent pas bienTannée d’après. II semble que le suc glai-reux quj étoit en mouvement dans les ra-cines de ces plantes, & qui passoit à Tor-dinaire dans les feuilles, í'e décharge furla jeune tige qui est au fond de la racine ;il s’imbibe, il s’épaiísit, il se fige dans ceCembryon, & Tempêche de se développerau printemps,