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Andronic lui-même par une îettre qn’il lui |écrivit, datée de Viterbe , du 5 de Juin14 61. II parle de I’ouvrage cPApostoliuscomme d’un livre rempli d’injures & de ca-lomnies ; & de celui d’Andronic avec degrands éloges.
Andronic , Péripatéticien sage & modé-ré , envoya l'écrit d’Apostolats avec fa ré-ponse au cardinal Befl'arion, protecteur desPlatoniciens , se soumettant entièrement àce qu’il plairoit au cardinal de décider sot-ies questions proposées. Beííarion , aprèsavoir lu & examiné avec attention ces deuxnouvelles pieces, condamna Apostolius, &approuva fort les réponses d’Andronic. Ona dans un manuscrit de la bibliothèque duroi de France , deux lettres de même datefur ce sujet, toutes deux de Beííarion. La
f jrentiere adressée à Andronic , n’est que'enveloppe de la seconde , qui est fortample & adressée à Apostolius ; elle estdatée des bains de Viterbe, le 19 Mai 1462.M. Boivin l’a donnée toute entiere, enFrançois d’abord , & ensuite en grec & enlatin. Elle contient d’excellentes leçons tou-chant la vénération que l’on doit avoir pourles grands hommes qui ont inventé ou per-fectionné les Arts & îes Sciences , & sur-tout pour ceux dont la réputation est enquelque façon consacrée par l’approbationconstante de tous îes fiecles.
_ Comme fa longueur nous empêche del’insérer ici toute entiere , nous nous con-tenterons d’en rapporter quelques traits parlesquels le lecteur pourra juger du reste.** Ce n’est point, dit-il, par des injures ,m c’est par des raisons solides & convain-,, cantes que l’on doit défendre ses amis ,„ & combattre ses adversaires ». II le cen-sure ensuite d avoir maltraité ThéodoreGaza. « J’ai soufTrt avec peine que vous» accusassiez d’ignorance un homme auffi?, savant que Test Théodore. Mais, ajoute-7ì t-il , que vous ayez traité auffi indigné-es ment Aristote même , Aristote notre’> guide &: notre maître en teut genre d'é-M rudition ; que vous ayez osé lui dire des» injures grossières, le nommer ignorant,« extravagant , ingrat , & l’accuser de
j> mauvaise foi.je ne crois pas qu'il y
}} ait d’audace pareille à celle-là. Je vou-drois, ajoute le cardinal, lorsque Plé-
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,, thon attaque Aristote, lorsque d’autrSr» attaquent les deux princes des Phdofo-,, plies ( Platon & Aristote) , je vondrois,» dis-je > que cela se fît avec toute la» modération qu’Aristote a gardée lors-» qu’il a contredit ceux qui l’avoient pré-» cédé.... & nous qui, en comparaison» de ces grands hommes, ne sommes que» de très - petits personnages , nous», avons la hardiesse de les traiter d’igno-» rans, & de les railler d’une maniéré in-» civile. ... en vérité, cette conduite est», bien étrange Lc bien inienste ». II íeroità souhaiter qu’on répétât souvent ces leçonsde respect pour les grands hommes.
Dans le temps que cette lettre fut écrite,GémistePiéthon étoit extrêmement vieux,& demeuroit dans le Péloponèse où il s’é-toit retiré depuis plusieurs années. Songrand âge , & le crédit de Scholarius sonennemi, qui étoit devenu patriarche deConstantinople , ne lui permettoit pas dedéfendre fa cause auffi vivement qu’il sa-voir fait dans le commencement. Cepen-dant ses ennemis mêmes, ou le craignoientencore , ou le respectoier.t. A peine fut-ilmort, qu’ils se déchaînèrent auffi-tôt contrePlaton & contre lui. George deTrébiícndepublia en latin : comparaison de Platon &d’Aristote, cotr.paratio Plaîonìs & Arif.otelis,Vtnet . 152.3 , in- 8°. II ne se peut rien deplus amer & de plus violent que cet ouvrage ;c’est, dit M. Boivin, un déluge de bile ,& de la bile la plus noire , contre Platon &ses défenseurs.
Un écrit de cette nature ne pouvoir man-quer de faire beaucoup de bruit chez lesPlatoniciens ; auffi le cardinal Beííarioncrut devoir le réfuter dans un traité quiparut à Venise en 1516 , in-jol. & qui estdivisé cn quatre livres.
Ce fut dans ce temps-lá que l'suvrsge dePiérhon fut censuré par Gennade, à causedes impiétés & du paganisme dont ce pa-triarche prétendoit qu’il étoit rempli. L’ou-vrage de Pléthon , condamné par Gennade,etoit intitulé en grec traité des lois, entrois livres. L’auteur se proposoít d’y don-ner une théologie conforme à celle de Zo-roastre & de Platon ; une morale philoso-phique & stoïcienne ; un plan de républiqueformé sur celui de Lacédémone, adouci pas-