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les Latins, les Grecs, les Arabes & lesJuifs avoient écrit de la Philosophie. ílsut presque toutes les langues. L’amour del’étude & du plaisir abrégèrent ses jours.Il mourut avant l’âge de trente-deux ans.
Alors la Philosophie prit une nouvelleface. Voye{ ? article de la PHILOSOPHIEen général.
Platonisme, subst. m. {Théologie.)ce terme désigne , en Théologie , la doc-trine de Platon & des Platoniciens , d’aprèslaquelle les Anti-rrinitaires prétendent quele dogme de la Trinité a été transportédans le Christianisme. II importe de les en-tendre parler eux-mémos pour être en étatde les combattre : voici donc en abrégé lamaniéré dont ils établissent leur opinion.
On peut , disent-ils, ramener au dogmechrétien de la Trinité Tidce de Platon tou-chant les trois principes qu’il semble ensei-gner. Les philosophes payens n’ont pointagité de question plus importante que cellede savoir si le monde est éternel ; mais aprèsde longues méditations, les plus sages d'en-tr’eux conclurent de la contemplation del’univers , qu’il n’y avoit qu’un être toutsage & tout puissant qui put avoir cons-truit un ouvrage si admirable. Platon étoitde ce nombre ; ne concevant pas que l’ori-gine du monde fut due à la rencontre for-tuite des atomes , il comprit que c’étoit laproduction d’une profonde sagesse. Maiscomme il appréhendoit le fort de Socrate,ïl enveloppa cette vérité fous des fictions, &n’ofant s’opposer à Terreur publique, il per-sonnifia la Raison du créateur, la Sagejjé, saFuiQance , & en fit des divinités, pour nepas choquer l’opinion rognante de la plu-ralité des dieux; en un mot, gêné parlasuperstition des peuples , il feignit adroi-tement , pour philosopher en surete, unegénéalogie de dieux , un pere, un fils en-gendré, & un troisième dieu ijfu du pereS? du fils.
Cette philosophie orientale jeta natu-rellement dans l’erreur las premiers chré-tiens qui prirent à !a lettre une chose pure-ment allégorique. Ils cherchoient à tireravantage de toutes les paroles des payens,Su dans cette vue ils leur donnoient sou-vent une interprétation forcée. L’éqwi-yoque des mots peut souvent faire illusion
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à ceux qui n’y réfléchissent pas assez. Ilest sur-tout crês-aisé de se tromper dansl’expiicarion de la doctrine de Platon , quin’est pas claire & distincte , soit que cephilosophe ait voulu être allégorique &mystérieux politiquement, soit qu’i! n’ai-cpas été bien éclairé lui-mátne fur les idéesqu’il falloir se former de la divinité.
Il est arrivé de sa doctrine , disent lesAnti-trinitaires, que quelques peres en-tendant mal ce qu’il a dit du second dieu ,terme par lequel Platon n’entendoit sansdoute autre chose que le monde créé parla sagesse & la toute-puiílance de dieu ,ils sent expliquée du verbe proféré & poulieau-dehors. Delà sont venus leurs termesde génération 6c prolation ; concevant qu’ily a eu un temps auquei le pere n’étoit pointpere, & que le fils a commencé à être fils.Ils se sont aussi persuadés que Platon avoirconnu trois personnes ou trois hypojlafes dela divinité , & ils ont porté dans le Chris-tianisme ces idées de f école de Platon.
II est vrai que les premiers peres n’étoientpoint à l’égard de laTrinité dans le sentimentoù fut i’Egliíe après le concile de Nicée. Ilsconíòndoient tellement la doctrine de l’E-criture avec celle de Platon , qu’i! est biendifficile de séparer leurs subtilités platoni-ciennes d’avec le Christianisme ; cherchantà ajuster la philosophie avec la religion ,ils gâtoient Tune & Iautre. Ils vouíoientéblouir les philosophes, en leur montrantle Christianisme dans Platon , & il est ar-rivé d là, disent encore les Anti-trinitaires,que le Platonisme , qui ne devoit être quel 'ornement de la religion , en devint insensi-blement le fond.
On voit, ajoutent les Sociniens que lesperes n’ont pas tous attaché une significa-tion constante & uniforme aux mêmes ter-mes ; & l'on ne doit pas s’en étonner, puif-qu’on ne s'accorde pas encore aujourd’huifur le sensqu’on doit leur donner. Les unsen voulant sauver la Trinité , ont laisteéchapper l ’unité ; les autres en concevanttrois personnes de !a Trinité comme troissubstances distinctes, semblent constituertrois dieux f-paré;. D’autrcs , pour évitercette erreur , n’ont regarde la dénomina-tion des trois personnes que comme desmodes 6c des attributs.Quandon demande,