a 4 S P L O
pétuellement une pclhcule grise à ía sur-face , qui íe reproduit auíîi - rôt qu’onPa enlevée ; c’est une vraie chaux deplomb , mais elle n’cst que íoiblement pri-vée de son phîogiíìique ; cette chaux estsous la forme d une poudre grise ; íì onJ'expoíè à un leu plus violent elle devientd’u n beau jaune , & íorme la couleur queles peintres nomment majsieot. Si on cal-cine cette chaux au feu de reverbere , elledevient d’un ronge très-vif tirant un peufur le jaune ; c’est ce qu’on appelle le mi-nium ou le vermillon.
Le plomb mis dans un creuset avec partieégaie de soufre se réduit en une poudrenoire , quê l’on nomme plomb brûle, plum-bum ustum. Par cette opération , le plombloin d’être réduit en chaux , comme quel-ques-uns se l’imaginent, devient plus dif-ficile à calciner , car alors ce métal est dansle même état que la matte qui résulte de lapremiere fonte des mines de ce métal.
En faisant fondre de la chaux de plombdans un creuset à grand feu , on obtientune matière semblable à du verre d’unecouleur jaune par ccailles , & qui a peude liaison , c’est ce qu’on nomme de laliiharge ; on obtient auíîi cette matièrepar l’opération de la coupelle.
Si on mêle trois parties de chaux deplomb avec une partie de fable ou de cailloucalciné & pulvérisé, & qu’on mette cemélange en fusion dans un creuset, onaura un verre jaune & transparent, que l’onappelle verre de plomb. Le plomb est un desplus puiflans fondans de la chimie j non-íeulement il entre très-ai sèment en fusionlui-même, mais encore il vitrifie & faitentrer en fusion les autres substances aux-quelîes on le joint ; c’eft a cause de cettepropriété du plomb qu on !§ fait entrer dansles couvertes ou les émaux dont on couvreles poteries & lafayance. Voy e{ FAYANCE& POTERIE. Mais la grande fusibiité duplomb íaîcqu’il perce très-aisémentles creu-sets dans lesquels on le traite dans les four-neaux.
Lorsque le plomb a été mîs dans l’étatd’une chaux , on peut lui rendre fa formemétallique , ou réduire cette chaux , en luijoignant une matière inflammable quelcon-que j telle que de la poudre de charbon ,
P L O
de_ la limaille de fer , du siuf, du fluinoir , t'.'c.
f Le plomb se dissout à l’air ; il y perd sonéclat & se ronge p.eu à peu ; il s’y réduit enune poudre grisàtre;ìa même chose lui arrivedans í eau. Si on fait bouillir ce métal dansde l’huiie , il fe fait une effervescence , &1 huile le dissout ; cette dilïòlution se faitplus promptement, si au lieu de plomb onprend de la iitharge ou du minium , ouquelque autre chaux de ce métal ; par cemoyen l’huile prend une consistance épaisse,qui sert de base a tous les emplâtres de laPharmacie. Cette huile est auíîi d’un grandusage dans ia peinture, où l’on emploie del’huile de lin épaissie par I’ébullition avec laIitharge.
Le plomb fe dissout dans le vinaigre. Si onfait bouillir du vinaigre , & que l’on y jettede la Iitharge, elle s’y dissout avec effer-vescence , & il se précipite une poudreblanche, qui est un sel insoluble, & suivantM. Rouelle , demande 800 parties d’eaupour être mis en dissolution. Si on filtre laliqueur qui surnage à cette poudre, & qu’onla saisie évaporer, on aura un sel en cristauxque l’on appelle Sucre de Saturne.
Des lames de plomb exposées à la vapeuracide du vin aigri que l’on a mis fur desgrappes de raisin , se convertistènt en unepoudre blanche que l’on nomme céntse. Lespeintres font usage de cette substance qujest un vrai sel neutre ; mais cette couleurest sujette à varier avec le temps, & à fegâter.
Si l’on verse de î’alkalx fixe sur une disso-lution de sucre de saturne , il se fera unprécipité que l’on nomme magifiere de sa-
turne.
C est sur la facilité avec laquelle le plombse dissout dans l’acide du vin, qu’eít fondéle secret funeste que mettent en pratiqueun grand nombre de marchands de vin pouradoucir les vins qu’ils voient tirer à l’aigre ;souvent ils remédient à cet inconvénient eny mettant de la Iitharge. De plus les cabare-tiers distribuent ordinairement !c vin dansdes vaifîèaux d’un étain allié avec beaucoupde plomb ; ils font auísi doubler d’une lamede plomb les comptoirs fur lesquels ils me-surent leur vin ; par ce moyen ils distribuentau peuple un poison lent, qui peu-à-peu
détruit