Band 
Tome vingt-sixième.
Seite
249
JPEG-Download
 

P L O

détruit entièrement sa santé. Ces fortes depratiques devroient être rigoureusementdéfendues ; & les contrevenans mérìte-roient d’être traités comme des empoiìon-

neurs publics contre qui le gouvernementn e sauroit sévir avec assez de rigueur. EnAllemagne , & surtout sur les bords duRhin où il croît des vins assez acides, il ya peine de mort contre ceux qui adoucissent& falsifient les vins avec du plomb & de fajitharge. En esset le plomb , surtout quandil est diflòut, est un poison tres-vif, &aucunes de ses préparations ne peuventêtre prises innocemment ; elles occasion-nent des coliques très-dangereufes & tròs-douloureuses, des tremblemens dans lesNerfs , & souvent la mort. Pour recon-Noître si du vin a été falsifié par du plombvu par de la Iitharge , on n’a qu’â yverser quelques gouttes de la dissolution dufoie de soufre arsenical, ou ce qu’on ap-pelle de Vencre de sympathie. C’est une li-queur faite avec une partie d’orpiment &deux parties de chaux vive fur lesquels onverse»cinq ou six parties d’eau bouillante.Voye^ ORPIMENT. Pour peu qu’on versede cette liqueur dans du vin qui a étéfrelaté arec de la Iitharge ou du plomb,d deviendra noir ; s’il n’ensrontient point,fi restera rouge, & ne fera que se trou-bler.

L’acide nitreux agit austi sur le plomb ;mais il faut que cet acide soit étendu dansbeaucoup d’eau ; on fait chauffer le mé-lange ; il se fait une légere effervescence ;en faisant évaporer cette dissolution, onobtient des cristaux en pyramides tron-quées. Ces cristaux distillés à grand feudans les vaisseaux fermés font une dénota-tion très-vive & trés-dangereuse pour celuiqui opéré , comme Kunckel l’a éprouvé.Ouelques chimistes ont prétendu que ce sels ar l a combinaison de l’acide nitreuxOu plomb fournit un moyen de tirer lemercure de ce métal, dauber fàit cettemercurification , en joignant beaucoup deícl âlkâh & dc la chaux vive a ce sel nitreuxuni aux plomb il distille ensuite , & ditd’avoir obtenu de cette façon quelquesgouttes de mercure coulant. M. Grosse deI’académie des Sciences a prétendu tirer !emercure du plomb par un autre moyen ,Tome XXVL

P L O 249

mais M. Rouelle regarde avec raison sonprocédé comme suspect.

L’acide du sel marin versé sur du plombdivisé en petits morceaux le dissout aveceffervescence, & il s’éleve beaucoup devapeurs blanches. Si on met ce mélange endistillation. dans une cornue au bain defable , l’acide du sel marin s’élévera > &entraînera avec lui le plomb, fous la formed’une matière épaisse que l’on appelle leplomb corné ou !s beurre de saturne. C’est unvrai sel qui, si on le fait fondre, se changeen une matière semblable à de la corne.

En faisant bouillir du plomb dans de l’a-cide vitriolique, ce métal en fera dissout.On peut auílì combiner le plomb avec 1 a-cide vitriolique d’une maniéré plus simple ;il n’y a peur cela qu’à verser cet acide furdu sel ou du sucre de saturne , il chasseral’acide du vinaigre, & s’unira en fa placeavec le plomb.

Le plomb s’unit trés-aisément avec lemercure. C’est pour cette raison que quel-ques marchands se servent de plomb pourfalcifier le mercure ; si l’on joint du bis-muth à cet amalgame, il devient plus fluide,au point de passer avec le mercure au-tra-vers d’une peau de chamoi. Voye\ Mer-cure. On sent que le mercure ainsi falsifiépeut avoir des mauvaises qualités que leplomb lui communique.

Telles font les propriétés que la chimiedécouvre dans le plomb; de toutes ses qua-lités M. Rouelle en conciud avec beaucoupde vraisemblance que ce métal approchebeaucoup de la nature des sels, par la faci-lité avec laquelle il se dissout, par sa fusibi-lité , par sa volatilisé & par sa vitrification.

Plusieurs chimistes ont regardé le plombcomme de l’argenf qui n’etoit point encoreparvenu à maturité ; ils se sont fondes furTaffinité singulière qui se trouve entre cesdeux métaux ; en effet il y a presque tou-jours de l’argent dans les mines de plomb ;& d’ailleurs le plomb se charge dans la fu-sion de l’argent qui est joint a d autres mé-taux ; mais ce qui semble encore plus forti-fier cette conjecture , c’est que toutes lesfois qu’on passe du plomb à la coupe^on en obtient de nouvel argent : phénomènequi est constate par une infinité d’cxpé-riences.

Ii