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à i’air ne se corrompit pas, comme Plinel’observe au même lieu.
Quant aux pluies de sang , on est au-jourd'hui bien convaincu qu’il n’y a jamaiseu de pluie de sang ; & que ce phéno-mène ne vient d'ordinaire que d’une grandequantité de certaines especes de papillonsqui ont répandu des gouttes d’un sucrouge , sur les endroits où ils ont passé,ou que ce font seulement de petits puce-rons aquatiques qui se multiplient pendant1 été dans les canaux & fossés bourbeux , enfi grande quantité qu’iîs rendent la surfacede î’eau route rouge. On a bien raison depenser qu’il n’en a pas fallu davantage pourdonner lieu au vulgaire ignorant de croirequ’il a plu d u sang , & pour en tirer toutesfortes de présages sinistres. Mais ces gé-néralités, quoique très-vraies ne suffisentpas aux naturalistes ; ils ont examiné tousces faits attentivement , & ont commu-niqué au public le détail de leurs décou-vertes , dont voici le résultat.
II est très-ordinaire aux mouches, & àtoutes sortes de papillons , tant diurnes quenocturnes, qu’après s’étre dégagés de leurenveloppe de nymphe & de chrysalides,& que leurs ailes se sont déployées & af-fermies , au moment qu’ils se disposent ìvoler pour îa premiers fois , ils jettentpar la partie postérieure quantité dffiu-meurs surabondantes, dont la sécrétions’esì faite lorsqu’ils étoient encore en nym-phes & en chrysalides. Ces humeurs neressemblent en rien aux excrémens de ces 'iraectes , elles font de différentes couleurs,& il y en a très-souvent de rouges parmi lespapillons diurnes : telles font, par exemple,celles de la petite chenille épineuse qui vit’en société sur sortie.
Les chenilles de ces papillons & d’autres,quand elles doivent subir leurs change-ment s’écarter.t de la plante qu’elles ha-bitent » & se suspendent volontiers auxmurailles lorsqu’il y en a dans le voisinage.C’est ce qui a fait qu’on a trouvé contre lesmurailles ces taches rouges qu’cn a prisesautrefois pour des gouttes de pluie de sang.
M. de Peirese efí:, 6 je ne me trompe,le premier qui s’est donné la peine d'exa-miner ce phénomène ; & au mois de juilletde Pan 16o8, on assura qu’il éroit tombé une
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pluie de sang. Ce récit le frappa , & l’en-gagea à ne rien négliger pour i’éclaircis-.íement d’une cause ausiì singulière. II sefit montrer ces grosses gouttes de sang à lamuraille du cimetière de la grande églised’Aix, & à celle des maisons des bour-geois & des paysans de tout le district ,à un mille à la ronde. U les considéra at-tentivement j &c après un mûr examen ilconclut que toutes ses folies qu’on débitoitde c tte pluie de sang n’étoient qu’unefable. Cependant il n’en avoit point en-core découvert la cause, un hasard la luifit trouver. 11 avoit renfermé dans uneboîte une belle & grande chrysalide. Unjour il entendit qu’elle rendoit un son ; ilouvrit la boîte , & il en sortit incontinentun beau papillon qui s’envola, laiilar.t aufond de la boite une assez grosse goutterouge.
I! avoit paru dans îe commencement dumois de juillet une grande quantité de cespapillons. D’où M., de Peirese cop.cluoitque ces taches rouges qui paroistoient furles murailles, n’étoient autre chose que lesexcrémens de ces insectes. II fut confirmédans fa conjecture en examinant les trousdans lesquels ces sortes d’infectes fe ca-chent ordinairement. Di’ailîeurs il remar-qua que les murailles des maisons du mi-lieu de la ville où les papillons ne volentpoint, n’avoient aucune de ces taches ; onn’en voyoic que fur celles qui tomboient àla campagne , jusqu’où ces insectes pou-voient s’être avancés. Enfin, il n’en re-marqua point fur îe sommet des maisons,mais feulement depuis les étages du mi-lieu en bas ; ce qui est la hauteur à laquelleces papillons s’élevent ordinairement. U'au-tres curieux ont fait depuis les mêmes ob-servations ; entr’autres Becman dans unedissertation de prodig.feng.
Pour ce qui est des pucerons aquatiquesqui^ multiplient dans l’été en si grande quan-tité , qu’ils rougissent la surface de l’eau ,nous renvoyons le lecteur aux ouvrages deSwammerdam qui est entré dans tous lesdétails de ce phénomène, & qui a observéces gouttes rouges dans la plupart desinfectes, quand ils se changent en nymphes.(D. J.) •
§ PLUIE, f. f. ( Phyf ) Quoique la pluie