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Tome vingt-sixième.
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POE

fift l’esset immédiat ; & tant qne le mérnesentiment dure , sans accroissement ou di-minution trop sensibles, le rhytme ne variePoint. Celui qui fait des sauts de joie , fau-tera tant que fa joie durera: si quelque choseTaugmente, il sautera plus fort ; si elle seralentit , ses sauts se ralentiront & finirontavecrémotion qui les catisoit. 11 en est demême des parties du discours & des termesqui les expriment. Leur ton & leur cadencecorrespondent au sentiment intérieur ; &comme ce ton influe furies sens, en ebran-lantles organes, il entretient & fortifie á sontour le sentiment. C’est par ce moyen qu’onpeut se faire quelque idée de Porigine desvers qui ont fans doute été fort mal tournés,mais auxquels ensuite Part a donné toutesles formes & façons dont ils font suscep-tibles. Suivant cela on peut dire que laversification a une liaison naturelle avec lapoésie.

Cependant, comme la cadence rhyt-sifique n’est pourtant qu’un des essets par-adisiers de la verve poétique , & que fansréglés auxqueiles Part a depuis assujetti^instruction des vers , toute forte ded’i C °> Urs peut avo * r son rhytme ; le défautj , Ver sification régulière nous met enp°‘ . e refuser à un discours simplementst 'nuque le nom âe poème , parce qu’ilen core un des caractères distinc-J s e a Poésie. Avouons néanmoins qu’ils trouve infailliblement dans tout dis-cours qm est l e fr u j c dbne verve poétique ,quelque arrangement périodique , qui esttout autre que celui du discours ordinaire ,meme des morceaux d’éfoquence. Ainsif Prose poétique a toujours des tours &P' s st c l ns P a r lesquels elle se distingue. IIs enuut clairement de-Jà que depuis que la

devcnue «n art, les réglés de

tout 1 n, . cat,on doivent être observées dans

faut de ’ u’r 1S qu . e nlaífir ^ cela le dé-îaut de cette observation ne tire pas de !a

classe des ouvrages poétiques , ceux qui on?

bailleurs les caractères propres à la poésie

Néanmoins la versification n’est pas la

feule chose qui dorme le ton au póëme.

Celui qui est dans la chaleur du sentiment

cherche les mots dont le son a le plus de

-rapport avec l’eipece de ce sentiment, &

«n réunit la plus longue fuite qu’il lui est

Tome XXn

P Ò Ë ZLS»

possible : la joie aime les tons pleins & doux ;la tristesse en veut de coupés & de péné-trans. Ainsi le langage poétique a une cer-taine vivacité d’exprefsion qui lui est propre ;& !e ton de ce que dit le poète, quandmeme on n’entendroit pas le sens des pa-roles, foffitpour mettre au fait de la situa-tion de son ame. Que le poème soit en versou en prose poétique, c’est la même chose :ce caractère de î’expression doit toujous s’ytrouver.

Il y a encore une troisième propriété dudiscours poétique que nous pourrons com-prendre fous la notion du ton. Comme lepoète est tout livré à la contemplation deson objet, & ne voir ni n’entend rien de cequi l’environne, son état ressemble à celuides songes qui rendent préfens les objetsabfens. II ne met point de différence entrele passé & l’avenir , entre le réel & Pima-gmaire. Cela donne à ses discours, parrapport à la liaison des termes &. à l'ar-rangement grammatical , une tournuretoute particulière qu’il est plus aisé desentir que de décrire. Au lieu des motsqui signifient le passé ou l’avenir, le poètes’exprime souvent au présent. Quelquefoisil omet les conjonctions ; d’autres fois il enemploie qui ne semblent pas à leur place : ilparle à la seconde personne dans des casou l’on emploie communément la troi-sième. Ces écarts qui s’éloignent du lan-gage ordinaire, qui sont propres au tonpoecique , appartiennent nécessairement à-l’expreísion du poème.

Cela peut suffire pour ce qui concerne leCaractère du poème, par rapport au ton dudiscours. Mais l’expreísion poétique exigeencore d’autres conditions que celles quisont comprises dans le ton. Les figures& les images font un effet très - natu-rel de la verve poétique. La force imagina-tive du poète plus ou moins échauffée ,donne à chaque objet plus de vie & d’actionqu’íl n’en aurost si l’ame étoit tranquille& capable de rt'fbxion. Le poète n’emploiejamais , pour exprimer ses idées , des ter-mes abstraits , íl ne considéré point de nc~rions universelles : il a toujours en vue descas individuels & des objets qu’il si,p DO se ac-tuellement presens. Tout ce qui seroit pu-rement idéal, jl l e revêt de matière,

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